‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 207 sur 274 · AUTRES TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

AUTRES TRAITEMENTS

Hôgyès n’emploie pas la dessiccation ; il injecte aux mordus, pendant quatorze ou vingt jours, des dilutions progressivement croissantes, de 1/10 000 à 1/100, de cerveau rabique dans du sérum physiologique. Ses statistiques sont bonnes (mortalité : 0.37 p. 100). La méthode de Hôgyes a été appliquée à l'immunisation du cheval après morsure (Kurtz et Aujeszky).

2° Méthode de l'atténuation par la chaleur. — A Tokio, Oshida recommande la méthode de Puscariu (1900) : atténuation par la chaleur entre 40° et 80°. Ouchakoff la déconseille.

3° Injections intraveineuses. — Galtier a montré (1881) qu’une inoculation de virus actif dans les jugulaires suffit à rendre les herbivores réfractaires à la rage, et Roux et Nocard ont observé ce fait môme après contamination.

Les résultats ne sont pas toujours très favorables (Conte, Remlïnger et Mustapha-Effendi). Il faut pour obtenir l'immunité avec plus de certitude et moins d’accident (la mortalité atteint quelquefois 60 p. 100) répéter les injections quand le traitement est entrepris quelques jours après la morsure et préciser les doses de virus qui doivent être injectées.

A Kiew, YVyssokowitch aurait pratiqué des injections intravasculaires de virus fixe chez l'homme, dans des cas très graves, et obtenu ainsi des résultats encourageants (Krasmitski),

4° Injections intrapéritonéales. — Remlïnger (1908) a vacciné le lapin, le chat, le chien par injections intrapéritonéales de doses progressivement croissantes de virus fixe (8 inoculations en un mois). La méthode n’est naturellement pas pratique.

5° Sérothérapie et séro- vaccination. — Le sérum des animaux immunisés neutralise le virus rabique in vitro (Babès, 1891). — Le sérum de mouton vacciné est employé, en Roumanie, par Babès concurremment avec la méthode classique. Tizzoni et CentanNi (1891), recommandent ce sérum pour les morsures à la face.

Rodet et Galavielle (1900) voient qu’un mouton, après une

LA RAGE

série d'injections intraveineuses de virus rabique donne un sérum doué de propriétés antirabiques, si on le fait agir in vitro. In vivo il est inefficace.

Marie puis Remlinger ont étudié les propriétés des mélanges de virus fixe et de sérum antirabique. Le sérum est obtenu en traitant des mammifères (mouton) par des injections sous-cutanées de cerveau rabique. Le sérum neutralise le virus in vitro. Pour exercer son action, le sérum doit être ajouté à l'émulsion virulente suivant des proportions définies. Les mélanges sérum-virus ont été utilisés pour la vaccination des herbivores ; l'injection sous la peau de 60 centimètres cubes du mélange de virus fixe et de sérum antirabique peut encore protéger le mouton trois jours après l’inoculation intra-oculaire. Le sérum antirabique doit être dosé d’une façon minutieuse, car l'inoculation sous la peau d’une émulsion de virus fixe et de sérum antirabique en quantité, soit insuffisante, soit trop considérable, est parfaitement capable de déterminer l’apparition de la maladie.

Le chien peut être protégé par le mélange de sérum et de virus pour une longue période (10 à 12 mois), même contre l’épreuve oculaire faite avec le virus des rues. Contrairement aux résultats obtenus chez les herbivores, l’excès de virus fixe permettrait d’obtenir une longue immunité, la portion neutralisée donnant une immunisation rapide et créant une résistance suffisante pour protéger l’organisme contre l’excès de virus fixe. Schnürer, par le même procédé a obtenu de bons résultats ; des chiens ont résisté à l’injection sous-durale. L’infection expérimentale étant beaucoup plus sévère que la morsure la plus grave, il paraît dès maintenant établi qu'il est possible de préserver, par une seule injection et pour une durée d’une année, le chien contre la rage des rues.

Marie (1908) s’est arrêté définitivement pour le chien à l’immunisation par l’injection de 20 centimètres cubes de sérumvirus (avec excès de virus fixe) complétée 15 jours plus tard par l’inoculation sous-cutanée de virus fixe. Les chiens vaccinés, résistent plus de 12 mois à l’épreuve intra-oculaire, a fortiori ils sont vaccinés contre toute morsure rabique.

PARALYSIE BULBAIRE INFECTIEUSE

6° Traitement de la rage déclarée. — Peut-être certains cas de rage peuvent ils guérir ? Le fait est, en tous cas, exceptionnel. On a essayé Y inoculation sous-cutanée de substance cérébrale normale (Babès, Kowalski, Krokiewicz), la pilocarpine Remlinger), mais sans succès.

7° Traitement par le radium. — Tizzoni et Bongio- . vanni (1903) disent avoir empêché 1 éclosion de la rage expérimentale, même traitée le 5° jour, aux premiers symptômes, par exposition des lapins aux rayons du radium (sur l'œil ou un point quelconque du parcours du système nerveux central). Ceux-ci atténueraient et détruiraient le virus in vilro. C’est très contesté (Danysz, Calabrese, Novi, I9ü6), et, d'ailleurs, les rayôns du radium atrophient le nerf optique. Pour Rehns, il faut l’émanation du radium pour détruire le virus rabique.

8° Traitement par les rayons de Rôntgen. — Résultats presque nuis (Celli, Calabrese).

ARTICLE I II

PARALYSIE BULBAIRE INFECTIEUSE

Maladie décrite par Aujeszky (1902) caractérisée par de la paralysie pharyngienne, un prurit violent, une évolution rapide. Son existence est démontrée chez le bœuf, le chien, le chat et le rat, elle n'est signalée jusqu'à présent qu’en Hongrie et en Russie.

1° Nature du virus. — Le virus de cette maladie est invisible, il traverse les bougies les plus poreuses. Les essais de culture et de différenciation morphologique n’ont pas donné de résultat.

2° Siège du virus. — La substance cérébrale, le foie, la rate, les reins, le sang, l’exsudât péricardique sont virulents ; le sérum est encore virulent, même après dilution au centième.

La bile, le cristallin, la salive ne renferment pas le virus.

PARALYSIE- BULBAIRE INFECTIEUSE

Le virus inoculé à des lapines pleines passe aux fœtus, le cerveau de ceux-ci est virulent.

3° Résistance du virus. — Le virus résiste plus de quatre jours et moins de huit jours à la dessiccation. Après onze jours de conservation à la température du laboratoire, le virus a encore toutes ses qualités pathogènes pour le lapin, il n’infecte plus le cobaye. Le séjour de la substance cérébrale pendant quatre semaines à la température du laboratoire ou à celle de l'étuve détruit la virulence.

Dans le cerveau, le virus est détruit par Y ébullition ou par une température de 60° prolongée 30 minutes ou de 70° pendant 10 minutes. Le sérum perd plus rapidement sa virulence par le chauffage. La glycérine conserve le virus comme elle conserve le virus rabique.

Le sublimé à 1 p. 100 détruit le virus instantanément, la solution d'acide chlorhydrique à 0,5 p. 100 en trois minutes, le formol à 2 p. 100 en vingt minutes, l’alcool absolu en trente minutes (Schmiedhoffer) .

4° Action naturelle. — Les chiens et les chats paraissent apathiques, changent souvent de place, se blottissent dans un coin, les chats gémissent et miaulent. La salive s’écoule de la bouche en abondance ; dès le début, l’appétit est diminué, on observe des vomissements et déjà des manifestations de la paralysie pharyngienne. Dans la moitié des cas environ, il existe un prurit très violent en un point quelconque du corps. Quand le prurit fait défaut, ils se plaignent ou miaulent douloureusement sous l'influence du moindre contact.

Les bovidés se frottent le mufle ou une autre partie du corps, la région se dénude, et est bientôt environnée d’une infiltration œdémateuse. Les animaux mugissent, frappent le sol convulsivement avec les membres postérieurs ; alors que l’appétit est encore conservé, il survient un météorisme très accusé. Les malades succombent en douze à trente-six heures.

Le virus doit pénétrer par effraction cutanée ou sous-cutanée. 11 paraît bien vraisemblable d’admettre que les bovidés

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