VIRUS FILTRANTS ET MICROBES INVISIBLES
On rapproche sous cette commune dénomination les agents pathogènes caractérisés par leur propriété de passer à travers les bougies poreuses qui dans les mêmes conditions retiennent presque toutes les bactéries, caractérisés encore parce que la plupart n’ont pas encore été vus en dépit des moyens les plus perfectionnés habituellement utilisés pour définir la morphologie des microbes.
Les expressions de virus filtrants et de microbes invisibles très généralement adoptées comme synonymes sont loin pourtant d’avoir la même valeur : la filtrabilité n’implique pas nécessairement l'invisibilité. Il existe des protozoaires, des vibrions capables de traverser les filtres et qui sont parfaitement visibles (Borrel). Le microbe de la péripneumonie, est un virus filtrant dont la morphologie à peine soupçonnée pendant longtemps est aujourd’hui mieux définie. L'expression « invisible » elle-même n’est pas exacte et définitive. Ces virus filtrants n'ont pas été vus sans doute parce qu’ils sont trop petits et qu’ils n'ont pas d’affinité pour les matières colorantes mais avec d’autres moyens que ceux utilisés actuellement rien ne s’oppose à concevoir qu’il soit possible de les voir un jour.
Pourtant tous ces virus ont un certain nombre de caractères communs qui autorisent à en faire une étude générale, avant d’aborder l’étude de chacun d’eux.
1° Filtrabilité. — C’est leur caractère essentiel. Tous ces virus sont capables de traverser les bougies poreuses considérées