‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 66 sur 274 · CHENIL, ENTRETIEN, CONTENTION · texte numérisé non relu

CHENIL, ENTRETIEN, CONTENTION

L’expérimentation bactériologique utilise, suivant les cas, les animaux les plus divers. Un certain nombre d’entre eux, d’un usage courant, soit par la facilité à se les procurer, soit par leur grande sensibilité aux infections, sont plus spécialement appelés : animaux de laboratoire.

§ 1. — Les animaux de laboratoire

Nous ne parlerons que des plus couramment employés. Il n’y a rien de particulier à dire des grands ou moyens animaux, tels que : cheval , bœuf, chèvre , mouton, etc., qui sont entretenus dans des conditions hygiéniques et maintenus isolés autant que possible, suivant la nature de la maladie.

1° Souris blanche. — C’est l’espèce albinos de la souris de maison. Elle est très commode pour l’étude de nombreux microbes pathogènes et du cancer expérimental.

La souris blanche est très prolifique et revient à un prix peu élevé. 11 faut en pratiquer l’élevage au laboratoire. On peut faire construire pour cela un meuble à tiroirs. Chacun de ceuxci est divisé en deux compartements ; l’un obscur, garni de coton, destiné à la reproduction, à l’abri des regards, très rarement ouvert ; l'autre vitré, destiné à la nourriture et aussi à la préhension des souris à inoculer. Ce dernier a un plateau métallique qui peut être journellement nettoyé. Une cloison à cou-

LES ANIMAUX DE LABORATOIRE

lisse, percée de trous, permet de faire communiquer ou de séparer les deux compartiments du tiroir. Avec ce dispositif, on ne prend aucun soin spécial pour la reproduction.

Salomonsen conseille comme cages des boîtes à biscuit métalliques, remplies à mi-hauteur de sciure de bois' recouvertes de ouate et percées de petits trous dans le couvercle. On change de sciure tous les mois.

Les souris blanches sont querelleuses ; il faut séparer les femelles des mâles si ces derniers ne sont pas du même âge et élevés ensemble.

La souris inoculée est mise dans un bocal en verre de 2 litres, et rempli au tiers de sa hauteur de sciure de bois. Le couvercle, en toile métallique, sera solidement fixé par un fil de fer. On ne mettra qu’une souris par bocal, car les survivantes dévorent rapidement les cadavres.

La nourriture se compose d’avoine et de pain blanc trempé. On donnera une écuelle d’eau si les aliments sont secs.

2° Cobaye. — Cet animal, très commode, mais assez délicat, se reproduit facilement.

On peut mettre plusieurs cobayes inoculés dans une même cage : leur robe, différente pour chaque animal, permet un signalement individuel sur la carte de la cage. Il est préférable de marquer les cobayes avec un bouton numéroté fixé à l’oreille ou avec d^s couleurs diversement associées (rouge, violet, jaune, rouge et violet, etc.).

La nourriture consiste pendant l’été, en fourrage vert, choux, salade, et, pendant l’hiver, en betteraves, carottes, épluchures.

On donne aussi du son mouillé; des résidus de brasserie, de l’avoine. 11 est utile, malgré les affirmations contraires, de donner à boire.

La température rectale du cobaye est de 38°, 5 environ.

3° Lapin. — Cet animal peut également se reproduire au laboratoire ; il est très prolifique. Malheureusement, les épidémies entraînent fréquemment la mort de tout un parquet. A ce point de vue le lapin est plus délicat que le cobaye.

ANIMAUX DE LABORATOIRE

Le signalement individuel est plus difficile. Il faut faire des marques à chaque animal. Ne pas oublier que les poils repoussent rapidement. 11 vaut mieux fixer des numéros métalliques aux extrémités des oreilles.

La nourriture est la même que celles des cobayes.

La température rectale moyenne atteint 39°,39°,o et même 40°.

4° Grenouille. — On conserve les grenouilles comme dans les laboratoires de physiologie. On peut faire vivre longtemps (un mois et plus) la grenouille à la température de 37°, (J. Courmont et Doyon). Il suffit de la mettre dans un cristallisoir, fermé par une toile métallique, contenant deux doigts d’eau, qu'on change tous les jours. On peut gaver de temps à autre l’animal avec de la viande ou des vers. Chaque grenouille doit être seule dans son bocal, leur signalement étant à peu près impossible, et la putréfaction d’un cadavre entraînant rapidement la mort des autres grenouilles.

5° Oiseaux. — On expérimente sur les oiseaux : poules, pigeons, moineaux, etc. Rien de particulier à signaler, sauf leur température rectale élevée (41°, 42°). Nourriture comme dans les basses-cours.

6° Chiens. — Les chiens sont moins couramment employés que les lapins ou les cobayes. Ils résistent à nombre d’infections. Leur température rectale est de 37°, 5 à 38°. Les nourrir à la soupe grasse et à la viande, sauf indication spéciale.

7° Notions générales. — Ne jamais inoculer un animal le jour de son arrivée au laboratoire. Il faut attendre, savoir s’il est bien portant, s’il s’habitue à la nourriture et au local. Sa température doit être normale.

| 2. — Écurie, chenil, clapier

Les locaux affectés au logement des animaux constituent une des parties les plus importantes de l’institut de bactériologie. Ils

Page 1