TRANSMISSION
( Rhipicephalus Evertsi, R. appendicula- ) tus, R. nitens, R. simus , R. capensis.
^ Boophilus decoloratus.
I Rhipicephalus simus.
La transmission s’effectue dans des conditions différentes selon les tiques et les piroplasmes. Les nymphes peuvent s'in-
, rostre
Euixodes rîcùius. d1 ,
Fig. 340.
Face ventrale d ’Euixodes ricinus (Donitz). Grossi 50 fois.
Theileria parva. . .
Anaplasma
fecter et la transmission être réalisée par les tiques sexuées comme c’est le cas pour Rhipicephalus sanguineus et IHro. canis. Les tiques adultes peuvent s infecter et leurs larves être infectantes (. Ixodes ricinus, Boophilus ), ou seulement les nymphes (. Rhipicephalus sanguineus et Piro. canis ) Quelquefois l’infection n’est possible que par les tiques sexuées de la seconde génération, les larves et les nymphes ne sont pas infectantes [Rhipiccphalus bursa et Piro. ovis, Hœmaphysalis leachi et Piro. canis.
PIROPLASMES
9oi
5° Formes de développement dans les tiques. — Les piroplasmes se conservent au moins trois semaines dans les glandes salivairès des tiques. La transmission qui n’est possible le plus souvent que par les individus issus des tiques infectées est en faveur d’une évolution dans l’organisme des agents de la transmission. Koch a observé chez les tiques gorgées de sang infecté des formes de développement (dont quelques-unes ne sont peut-
Quelques formes de développement de Piroplasma bigeminun dans l'organisme des tiques (Dschunkonvsky et Luhs) .
1 à 13, dans lîhipicephalus scniguineits. — 14à24, dans Hyalomma egyplium.
être que des- formes de dégénérescence), Christophers (1907) avec Piro. canis a trouvé dans l’estomac des tiques chez les nymphes et les larves tous les éléments d’un cycle sporogonique (gamète.s males et femelles, sporoblastes et sporozoïtes).
6e Action pathogène. — Le mécanisme d’action des piroplasmes est encore mal connu. La sécrétion de produits toxiques n’est pas démontrée, bien que dans la piroplasmose du chien, après la période d'état, le sang renferme des anticorps. L’hémoglobinhémie a été constatée et mesurée chez le chien (Bariiat et Yorke) elle se traduit par de l’hémoglobinurie dans
CHIMIOTHÉRAPIE
la plupart des cas en raison des troubles de la fonction hépatique. 11 existe toujours de l’anémie par destruction globulaire, de la lièvre, des symptômes généraux graves.
Après la guérison apparente la plupart des espèces de piro. ne disparaissent pas complètement de l’organisme, le microscope est insuffisant pour les decelër, il faut recourir à l'inoculation à des espèces sensibles. Des affections intercurrentes (fièvre aphteuse, peste bovine), les fatigues d’un long transport, provoquent la sortie des piroplasmes.
7° Immunisation. — Les animaux guéris des diverses infections à piroplasme possèdent une certaine immunité qui est loin d'être absolue et qui peut être vaincue par les modes de l’infection naturelle. Les parasites de plus ne disparaissent que tardivement et quelquefois persistent indéfiniment chez les animaux qui ont été infectés.
11 n’existe pas de méthode générale d immunisation et la plupart des procédés préconisés sont imparfaits, le pourcentage des pertes est souvent élevé. On peut remédier à leurs imperfections et à leurs inconvénients en associant aux procédés d’immunisation les agents de la chimiothérapie, notamment le Tryp.anbleu.
L’immunisation ne constitue que l’un des modes delà prophylaxie des piroplasmoses. La lutte contre les tiques peut donner les meilleurs résultats.
8° Chimiothérapie. — De nombreux traitements ont été préconisés contre les infections à Piro. la plupart des recherches ont été entreprises avec Piro. canis et les résultats obtenus étendus aux autres infections.
En se basant sur l'issue des expériences, Nuttall est amené à faire la classification suivante :
1° Produits qui se sont montrés sans action curative :
Arsacétine, Soamine, Méthylarséniate de soude, Émétique, Nucléinate de soude, Naphtylamine B., Vert brillant, Tryparosan, Bleu de méthylène.
2° Produits de valeur douteuse ;
PIROPLASMES
Liqueur de Fowler, Atoxyl, Bichlorhydrate de quinine. Essence de térébenthine.
3° Produits exerçant un certain effet :
Cacodylate de soude, Congo rouge, Dichlorobenzidine, plus deux molécules d'Amido-Naphtol-Disulfo.
4° Produits exerçant une action curative et préventive réelle :
Trypanbleu et Trypanrouge
Sur les indications de JNuttal et Hawden on donne la préférence au Trypanbleu. Sousl influence de ce médicament les piro. disparaissent en quelques heures, la disparition pourtant n’est pas plus complète qu à la suite de la maladie naturelle. Le Trypanbleu est sans action sur quelques espèces ( Piro . dtvergens , Theüeria parva).
A) PlROPLASMA BIGEMINUM
1° Forme. — Les formes en poire sont les plus fréquentes, on trouve habituellement 2 parasites dans chaque hématie, quelquefois 3 en feuille de trèfle, rarement 4. La proportion des hématies parasitées est le plus souvent de 1 p. lui), elle peut atteindre 5» p. 100.
2° Résistance. — Le sang défibriné se conserve mieux avec sa virulence (quarante-deux jours à 8°) que le sang des animaux morts (9 jours). Les parasites, sont détruits en douze heures dans le tissu musculaire (Kossel, Schütz).
3° Distribution géographique. — La maladie sévit dans tous les pays d’Europe, le principal foyer est la Roumanie, elle est connue dans toutes les parties du monde, elle cause surtout de grands ravages dans 1 Uruguay et la République Argentine, dans divers États de l’Amérique du Nord.
4° Action pathogène naturelle. — Piro. bigeminum est l’agent de la piroplasmose du bœuf (mal de brou, mal de bois, hémoglobinurie, malaria, fièvre du Texas, Tristezza, Redwater..,) Elle se manifeste de préférence au printemps et l'été sur
PIROPLASMA BIGEMINUM
les animaux au pâturage, elle sévit avec un caractère épizootique. La maladie est spéciale aux bovidés, on peut 1 observer chez les buffles. Elle se traduit par de symptômes généraux, l'élévation brusque de la température, l’apparition précoce de 1 hémoglobinurie. Les animaux jeunes sont plus résistants que les adultes.
5° Action pathogène expérimentale. — Seuls les bovidés sont réceptifs.
Fig. 342.
Piroplasma bigeminum.
Piroplasmes à diverses stades de leur développement dans les hématies du bœuf (Laveran et JNmolle).
a. Inoculation sous-cutanée , veineuse, musculaire. L’un de ces procédés pratiqué avec du sang parasité reproduit la maladie.
b. Inoculation dans une cavité séreuse, dans le poumon, les centres nerveux , par scarification. — Procèdes incertains.
c. Ingestion. — Inefficace.
6° Immunisation. — La maladie naturelle laisse une immunité solide et durable. On peut utiliser pour 1 immunisation des organismes exposés le sang des veaux nés dans les pays infectés (Kollk) ; — le sang des veaux infectés expérimentalement et guéris depuis quatre-vingt trois jours (Schütz) ; — le sang des animaux complètement guéris ou depuis peu. Après la vacci-
PIROPLASMES
nation les animaux sont conservés quelque temps à l’étable puis conduits sur les pâturages infectés. La mortalité est de 3 à
Ligniéres recommande une triple vaccination qui consiste dans l’inoculation : 1° dans la veine de 5 centimètres cubes de premier vaccin constitué par du sang congelé à Piro. bigeminum; 2° dix jours après inoculation sous-cutanée d’un centimètre cube de sang virulent à Piro. bigeminum du même type, conservé deux semaines à la glacière ; 3° enfin quinze jours après inoculation sous-cutanée d’un centimètre cube de sang à Piro. argentinum ( ubi infra) conservé deux ou trois semaines à la glacière Les veaux à la mamelle sont vaccinés par une seule inoculation d'un mélange du deuxième et du troisième vaccin.
On a préconisé d’inoculer le produit de broyage des tiques (Dalrymphe), de placer un petit nombre de larves ou de nymphes sur les animaux à protéger (Gonnaway).
Le sérum des animaux guéris ne convient pas pour l'immunisation.
B) PlROPLASMA ARGENTINUM
Parasite découvert par Ligniéres chez les bovidés argentins et différencié de Piro. bigeminum. Les animaux parfaitement réfractaires à Piro. bigeminum sont très influencés par Piro. argentinum qui peut arriver à les tuer. Piro. argentinum est plus viraient que Piro. bigeminum. Le séjour entre 5° et 8° pendant trentP jours ne modifie pas sa virulence, tandis -qu’après le même séjour Piro. bigeminum peut être utilisé comme vacccin.
G) — PlROPLASMA DIVERGENS
Parasite trouvé en Angleterre chez un bovidé atteint d’hémoglobinurie, se distingue surtout de Piroplasma bigeminum par ses petites dimensions (J: Mc F\dye\n et St«»ckm*n). Les formes binéminées ne dépassent pas 2 p. de long {Piro. bigeminum : 3,2 à 3,ô p.) le plus grand nombre ayant 1 jr de long sur 0,6 pi de large Les dimensions des formes rondes ne dépassent pas 0,9 p. (Piro. bigeminum : 1 , p. 5) .
Dans sa forme en poire, Piro. divergens est distinctement plus
PIROPLASMA CANIS
grèl% moins bulbeux que Piro. bigeminum ; mais dans le type bigéminé de celui-ci, les grands axes des deux parasites sont peu divergents, tandis qu’ils le sont beaucoup pour le nouveau parasite d'où le nom qui lui fut attribué. De plus, la localisation de ces formes est, dans la majorité des cas, très caractéristique par leur situation à la périphérie des globules rouges. Le caryosome de Piro. clivergens est relativement très g and.
Une étude comparative avec les formes de Piro. annulatum (Dschunkowsky et Luhs), de Piro. bigeminum et Piro. Argentinum (Lignières) e\ du piroplasma de Kossel, de Weber, Schütz et Miessner, montre que le parasite, trouvé par Mc Fadyean et Stockman constitue qne nouvelle espèce.
Piro. divergens est inoculable. La période d’incubation varie de quatre à Luit jours ; le parasite est présent dans le sang après guérison.
D) — Piroplasma canis
1° Forme. — Corpuscules arrondis ou piriformes souvent nombreux dans les globules ; les formes rondes sont très mobiles, elles poussent des prolongements qui peuvent être mis en évidence par la coloration vitale au bleu de méthylène. Les parasites extraglobulaires paraissent plus volumineux que les parasites endoglobulaires.
2° Résistance. — Les parasites se conservent virulents à la glacière pendant vingt-cinq jours, ils sont détruits par le chauffage à 43°.
3° Distribution géographique. — L’infection à Piro. canis existe en France et en Italie, elle est répandue en Afrique (Cap, Sénégal), dans l’Inde et en Chine.
4° Action pathogène naturelle. — Piro. canis est l’agent de la piroplasmose du chien (jaunisse maligne). La maladie est fréquente chez les chiens de chasse ; elle est caractérisée par la gravité des symptômes généraux, l’ictère, la tuméfaction de la rate, 1 hémoglobinurie. Tous ces signes peuvent être discrets, l’évolution ralentie, dans ces formes la guérison est facilement obtenue.
PIROPLASMES
5° Action pathogène expérimentale.
a. . Inoculation sous-cutanée. musculaire, veineuse. — Reproduit la maladie. (Nocard et Motas.)
b. Ingestion. — Reproduit la maladie après une incubation de deux à sept jours (Nawrotzky).
Seul le chien est réceptif, les jeunes chiens sont plus sensibles que les adultes.
Il existe des différences considérables de virulence suivant l'origine du virus. (Nocard, Theiler.)
6° Immunité. — Une atteinte antérieure de la maladie confère une immunité qui dure au moins six mois (Nocard et Motas ) Le sérum des animaux guéris, surtout si leur immunité a été renforcée par une inoculation virulente, est parasiticide et préventif, ‘(Nocard et Motas), mais il renferme des parasites ce qui entrave son utilisation (Theiler).
On peut immuniser en inoculant du sang virulent et en administrant une dose de Trypanbleu dès l'apparition des premiers symptômes et des parasites dans le sang (Jowett). Le procédé n est pas recommandable pour les jeunes chiens de race améliorée qui montrent une grande susceptibilité à la Piroplasmose. Il est surtout applicable pour les chiens adultes, bien qu'eu réalité le traitement efficace dont on dispose permette de guérir la maladie contractée par infection naturelle.
E) — Nuttallia equi
1° Forme. — Parasites arrondis de 0,5 à 2 ;jl de diamètre, les parasites piriformes sont rares, on les trouve par deux dans les hématies comme Piro. bigeminum. Raruchello et Mûri ont décrit des forme ciliées, peut être s agit-il de fins pseudopodes comme pour Viro. ca>ns. Les formes décrites se rapportent à la fois à Nutt. equi et à Piro. caballi (Nüttal et Strickland).
2° Distribution géographique. — La présence de Nutt. equi est signalée dans l'Afrique du Sud {Natal. Gap, Transvaal) : à Madagascar, dans l’Inde, en Italie, en Sardaigne et en Russie.
PIROPLASMA OVIS
Chez l’âne la présence de Nutt. equi est signalée en Afrique occidentale.
3° Action pathogène naturelle. — Nutt. equi est l’agent de la piroplasmose du cheval (fièvre bilieuse, malaria de l’Afrique du Sud) et de certaines maladies caractérisées par le syndrome fièvre typhoïde (en Italie, Baruchello etMoRi). La maladie décrite par Theirer se traduit par une fièvre intense, la teinte ictérique des muqueuses, l’abattement du malade. La
Fig. 343.
Nuttallia equi (Baruchello et Mori).
1, 2, formes arrondies. — 3, 4, formes allongées. — 5, 6, formes en voie de division. 7, forme flagellée.
mort survient du 2e au 5e jour ou la maladie se prolonge de quinze à trente jours.
La piroplasmose de l'âne et du mulet est déterminée par un parasite qui n'a pas été différencié de Nutt. equi.
4° Action pathogène expérimentale. — La piro. peut être reproduite chez le cheval par inoculation de sang parasité provenant d’un malade ou même d’un animal guéri depuis longtemps. L’inoculation n’est suivie de succès que chez les jeunes animaux ou chez les chevaux récemment importés (Theiler).
M1CROB. DES MAT.. INFECT. DES ANlM.
PIROPLASMES
5° Immunisation. — Les essais tentés pour immuniser avec de petites doses de sang virulent ont échoué (Belitzer) . 11 serait possible de vacciner même les sujets importés les plus sensibles avec un parasite ayant fait plusieurs passages chez l’àne (Theiler).
F) — PlROPLASMA OVIS
1° Forme. — Parasite arrondi ou ovalaire avec quelques
Fig. 344.
Piroplasmci ovis. Coloration par le procédé de Nocard-Motas.
a. Piro.ovis avec noyau arrondi et périphérique. — b. Piro. ovis, avec noyau annulaire. — c. Piro. ovis, libres envoie de division. — d. Piro. ovis , endo-globulaires, en voie de division. — e, hématie avec noyaux parasitaires. Le protoplasma du parasite n’est pas coloré (Motas).
éléments piriformes, on peut trouver plusieurs piro. dans une hématie, les piro. libres sont relativement rares.
2° Résistance du virus. — Le sang conserve sa virulence dix ou quinze jours à la température de 15-18°. Le sang oxalaté perd plus rapidement sa virulence que le sang défibriné.
3° Distribution géographique. — Piro. ovis est fréquent en Roumanie (Babes, Motas), en Italie, en Hongrie. Il a été
PIROPLASMA MUTANS
signalé en France (Leblanc), aux environs de Constantinople, au Caucase, au Transvaal.
4° Action pathogène naturelle. — Piro. canis est l’agent de la piroplasmose du mouton (Carceag, en Roumanie). L’incubation est de courte durée, on observe de l’hémoglobinurie, des selles diarrhéiques, souvent hémorragiques. La destruction globulaire est très marquée (de 8 millions à 1 million et demi). La mortalité atteint quelquefois 78 p. 100.
5° Action pathogène expérimentale. — Inoculation souscutanée , veineuse. Reproduit la maladie chez le mouton.
6° Immunisation. — Les moutons qui résistent à la maladie naturelle ont l’immunité, on n’a pas encore déterminé s’ils restaient porteurs de germes. Motas a recherché les propriétés du sérum des animaux hyperimmunisés (sans action microbicide faible action préventive) et a tenté de préparer un vaccin par contact du sang virulent avec l’oxalate de potassium à 25 p. 100 par l’action du chauffage à 43-54°.
Ces essais n’ont pas donné de résultats dignes d’être appliqués. La bile des animaux morts est capable de protéger contre une inoculation virulente simultanée ou pratiquée ultérieurement.-
G) — PlRQPLASMA HIRCI
Observé en Transcaucasie (Dschunkowsky et Luhs) comme agent d’une infection chez la chèvre se traduisant par de l’ictère, de la splénomégalie et de l’hémoglobinurie. Piro. hirci se présente sous forme de petits corps arrondis ou de bâtonnets plus petits que Piro. ovis.
H) — PlROPLASMA MUTANS
1° Forme. — Piroplasmes de petites dimensions, en forme de virgules, de bâtonnets ou de corpuscules arrondis.
2° Distribution géographique. — Afrique du Sud et Afrique Orientale allemande et anglaise, Piro. mutans est encore
PIROPLASMES
Fig. 345.
Piroplasma mutans (Theiler).
d’une infection à Piro. biqeminum, son action pathogène propre est faible. Les animaux infectés avec Piro. mutans guérissent le plus souvent.
4° Immunisation. — Les animaux guéris ont l’immunité, mais leur sang est encore infectieux pour les bovidés réceptifs. Chez ces animaux les maladies intercurrentes provoquent l’apparition de nombreux parasites dans le sang.
signalé en Asie (Indes néerlandaises), au Congo, en Égypte, au Cameroun, en Portugal.
3° Action pathogène naturelle. — Détermine une maladie différente de la fièvre de la côte orientale (Pseudo-fièvre de la côte orientale). Piro. mutans se trouve chez les animaux guéris
I) — Piroplasma leporis Piro. rond ou ovale, isolé ou géminé, des hématies du lièvre.
THEILERIA PARVA
Détermine une infection, chez le lièvre, avec splénomégalie. A été observé chez 40 p. 100 des lièvres du gouvernement d’Elisabethpol (Dschunkowsky et Luhs).
J) — THEILERIA PARVA
1° Forme. — Parasites de petites dimensions, le plus sou-
Fig. 346.
Theileria parva (Thetler).
vent en forme de bâtonnet de 3 p. de long et de 0 p 5 de large. On peut suivre le développement de Th. parva sur les préparations faites avec le suc splénique ou ganglionnaire recueilli par ponction sur les animaux vivants. On voit des formes endo-cellulaires (gros lymphocytes) ou libres, arrondies, qui se multiplient par division jusqu’à donner les éléments bacilliformes qui pénètrent les hématies (Gonder, Meyer, Lichtenheld). La reproduction se poursuit par schizogonie dans l’organisme des tiques.
PIROPLASMES
Meyer a proposé de créer un genre nouveau pour ce parasite : Lympho hematocytozoon parvum.
Les granules de Koch (plasmakugeln) observés dans la rate, la moelle des os, les ganglions lymphatiques ne seraient que des formes schizogoniques (Gonder) .
2° Culture. — Tentée par Meyer, dans l’eau de condensation du milieu de Novy.
3° Distribution géographique. — L’infection créée par Th. parva sévit dans l’Est africain, en Rhodésie, au Transvaal, au Natal, dans la colonie du Gap, elle est signalée en Erythrée (Carpano) .
La piroplasmose tropicale (Dschunkowsky et Luhs) de Transcaucasie est identique ou voisine de l’infection à Th. parva ; peutêtre s’agit-il d’une association de Th. parva et de Piro. mutaris ( Piro . annulatum). Les piroplasmes bacilliformes d’Indo-Chine (Schein) des bovidés des environs d’Alger (Soulié et Roig), doivent être rapportés vraisemblablement à Th. parva.
4° Action pathogène naturelle. — Th. parva est l’agent de
la fièvre delà côte oriéntale (Theileriose, East coàst fever) maladie spéciale aux bovidés. L’incubation est en moyenne de dix à quinze jours, l’élévation de la température est la manifestation à peu près exclusive du début de la maladie. Suivant la durée de l’affection on note de l’adénopathie lymphatique de la région du cou et de l’épaule, de l’amaigrissement ; les animaux peu- 'vent mourir d’œdème pulmonaire ou succomber après avoir présenté de la diarrhée sanguinolente. On n’observe jamais de décoloration des muqueuses, jamais d’hémoglobinurie.
5° Action pathogène expérimentale. — L’inoculation du
sang reste toujours sans effet tant qu’il ne renferme que des gamètes ordinaires, mais dès que le sang présente des formes schizogoniques on produit chez l’animal une maladie fébrile, forme abortive de la theileriose (Carpano). Meyer a transmis la maladie par transplantation et par inoculation de fragments
ANAPLASMA MARGINALE
de rate. (Inoculation péritonéale on splénique.) Les animaux qui ne prennent pas la maladie sont néanmoins immunisés.
6° Immunisation. — L’immunité conférée par une première atteinte est loin d’être absolue. L’inoculation du sang des animaux atteints préconisée par Koch ne donne pas de bons résultats, même si les inoculations sont répétées (Theiler et Gray).
Theiler préconise comme vaccin la pulpe des organes (rate, ganglions) renfermant les granules de Koch, dont l’inoculation est faite dans la jugulaire. Les résultats sont en rapport avec la grosseur des grains de la pulpe et de la quantité injectée, la mortalité atteint 30 p. 100 dès animaux soumis à la vaccinanation. Les résultats sont plus favorables si on mélange la pulpe avec de la peptone jusqu’à consistance de gelée, on inocule 5 centimètres cubes du mélangé aux adultes. Les résultats sont assez satisfaisants (Wôlfel).
K) — Anaplasma marginale
Corpuscule arrondi de petites dimensions, 0 pi à 0 p 6, situé au centre ou à la périphérie de l’hématie.
1° Forme. — Parasite constitué par un corpuscule central entouré d’une enveloppe (a été rangé dans le groupe des Chlamydozoa ), signalé depuis longtemps et considéré comme des corpuscules chromatiques (marginal points, corpuscules périphériques). Theiler a démontré leur nature parasitaire.
On distingue deux variétés d ’Anapl. : A. marginale et A. marginale var. centrale. La distinction est basée sur la situation du parasite dans l’hématie ; — sur le volume du parasite, les individus de la variété centrale étant plus petits que les parasites types ; — sur la virulence, Anapl. marginale var. centrale n’ayant causé ni la mort ni même des lésions graves chez les animaux inoculés ; — sur ce fait encore, que cette infection bénigne ne confère qu’une immunité incomplète (Theiler).
2° Distribution géographique . — Anapl. est signalé en
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968 PIROPLASMES
Afrique du Sud où la maladie est étudiée par Theiler ; il est observé dans l’Amérique du Sud, dans la Campagne romaine,
3° Action pathogène naturelle. — L’anaplasmose est observée chez les bovidés, son existence est signalée chez le mouton. (Bevan.)
Basile a trouvé dans le sang d’un chien de Messine des formations rappelant les Anaplasma (Ana. canis).
Fig. 347.
Anaplasma marginale (Theiler).
La durée de l’incubation varie de quelques jours à deux ou trois mois. L’évolution est caractérisée par de la fièvre, des symptômes généraux fde gravité variable, un peu d'ictère, jamais d’hémoglobinurie. Souvent l’anaplasmose est une complication d’une infection à Piro. bigeminum .
4° Action pathogène expérimentale. — Inoculation souscutanée , veineuse , péritonéale . Pratiquée avec le sang reproduit la maladie. Le sang filtré ne donne ni immunité ni maladie.
ANAPLASMA MARGINALE
5° Immunisation. — Les animaux guéris sont des réservoirs de virus.
En raison de la bénignité de l’infection consécutive à l’inoculation d ’Anapl. marginale var. centrale, icette inoculation semble pouvoir constituer un moyen pratique et sans danger de vacciner contre l’Anaplasmose. Le procédé est efficace, les animaux guéris d’une infection par Anapl. centrale supportent sans dommage l’infection par Anapl. marginale.
Les animaux immunisés contre Piro. bigeminum sont facilement infectés d'anaplasmose. Inversement, la piroplasmose ne confère aucune immunité contre l’anaplasmose quel que soit le mode de la transmission.
Dès qu’ils sont inoculés avec Anapl. centrale, les animaux peuvent être exposés à l’infection naturelle sans attendre l’évolution de l’anaplasmose expérimentale. L incubation de l’infection par les tiques est de cinquante-cinq à cent jours, tandis qu’à la suite de l’inoculation du sang elle est seulement de seize à quarante jours, si bien que les animaux vaccinés ont l’immunité quand l’infection naturelle est capable de se réaliser.
L’infection double par les deux variétés d’ Anaplasma est fréquente ; les tiques transmettent Anaplasma marginale et Anaplccsma centrale.
Les animaux immunisés contre Anaplasma et contre Piro. bigeminum restent sensibles à Piro. mutans.
Il est nécessaire, dans l’Afrique du Sud, d’immuniser les animaux contre l’anaplasmose et la piroplasmose ( red water), les deux inoculations peuvent être faites simultanément. Les animaux doivent être gardés en observation au moins pendant quinze jours, pour suivre l’évolution de l’infection à Piro., toute réaction anormale sera entravée par une injection de try panbleu. Pendant la réaction, beaucoup plus tardive, due à l’anaplasmose, les animaux doivent être entretenus dans de bonnes conditions et bien nourris. (Theiler).