CLASSIFICATION
TRYPANOSOMES
Les, altérations anatomiques les plus constantes sont celles de la rate (hypersplénie) et des ganglions lymphatiques.
6° Propriétés du sérum des animaux atteints. — Le
sérum de tous les mammifères chez lesquels 1 infection à Trypan. revêt une marche chronique ou même subaiguë jouit d’un faible pouvoir protecteur.
Certains sérums d’animaux infectés se montrent capables de détruire les Trypan. avec lesquels on les mélange ( pouvoir trypanoly tique).
Quelques sérums sont agglutinants, mais le phénomène n’est ni constant, ni spécifique.
11 n’est pas possible de mettre en évidence une réaction spécifique de déviation du complément avec le sérum des animaux trypanosomés.
7° Diagnostic bactériologique. — A. Recherche a l’état frais. — On examine une goutte de sang entre lame et lamelle. Les mouvements que les Trypan. impriment aux hématies permettent de reconnaître l’existence des parasites à un très faible grossissement (100 d.) quand ils sont nombreux et facilitent leur recherche à un grossissement plus fort (300- 400 d.) quand ils sont en petit nombre dans le sang.
Dans le cas de la dourine l’examen doit porter sur la sérosité sanguinolente des œdèmes.
B. Fixation et coloration. — Pour se faire une idée précise de la structure du parasite il est indispensable d'avoir des préparations colorées.
Le sang est étalé en couche mince, séché rapidement et fixé (alcool absolu ou alcool méthylique).
La coloration peut être obtenue rapidement avec une solution alcoolique de fuchsine, ou une solution aqueuse de rouge Magenta, ou mieux encore avec la thionine phéniquée.
Les meilleures colorations sont obtenues par l'action d’un mélange, en proportions définies, d'éosine et de bleu de méthylène (méthode de Romanowsky).
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE
Laveran recommande la coloration au bleu de méthylène à l’oxyde d’argent (bleu Borrel) en solution saturée et éosine de Hôchst à
On prépare au moment de s’en servir le mélange colorant d’après la formule suivante :
Solution d éosine à l p. 1000 4 centimètres cubes.
Eau distillée 10 —
Bleu Borrel 1 —
La lame sur laquelle le sang a été fixé est posée à la suface du bain colorant dans une petite boîte construite à cet effet. Une coloration de 5 à 10 minutes suffît pour la plupart des tçypan.
Il peut être utile d’opérer à 37°. La préparation est lavée à grande eau, traitée par la solution de tanin à 5 p. 100 (ou par le tanin orange), on lave de nouveau à l’eau distillée et on sèche.
La méthode de Giemsa est très employée. La solution de Giemsa (bleu Azur II, éosine, glycérine) existe toute préparée dans le commerce. On prépare un bain colorant avec XXX gouttes, de Giemsa pour 15 centimètres cubes d’eau distillée, la coloration est obtenue en quinze à vingt minutes ; on lave et on sèche-.
Il existe d’autres méthodes (celle de Leishkan, notamment) dérivées de la méthode de Romanowsky, elles sont Trypauôsoma equmum (Lavemoins employées que les deux precedentes.
C. Cultures. — Les cultures ne peuvent être utilisées que pour la mise en évidence des Trypan. non pathogènes.
D. Inoculations. — On emploie le sang défibriné, ou le sang pur, ou la sérosité sanguinolente des œdèmes.
L’inoculation peut être faite à peu près indifféremment sous la peau, dans la veine ou le péritoine.
La dose n’a que peu d’importance, un seul Trypan. suffit à déterminer une infection. Pourtant quand les Trypan. n’ont pu être décelés à l’examen microscopique, l’inoculation d’une assez
Fig. 332.
1, Trvpanosoma Brucei. — 2,
TRYPANOSOMES
grande quantité (10 c. c.) de sang ou de sérosité est toujours indiquée (Dourine).
L'inoculation est faite à un animal sensible. Il est bon, surtout avec les rats et les souris, d’inoculer plusieurs animaux et d’examiner leur sang au préalable (Trypan. Lewisi du rat).
Les autres procédés de diagnostic ne sont que des procédés d’exception, on les trouvera à propos de chacune des infections à Trypan.
8° Chimiothérapie. — Les études systématiques entreprises sur la thérapeutique des maladies à Trypan. ont montré que les substances capables d’atteindre les Trypan. in vivo appartiennent à 4 groupes principaux : les arsenicaux, les antimoniaux, les couleurs de benzidine, la série du triphénylméthane. L’action des médicaments varie avec l’espèce animale à traiter, avec le Trypan., la voie d’administration. Pour éviter les rechutes, la stérilisation de l'organisme, étant difficile à réaliser, il y a souvent avantage à associer les médicaments. Après un certain temps de traitement les Trypan. deviennent résistants au médicament utilisé, cette résistance est héréditaire. Au point de vue thérapeutique on ne peut se rendre maître de cette résistance qu’en alternant les médications efficaces.
9° Classification. — Nous ne retiendrons de la classification adoptée par Laveran et Mesnil que les Trypan. pathogènes pour les mammifères domestiques, appartenant à des espèces bien connues (voir le tableau page 929).
A) — Trypanosoma Evansi (Surra).
1° Forme. — Trypan. Evansi mesure en moyenne 15 \j. de long sur 1 fL 1/2 de large. Corps allongé, extrémité antérieure effilée, extrémité postérieure conique. Centrosome bien visible, membrane ondulante bien plissée, partie libre du flagelle 6 [j. de long, granulations chromophiles dans la partie antérieure du protoplasme. Culture difficile.
TRYPANOSOMA EVANSI
2° Répartition géographique. — Inde et Birmanie, Indochine française, Indes néerlandises, Philippines, île Maurice, Ceylan.
3° Action pathogène naturelle. A. Equidés. — Le cheval, l’âne et le mulet sont très sensibles. La maladie se traduit par de la fièvre rémittente ou intermittente, des œdèmes, de l’anémie. La mortalité peut être de 100 p. 100, la durée moyenne de la maladie est de 2 mois.
B. Bovidés, Buffles. — Moins sensibles que les équidés. La mortalité dépasse rarement 25-30 p. 100. Les symptômes sont peu apparents (fièvre).
C. Chameaux. — Fièvre, œdème, anémie, amaigrissement. On ne trouve de parasites dans le sang qu’au moment des poussées fébriles. La durée- de la maladie est souvent de 3 ans (tibarsa) .
D. Eléphants. Indolence, œdèmes. Trypan. souvent nombreux dans le sang. Evolution très lente.
E. Chien. — Œdème de la tête et de la gorge, opacité de la cornée, épanchements intra-articulaires.
4° Action pathogène expérimentale. — Trypan. Evansi a été inoculé à toutes les espèces sensibles à la maladie, il est inoculable à un grand nombre d’autres espèces.
TRYPANOSOMES
A. Souris, Rat. — Mort en 11 jours 1/2. Trypan. nombreux.
B. Singe. — La plupart des singes sont sensibles, les cynocéphales sont réfractaires.