PROPRIÉTÉS DES PRODUITS SOLUBLES
l’activité des toxines dissoutes dans ces solutions. L’anisotonie favorise l’intoxication ; les produits microbiens pénètrent plus rapidement les cellules.
c. A côté des toxines, Ehrlich a créé le groupe des toxoïdes et des toxones. Les toxoïdes sont des produits de transformation des toxines, ayant une composition analogue, et qui existent dans les cultures filtrées, alors que les toxines ont disparu ou, tout au moins, se sont considérablement atténuées. Ces toxoïdes peuvent, comme les toxines, servir à l’immunisation; être neutralisées par les antitoxines. Ils produisent des symptômes différents de ceux de la toxine. Ce sont des toxines masquées dans le mélange par la toxine principale. Les toxones ne sont pas le produit d’une transformation des toxines ; ce sont des corps créés concurremment par le microbe et pouvant occasionner des troubles sérieux (parai, diphtériques).
Les expériences d’Ehrlich se rapportent à la toxine diphtérique.
d. Il faut ranger parmi les produits solubles toxiques, ceux qui ont la propriété de détruire les globules blancs ( leacocidines ) ou les globules rouges {hémolysines).
a. Leucoeidines . — Si on inocule du Staphylocoque pyogène dans la plèvre d’un lapin; l’exsudât pleural, d’ailleurs très riche en leucocytes dégénérés, altère les leucocytes normaux qu’on lui ajoute. Un chauffage de 10 minutes à -f- 58° ou + 60° détruit cette propriété. La leucocidine existerait, à petite dose, dans les cultures (Van de Velde, Krauss, Neisser, Bail).
L’exsudât péritonéal du cobaye, inoculé par cette voie, avec du B. pyocyanique, jouit des mêmes propriétés.
(L Hémolysines . — On appelle hémolysines les substances qui dissolvent les globules rouges de certaines espèces animales. Nombre de microbes sécrètent des hémolysines.
La culture filtrée du B. tétanique contient de la tétan&lysine (Ehrlich etMADSEN, 1898-99; Krauss et Clermont), qui disparaît d’ailleurs vite. Les hématies du cheval et du lapin sont spécialement sensibles.
Un chauffage de 50° pendant 20 minutes détruit la tétanolysine. Elle est d’ailleurs très instable, la plus instable de toutes
PRODUITS SOLUBLES MICROBIENS
les hèmoljsines connues. C’est une substance distincte de la tétanospasmine.
Les animaux auxquels on l’injecte fabriquent une antihémolysine.
11 existe aussi tme pyocyanolysine dans les cultures filtrées du B. pyocyanique (Bulloch et H un ter, 1900, Werngeroff, Breymann). Un chauffage de 15 minutes à + 100° la détruit. Les globules rouges de beaucoup d’animaux (chien, cheval, bœuf, mouton, lapin) sont sensibles.
La pyocyanolysine résiste à 100° pendant 15 minutes.
Neissek. et Wechsberg (1901) ont signalé une staphylolysine ; les cultures filtrées de 4 à 14 jours dissolvent les hématies du lapin, du chien, du porc, du mouton, etc.
Un chauffage de 56° pendant 20 minutes la détruit.
L’injection aux animaux engendre une antihémolysine.
Sa production est un caractère constant du staphylocoque typique (Neisser).
Tous les staphylocoques pyogènes fabriquent de l’hémolysine, mais d’autant plus qu’ils sont plus virulents (Van Durme, 1903).
La ty p ho lysine a été décrite par K. et P. Levy (1901) dans les cultures de 14 jours ; elle dissout les globules du chien. Elle est thermostobile, c’est-à-dire très résistante au chauffage (100°). L’injection engendre une antityphol y sine .
La colilysine a été décrite par Kayser, en 1903 dans les cultures en bouillon acide ; elle dissout les globules du chien. Un chauffage à 120° pendant 30 minutes est sans action. On peut créer des anticolilysines ; il en existe de naturelles.
La cholérilysinc a été découverte, en 1900, par Krauss et Clermont ; elle adhère au corps des microbes.
Le Streptocoque de Marmorek fabrique in vivo sur le lapin une hémolysine très active. Besredka l’a reproduite in vitro (p. 663). C’est la seule hémolysine in vivo qu’on connaisse.
B. Produits solubles vaccinants ou prédisposants. — Le second groupe des produits solubles microbiens comprend ceux qui, toxiques ou non, modifient la réceptivité du terrain animal qu’ils imprègnent, vis-à-vis d’une infection ultérieure.