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MICROBE DE BORDET

En raison du grand nombre des microbes qui se trouvent dans les fausses membranes Rordet a commencé par préparer un produit virulent aussi peu souillé que possible. Il y réussit en inoculant la nictitante d’une poule avec une fausse membrane, la lésion apparaît après quelques jours.

Le produit de broyage ensemencé sur gélose contenant du sang de lapin et de l’extrait glycériné de pomme de terre (milieu de Bordet-Gengou). Seuls les microbes d’impureté donnent un développement apparent, les parties du tube qui sont restées stériles en apparence, renferment le virus, il peut être inoculé et réensemencé. Dans les cultures ultérieures on peut voir apparaître des colonies extrêmement petites, la surface du milieu prend une teinte noirâtre.

Le microbe est extrêmement petit, immobile, il se montre

DIPHTÉRIE AVIAIRE

comme un point, quelquefois comme un bâtonnet. On trouve des formes anormales, gonflées, les amas zoogléiques sont fréquents. La coloration peut être obtenue avec le Giemsa dilué, moins bien avec le bleu de toluidine.

Les cultures sont encore vivantes après un mois. Le virus entretenu in vitro sans passage par la poule pendant trois mois reproduit la maladie (Bordet et Fally).

Rapports de la diphtérie humaine et de la diphtérie aviaire. — Cette question n’est pas encore résolue, certains admettent l’existence de rapports étroits entre la diphtérie de l'homme et la diphtérie des animaux, d’autres nient au contraire la possibilité de tout rapprochement .

11 n'est pas douteux que la diphtérie vraie, spécifique de l’homme et la diphtérie vraie des oiseaux soient deux maladies nettement différenciées . Pourtant la virulence du bacille de la diphtérie de l’homme pour les oiseaux, conduit à penser à la possibilité de l’infection naturelle de ces animaux par ce microbe. En réalité Ferré, Gallez, Gratia et Liénaux ont isolé de lésions diphtôroïdes des oiseaux des bacilles, analogues au bacille de Lôffler (de la diphtérie humaine) mais pourtant peu virulents.

On ne peut pas nier d’autre part sur la foi d’un grand nombre d’observations la possibilité de la transmission de la diphtérie des volailles à des individus qui présentent des angines diphtéri tiques, sans bacille de Lôffler. Loir et Ducloux notamment auraient retrouvé chez l'homme le microbe qu’ils ont décrit comme l’agent de la diphtérie aviaire.

L’argument tiré de l’action bienfaisante du sérum antidiphtérique (contre la diphtérie humaine) sur la diphtérie aviaire, est de peu de valeur si l'on veut tenir compte des bons effets d’un sérum quelconque contre ces diverses infections.

L’obscurité qui règne sur l'étiologie de la diphtérie aviaire, les causes diverses sous l'influence desquelles, vraisemblablement, la maladie peut apparaître, rendent plus difficile encore, l’étude des rapports de la diphtérie de l’homme et des animaux.

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