‹ Précis de microbiologie des maladies infectieuses des animauxChapitre 77 sur 274 · PROPRIÉTÉS DES PRODUITS SOLUBLES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS DES PRODUITS SOLUBLES

cardiaques, de l’hypothermie, des néphrites, etc. Les mêmes auteurs ont vu qqe la toxine du V. septique a une action inhibitrice sur le centre inspirateur et que celle du Streptocoque pyogène agit spécialement sur le cœur. Certaines toxines agissent sur les centres vaso-moteurs pour produire soit la vasodilatation (ectasines de Bouchard) (Arloing), soit la vasoconstriction (anectasines) (Charrin et Gley, Arloing, Morat et Doyon). Ajoutons que la mort est en général le terme de ces intoxications, si la toxine est assez active et injectée à une dose suffisante.

11 y a, dans un liquide filtré, non pas une toxine, mais un mélange de toxines (notion depuis longtemps défendue par Bouchard), à effets parfois antagonistes ( Staphylocoque pyogène , J. Courmont et Rodet) et qü'il faut alors dissocier.

a. Les toxines peuvent se subdiviser en deux groupes.

a. Le premier comprend la majorité des produits solubles qui agissent sur l’organisme comme une substance soluble quelconque. Certaines de ces toxines, à effets immédiats , sont des produits volatils (Charrin et Guillemonat, 1902).

[3. A propos de leurs études sur le poison tétanique , J. Courmont et Doyon1 ont attiré l’attention sur un second groupe qui mérite d’être classé bien à part, en raison des propriétés particulières des toxines qui le composent, et dont la toxine tétanique est le type. Ces propriétés sont les suivantes :

1° Période d' incubation constante entre l'injection de toxine et l’apparition des premiers symptômes objectifs ; cette période d incubation peut être raccourcie, mais ne peut être supprimée ; il y a un temps minimum nécessaire à l’éclosion des symptômes. On n’observe aucun accident morbide, pendant des heures, quelle que soit la dose injectée. Cette période d’incubation n’existe pas avec les substances toxiques à composition chimique définie ;

2 0 Importance relativement faible de la dose injectée. A partir d’une dose donnée, on peut centupler la quantité de poison

1 Courmont et Doyon, Société de Biologie, 1893 à 1898. Archives de Physiologie 1896, etc. Le tétanos, monographie. Baillière, 1899.

PRODUITS SOLUBLES MICROBIENS

injectée, on ne raccourcit plus l’incubation. C’est un corollaire de la nécessité de l’incubation. Par contre, la période maladive peut être raccourcie par l’augmentation des doses; la mort est hâtée;

3° Importance considérable delà température ambiante. La grenouille n’est sensible à la toxine tétanique que si elle est chauffée;

4° Existence fréquente, mais non constante, dans le corps des malades de substances immédiatement toxiques, produites par l’organisme, qui réagit contre les toxines à incubation ;

5° Absence de lésions anatomiques, nécessaires à la production des symptômes, et qui expliqueraient la période d’incubation.

Ces toxines peuvent être seules ( toxine tétanique ; J. Courmont et Doyon) ou mélangées à des toxines „à effet immédiat [toxine diphtérique, J. Coürmont et Doyon, Enriquez et Hallion). ! Elles ont d’ailleurs leurs analogues dans certains poisons végétaux (abrine, ricine, crotine) et animaux (venins) qui n’agissent aussi qu’après incubation.

Quelle que soit l’explication théorique que l’on donne de ces propriétés si spéciales de quelques toxines, la classe de J. Coürmont et Doyon doit être conservée, avec la nécessité de l’incubation comme principal caractère. On a même tendance actuellement à les regarder comme les seules toxines spécifiques.

b. Pour l’étude des effets des produits solubles toxiques, on mettra en œuvre toutes les ressources de la physiologie et de l’histologie. On injectera des doses variables à différentes espèces animales, par des voies multiples, on observera l’animal (température, urines, alimentation, amaigrissement, symptômes nerveux, etc., etc.) ; le moyen le plus précieux d'investigation sera la méthode graphique. On se servira, autant que possible, de grands animaux. Pour faire une étude suivie des effets d’une toxine jusqu’à la mort de l’animal, il est indispensable d’opérer avec des appareils graphiques. D’àrsonval et Charrin ont recherché les troubles de la calorification produits par les toxines.

S. A r lo iNG et Laulanié ont fait de même en y ajoutant l’étude des combustions organiques.

Charrin et Levaditi (1899) ont attiré l’attention sur l’influence du titre isotonique ou anisotonique des solutions minérales sur

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