LE MICROSCOPE
direct des colonies sur milieux solides (p. 204). Nous avons également parlé des instruments destinés à faire des cultures aérobies ou anaérobies sous le microscope (p. 143 et 186).
Nous ne décrirons pas le microscope : mais nous insisterons sur les accessoires indispensables au bactériologiste, pour pouvoir obtenir des grossissements allant jusqu'à 1500 diamètres l'image étant toujours suffisamment lumineuse.
Un bon microscope de bactériologie doit avoir un excellent pouvoir définissant (les bords des microbes très nets), avec un pouvoir pénétrant (netteté des microbes hors du foyer) suffisant, et un pouvoir résolvant intense (bonne image des détails).
L’éclairage au bec Auer ou électrique est excellent. 11 est bon d’interposer un écran entre le microscope et la source lumineuse.
1° Objectif à immersion homogène. — Le principe de l'immersion (Amici) consiste à relier l’objectif à la préparation par une couche de liquide dont l’indice de réfraction se rapproche-sensiblement de celui du verre. On évite l'inconvénient des réfractions multiples. On s’est d’abord servi de l’eau. Il vaut mieux employer de Y huile de cèdre ; l’indice de réfraction de l'huile étant le même que celui de la lentille de l’objectif. Y immersion est homogène. Les objectifs à immersion sont des instruments très délicats ; ils seront conservés dans des étuis en cuivre à couvercle soigneusement vissé, pour échapper à l’action si nocive des vapeurs acides du laboratoire. Pour employer un objectif à immersion, on place la préparation sur la platine et on dépose sur le point à examiner, une goutte d’huile de cèdre au moyen du bouchon plongeur du flacon. La goutte doit être suffisante pour s’étaler uniformément sous la lentille de l’objectif.
On abaisse alors le tube du microscope, au moyen de la grosse crémaillère, jusqu'à ce que l’objectif plonge dans la goutte d’huile. A ce moment on fixe la préparation, on avance l’œil sur l’oculaire et on met au point avec la vis micrométrique.
L’examen terminé, on relève le microscope, on essuie la lentille avec une fine batiste, on la lave avec du benzol ou xylol ou du toluène (qui enlève toutes les traces d’huile), on l’essuie avec une peau de chamois.
Le lavage de l’objectif au xylol doit se faire avec précaution car un excès de xylol décollerait la lentille.
On consultera les tables des fabricants de microscope, pour savoir à quel grossissement correspond le numéro de l’objectif. Le numéro de l’oculaire fera également varier le grossissement. On obtiendra le maximum de grossissement en allongeant du nombre de centimètres convenable (en général 160 mm) le tube du microscope. On a besoin couramment de grossissements de 800 à 1 200 diamètres.
2° Oculaires. — Les oculaires sont désignés par des chiffres de 0 à 5, le plus faible étant 0.
On augmente beaucoup le grossissement en employant de forts oculaires, mais aux dépens de la netteté de l’image. C’est aussi ce qui se passe si on allonge trop le tube. C'est donc aux objectifs qu’il faut s’adresser pour obtenir le grossissement voulu. On adapte en général un oculaire I ou II, et on tire le tube à 160 millimètres.
Les oculaires compensateurs sont à recommander pour les forts grossissements.
3° Condensateur Abbe. — Le condensateur Abbe se compose essentiellement de trois lentilles superposées qui sont de bas en haut : une lentille biconvexe, une concavoconvexe, une plan-convexe. L’ouverture de ces lentilles diminue de l’inférieure à la supérieure. Elles sont montées dans une garniture conique, leur face convexe en bas (fig. 127). Ce système est placé sous la platine du microscope ; la lentille supérieure pénètre par l’orifice de la platine, de telle façon que la lame de la préparation repose sur sa face plane.
On supprimera tout diaphragme et on ne se servira que du miroir plan.