CHAPITRE XXXI Y
TRYPANOSOMES 1
Les trypanosomes sont des protozoaires flagellés caractérisés par un corps fusiforme plus ou moins allongé avec à l'extrémité antérieure un flagelle dont le point de départ est dans la moitié postérieure du corps et qui se prolonge le long de celui-ci en constituant le bord épaissi d’une membrane ondulante. Leur habitat normal est le sang des vertébrés.
Certains de ces trypanosomes, dont nous nous occuperons exclusivement, sont capables de créer des maladies chez les animaux, d’autres sont pathogènes pour l’homme, un grand nombre ne sont pas pathogènes.
1° Morphologie et évolution. — Le corps protoplasmique est en forme de fuseau plus ou moins effilé, avec deux masses chromatiques : l'une petite, généralement postérieure, le centrosome, l’autre, presque toujous médiane, plus grosse, le noyau , Du centrosome part une membrane plissée qui borde le corps protoplasmique ( membrane ondulante ) dont le bord épaissi se prolonge généralement en avant par une partie libre [flagelle].-
L’extrémité antérieure est généralement effilée, l’extrémité postérieure est essentiellement variable de forme (en cône tronqué, Trypan. Brucei; arrondie, Trypan. Cazalboui.)
La forme et les dimensions des trypan. varient avec l’espèce animale qu’ils infectent.
1 Les éléments de ce chapitre sont empruntés au traité de MM.'Laveban et Mesnil, Trypanosomes et Trypanosomiases, Paris. 1912.
TRYPANOSOMES
Les trypan. se déplacent sous l’influence de la membrane ondulante (ondulations) et des contractions du corps (progression) ; suivant l’espèce tel ou tel mouvement prédomine.
Le protoplasma renferme souvent des granulations chromo- ^ philcs dont le nombre, la forme et les dimensions varient avec 1 les espèces. Elles sont rares cirez Trypan. Evansi, plus nom- 1 breuses et plus grosses chez Trypan Brucei et Trypan cqui- 1 num.
Multiplication et reproduction. — La division des Trjpan. est I longitudinale et binaire.
2° Modes de propagation. — Le rôle >.
de la mouche tsé-tsé avait été soupçonné I par les explorateurs, mais beaucoup pensaient que la mouche était venimeuse. 1 Bruce établit que la maladie transmise j par la mouche tsé-tsé est due à un trypa- 1 nosome (1895). La mouche s'infecte en suçant le sang des animaux atteints de Nagana et inocule aux animaux sains les 1 trypan. pathogènes.
Bruce a supposé que le développement du trypan. se poursuivait dans l’organisme w de la mouche tsé-tsé ( Glossina morsitans ). 1 La question a été résolue par Kleine (1910), ses expériences ont montré que les tsé-tsés sont bien des hôtes pour les trypan. et non pas seulement de simples vecteurs. Ces résultats ont été contrôlés et confirmés pour les diverses espèces de Trypan. Les Trypan. ingérés avec le sang sucé par. la tsé-tsé ne sont réinoculables aux mammifères sensibles qu’après une période d'incubation au cours de laquelle les trypan. poursuivent leur évolution chez la tsé-tsé. La multiplication se poursuit dans le tube digestif puis dans les glandes salivaires de la tsé-tsé.
Les maladies à Trypan. peuvent être convoyées par plus d une espèce de tsé-tsés, mais il existe toujours des affinités entre l'espèce de Trypan. et les mouches capables de la con-
Glossina au repos, vue de dos.
Grossie 2 (ois 12.