CHAMBRE ÉTUVE
La température est constamment maintenue à -j- 37°.
On pourrait évidemment chauffer et régler une chambre étuve au moyen de l’électricité (voir plus loin), mais le prix
Schéma du poêle à gaz pour chambre-étuve (J. Courmont) :
I, le poêle; II, la rampe E de I.
I, A, enveloppe de tôle. — B, couvei’de. — C, tuyau d’échappement des gaz. — D, fenêtres. — E, couronne de becs Bunsen. — F, tuyau d’arrivée du gaz de la couronne. — G, veilleuse. — H, petit tuyau alimentant la veilleuse, avec un robinet H’. — 1, I’, 1”, disques de terre réfractaire. — S, S’, S”, supports métalliques de ces disques.
II. a, tuyau d’arrivée de la couronne. — G, veilleuse. — 1,2, 3, compartimenté de la couronne. — b, b\ robinets séparant les trois compartiments.
d’entretien est considérable. (Laboratoire des fermentations, Institut Pasteur) .
B) — Grandes étuves
Tous les laboratoires ne peuvent pas posséder une chambre étuve ; ils doivent au moins avoir une étuve spacieuse.
ÉTUVES ET RÉGULATEURS
1° Étuve Pasteur. — L’étuve Pasteur consistait en une grande armoire en bois, à doubles parois et à double porte vitrée. La vapeur d’eau circulait dans un serpentin situé à la partie inférieure et provenant d’une chaudière distincte de l’étuve. Un réfrigérant condensait la vapeur et la ramenait à la chaudière. On ajoutait un peu d’eau tous les 15 jours. Le régulateur était celui de d’AttsoNVAL (à membrane de caoutchouc).. Le chauffage était au gaz. Ce dispositif compliqué, encombrant, exigeant de fréquentes réparations^ a été rapidement abandonné. L'étuve Pasteur primitive n’a plus qu’un intérêt historique.
Elle a été diversement et successivement modifiée. Elle a d’abord été chauffée au gaz, d’après le système préconisé par M. Schribaux. E. Roux lui a ensuite adapté son régulateur métallique.
2° Étuve Schribaux-Roux. — L’étuve de Roux, très employée aujourd’hui, est une étuve à air, avec système Schribaux et munie d’un régulateur Roux (fig. 58). En outre, une série de tubes de cuivre sont disposés verticalement le long de la paroi interne, destinés à recevoir les produits de combustion dégagés par les brûleurs et à les conduire au dehors par une cheminée disposée à la partie supérieure.
3° Étuve Chauveau. — L’étuve Chauveau diffère profondément des étuves Pasteur, tout en ayant le même aspect extérieur. Elle est beaucoup plus simple.
Le volant de chaleur (fig. 59) est constitué par une plaque de fonte (A) formant le fond de l’étuve, et recouvert supérieurement par une couche de sable fin (B). Cette plaque est supportée par quatre pieds également en fonte. Une rampe à huit becs de gaz (C) court sous la fonte. Le régulateur à éther de Chauveau (D) (voir p. 125) règle la température qui varie à peu près d’un degré par rayon (espacés de 30 centimètres) , on a ainsi quatre ou cinq températures différentes (augmentant de haut en bas), mais constantes pour le même rayon.
4° Étuve Arloing — S. Arloing s’est servi longtemps d’une
GRANDES ETUVES
Fig. 58.
Étuve Sc/iribaux-Roux avec régulateur métallique.
ÉTUVES ET RÉGULATEURS
par exemple, à -j- 39°, celui du milieu à -f- 30° et le dernier à + 22°, pouvant servir pour la gélatine.
On peut adapter à l’étuve Arloing un régulateur quelconque.
5° Étuves électriques. — L’emploi du courant électrique comme générateur de chaleur a permis de réaliser des progrès notables, dans la construction et dans la régulation des étuves.
Regaud et Fouilliand 1 ont imaginé un régulateur électro-
1 Cl. Regaud et R. Fouilmand, Chauffage et régulation des étuves par l'électricité. Journal de physiologie, et de pathologie générale, t. II, n« 3, p. 457, 1899.
Fig. 59.
Coupe schématique de la partie inférieure de l'étuve de Chauveau, avec régulateur Chauveau.
étuve très simple, modèle Chauveau, mais pour ainsi dire couchée sur le côté, à trois compartiments juxtaposés, reposant sur la plaque de fonte. En n’allumant la rampe à gaz que sous un compartiment extrême, on a trois températures différentes régulièrement décroissantes. Le compartiment chauffé sera,
ETUVES ELECTRIQUES
Fig. 60.
Étuve électrique de Regaud et Fouilliand.
thermique qui peut être adapté à des étuves de formes et
ÉTUVES ET RÉGULATEURS
dimensions diverses. La figure 60 représente une étuve grand modèle. Voici les principales particularités de ces appareils.
La chaleur se dégage au niveau de résistances métalliques disposées contre les parois intérieures de l’étuve [chauffage direct de l'air), sur une surface aussi grande que possible, et en quantité décroissante de bas en haut. L’homogénéité du chauffage est assurée grâce à une répartition convenable des fils.
La chaleur produite par la transformation de l’énergie électrique étant encore très coûteuse, on a rendu aussi athermanes que possible les parois de l’étuve, de' façon à dépenser cette chaleur très économiquement et obtenir un rendement pécuniaire comparable à celui des étuves chauffées par le gaz. L'athermanéité des parois est très favorable à une bonne régulation. Elle permet aussi de supprimer les manchons liquides employés comme réservoirs de calories. Ces nouvelles étuves, ayant une faible capacité calorique, étant chauffées intérieurement, et perdant peu de chaleur, peuvent être amenées très rapidement à la température de réglage. On peut les mettre en marche et les arrêter aussi souvent qu’on veut, les faire fonctionner pendant le temps strictement nécessaire.
Pour régler l’étuve, il suffit, lorsque la température voulue est atteinte, d’incliner le régulateur, du dehors, jusqu’à cessation du contact. Une lampe rhéoscopique, qu’on peut intercaler à volonté sur le courant de chauffe, au moyen d'un commutateur, rend visibles les alternatives de passage et d’interruption du courant. Pour modifier la température de réglage on augmente ou on diminue l’inclinaison du régulateur. Pour une position donnée du régulateur, la température de réglage se maintient indéfiniment, et se rétablit automatiquement à chaque nouvelle mise en marche.
La consommation d’une étuve ayant les dimensions intérieures de lm x 0m,70 x 0m,32 (fig. 60) est de 1 amp., 2 sous 110 volts. Mais le courant ne passe pas continuellement : suivant la différence des températures ambiante et intérieure, le régulateur laisse passer le courant pendant 1/4 à 2/3 du temps.
Le chauffage électrique est très favorable à la propreté des