V. de méthyle
B. de Bismarck.
Vert .
Brun .
( Vésuvine.
nucléines, dont se rapproche beaucoup le protoplasma microbien, sont acides et se combinent avec la base colorante des couleurs basiques. La combinaison est d’autant plus fixe que l’albuminoïde est plus acide, c’est dire que la coloration des noyaux et des microbes est plus fixe que celle du reste d’une coupe de tissu par exemple. Les couleurs basiques ont donc des propriétés électives qui les rendent très précieuses au bactériologiste. J
Les couleurs acides ( couleurs sans élection) au contraire, imprègnent indistinctement tous les éléments d’une préparation ( colorants diffus ) sans que la coloration résulte d’une combinaison. 'toutes les parties de la cellule sont également teintes sans élection. Le principe colorant étant acide ne peut se combiner avec les albuminoïdes également acides; c’est une teinture uniforme et non une réaction chimique. Le bactériologiste n’emploiera donc les couleurs acides que dans des cas très restreints. 11 en est de même des couleurs neutres et pour les mêmes raisons. • :
En résumé : on emploiera les couleurs basiques. On obtient avec elles des colorations aussi fixes que la combinaison chimique qu’elles représentent ; ces colorations n’atteignent que certains éléments ; enfin, leur fixité varie avec les différentes cellules et les espèces microbiennes. La combinaison est plus stable avec le protoplasma de tel microbe qu'avec .celui de tel autre : c’est un signe distinctif précieux pour la diagnose de l’espèce. La décoloration incomplète des coupes repose aussi sur le principe des différences dans la stabilité des colorations des éléments constituants. Une expérience d’EiiRLicH fait comprendre cette hiérarchie dans la stabilité de la colôration. On étale sur une lamelle un frottis de tissu quelconque contenant différents microbes, parmi lesquels le B. tuberculeux. On colore longuement au violet de gentiane et on lave à l’eau. On examine : la coloration est diffuse. On traite par l’acide acétique dilué : seuls les noyaux et les microbes restent colorés. On traite par le carbonate de potasse : les noyaux ont disparu, tous les microbes sont encore colorés. On traite par une solution d’acide nitrique : il ne reste plus de coloré que le JB. tuberculeux. On
PRINCIPES GÉNÉRAUX DE COLORATION
prolonge le séjour dans le bain d'acide nitrique: tout est décoloré, c’est la « décoloration maxima » d’EHRLiCH.
11 n’y a donc pas de coloration absolument fixe, il y a des colorations plus ou moins fixes suivant les éléments combinés. La décoloration par un acide minéral s’obtient grâce à l’affinité de cet acide pour les couleurs avec lesquelles il forme des combinaisons très solubles dans l’eau et à peu près incolores : la matière colorante, sel mono-acide, est devenue sel tri-acide, incolore ; par addition d’eau le sel redevient monoacide coloré : la décoloration a lieu au moment où l’acide employé est plus fort que l’acidité du protoplasma coloré. N’oublions pas cependant qu’il s’ajoute à cela les différences d’épaisseur des cuticules microbiennes. La décoloration par l’alcool, par la glycérine s’obtient grâce à une simple affinité de ces substances pour les colorants, l’alcool fait rapidement disparaître le vert de méthyle, tandis qu’il respecte la vésuvine; le brun de Bismarck, la vésuvine résistent à la glycérine.
On conçoit les progrès réalisés à la suite des découvertes d’EHRLICH.
La 'possibilité des doubles colorations, connues depuis Weigert et Baumgarten, est facile à comprendre avec les données précédentes. Elles seront successives, substitutives ou électives.
On emploiera une couleur basique quelconque si on veut simplement mettre en relief l’ensemble général d’une préparation ; nous étudierons plus loin les colorations spéciales. Avant l’introduction des plaques iso-chromatiques en photographie on se servait beaucoup de la vésuvine et du brun de Bismarck, qui seules permettaient une photographie nette des préparations colorées ; actuellement on peut photographier des préparations de toutes couleurs. Nicolle préconise beaucoup la Ihionine (voir plus loin). Un composé minéral, Y oxychlorure de rhuténium ammoniacal, a les mêmes propriétés colorantes que les couleurs d’aniline, mais en plus colore bien les pièces fixées par l’acide osmique (Nicolle et Cantacuzène).
Nicolle (190j3) préconise le bleu de méthylène et le neutralroth comme permettant de voir la structure interne des microbes.
3° Mode de conservation et d’emploi des couleurs d'aniline. — On conserve les couleurs d’aniline en poudre dans des flacons ordinaires. Il importe de s’approvisionner constamment à la même fabrique , car des dénominations identiques ne s’appliquent pas toujours à des produits identiques et bien définis. 11 arrive d’obtenir avec une couleur des résultats, impossibles à reproduire avec d’autres échantillons, la première provision une fois épuisée.
Les couleurs d’aniline sont solubles dans l’alcool et dans l’eau.
On prépare d’avance des solutions alcooliques saturées; elles ne s’altèrent pas et peuvent se conserver longtemps. On verse dans une éprouvette de l’alcool absolu ou de l’alcool à 95° (de l’alcool à 50° pour la thionine) et 25 p. 100 environ de poudre. On laisse en contact jusqu’au moment de préparer avec cette solution mère des solutions hydro-alcooliques ou phéniquées. Les solutions alcooliques sont conservées dans des flacons de 50 centimètres cubes environ
Les solutions aqueuses s’altèrent facilement, et peuvent même devenir à la longue d’excellents milieux de culture. Il est facile de comprendre qu’une solution destinée à colorer les microbes d’une préparation ne doit pas en contenir. On doit toujours filtrer une solution aqueuse avant de l’employer pour se débarrasser des grumeaux. En général, on se sert de solutions mixtes : 10 -parties d'eau pour 1 partie de solution alcoolique; des solutions purement aqueuses peuvent cependant avon* leurs indications (coloration des microbçs vivants) .
Fig. 130.
Flacon comptegouttes.
A, flacon bouché avec son bouchon vu de face pour montrer la rainure du bec. — B, bouchon vu de profil pour montrer les rigoles latérales.