PRÉPARATION, BOUCHAGE
Plusieurs appareils spéciaux seront décrits et figurés, à propos de leurs usages, dans les chapitres suivants. Nous groupons ici les appareils de verrerie qui sont d’un emploi courant dans un laboratoire de bactériologie.
19 Tubes de verre. — 11 est indispensable de posséder des tubes de verre, de diamètres différents. On fera soi-même les pipettes, tubes de raccord, tubes effilés adaptés aux flacons, etc., etc. On peut même fabriquer de petits tubes à essai, des pipettes à boule, des régulateurs. Un bec Bunsen et surtout une lampe d’émailleur ( chalumeau ) permettront ce travail du verre, sur lequel nous n'insistons pas, puisqu’il n’a rien de spécial à la bactériologie.
2° Appareils divers. — Les verres à pied, cristallisoirs, grands ballons, verres de montre, agitateurs, éprouvettes graduées, flacons à une ou plusieurs tubulures, flacons de Mariotte, entonnnoirs,#etc., etc., sont les mêmes modèles que ceux dont on se sert en chimie.
3° Pipettes Pasteur. — On doit toujours avoir, toute stéri-
APPAREILS DE VERRERIE
lisée, line provision de pipettes Pasteur. Les pipettes sont indis-.
pensables, on les utilise couramment pour les prélèvements, les ensemencements, les inoculations. On les fabrique soi-même. On prend un tube de verre d’un diamètre intérieur de 5 millimètres, et on le débite en petits morceaux de 25 centimètres, coupés bien droit à la lime. Les deux extrémités sont rodées, puis bouchées avec un tampon de ouate (fig. 8, A). Les tubes ainsi préparés sont stérilisés par la chaleur sèche.
Après stérilisation, prenant ce tronçon de tube par les deux bouts, on en chauffe la partie médiane, à la lampe d’émailleur, jusqu’à fusion du verre.
Lorsque celui-ci est bien ramolli dans toute la circonférence, on retire le tube de la flamme et on éloigne lentement les deux extrémités de façon à étirer la partie chauffée (fig. 8, B). On chauffe alors la partie médiane de celui-ci jusqu’à fusion et séparation des deux moitiés. On a ainsi deux pipettes comme celle représentée figure 8, G.
4° Fils de platine. — Plusieurs fils de platine sont nécessaires. Cet instrument est stérilisé, au moment de s’en servir, en le portant au rouge dans la flamme d'une lampe à alcool ou d’un bec Bunsen. On aura soin d’attendre le pi- complet refroidissement du fil avant de la tremper dans les cultures ; une aiguille à tige de platine un peu épaisse garde, pendant plusieurs minutes, une température élevée qui stériliserait la goutte de culture puisée. On préférera le platine
Fig. 8.
Fabrication d’une pette Pasteur.
RÉCIPIENTS A CULTURES
iridié, plus rigide que le platine pur, la rigidité étant indispensable pour pouvoir gratter les cultures sur milieux solides.
Pour fabriquer l’appareil, le fil de platine sera chauffé au rouge et embroché par l’extrémité chaude dans un agitateur en verre en état de fusion ; on a ainsi l’aiguille de platine la plus simple (fig. 9, A). On peut aussi monter l’aiguille sur un manche de bois, avec garniture en cuivre, dont la vis permet de varier la longueur du fil de platine (fig. 9, B et G). Celle-ci sera toujours supérieure à la longueur du tube dans lequel on doit puiser une culture.
L’extrémité libre du fil sera, suivant les besoins, droite (fig. 9, A), en anse (fig. 9, B), ou -en spatule (fig. 9, G).
L’aiguille de platine sert surtout au maniement des cultures solides; on peut aussi l’employer pour puiser de très faibles quantités de cultures liquides.
5° Récipients à cultures.
— 11 sont variables de formes et de dimensions suivant que les microbes doivent végéter à l’air ou dans le vide, sur milieu
solide ou en milieu liquide, en grande ou en petite quantité etc.
1 Pour Hesse (1904) la composition du verre serait importante. On obtiendrait 20 à 30 p. 100 de plus de colonies en employant les verres à borosilicates à la place du verre ordinaire.
Fig. 9.
Aiguilles de platine.
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A. Pour les milieux liquides. — Pour les milieux liquides, on emploie généralement des tubes à essai ou des ballons à fond plat.
L’ancien tube Pasteur n’est plus utilisé, il n’est pas commode, coûte fort cher, est difficile à construire.
Les petits ballons, couramment employés, sont destinés à contenir 5 à 15 centimètres cubes de liquide. Le modèle Pasteur était coiffé d’un capuchon en verre surmonté d’un
Fig. 10.
A, ballon à culture. — B, feuille de papier à filtrer préparée pour faire un capuchon (grandeur proportionnelle).
petit tube bouché avec du coton L Les surfaces en contact pour la fermeture étaient rodées à l’émeri. Ce petit appareil était très coûteux. On le remplace aujourd’hui par un simple petit ballon à goulot droit évasé supérieurement, ou par un petit flacon de mêmes dimensions, bouché directement par un tampon de ouate.
Depuis longtemps, Chauveau a remplacé le coton par le papier filtre. On peut alors employer des ballons très bon
1 Voy. page 47 les expériences qui ont fait choisir le coton.
RECIPIENTS A CULTURES
marché à goulot non évasé (fig. 10, A) ; le capuchon de papier filtre a l’avantage, comme dans le modèle primitif de Pasteur, de recouvrir le bord du goulot qui n’est ainsi jamais contaminé ; enfin, pendant un ensemencement, le capuchon est tenu en l’air par son extrémité supérieure, l’orifice en bas, et ne nécessite pas de flambage quand on rebouche le ballon.
Pour boucher une série de ballons, on plie à plusieurs doubles du papier blanc à filtrer, et on le découpe suivant 2 fractions de circonférence; on a ainsi une série de petits papiers, de 10 centimètres de longueur, ayant la forme représentée par la figure 10, B. On adapte ce papier au col du ballon, on tourne sans trop serrer et on froisse l’extrémité supérieure en une mince tige ; le ballon a alors l’aspect de la figure 1 1 .
Lorsqu’on désire faire en grand des cultures liquides,
Fig. 12.
Ballon de Fernbach.
Ballon à culture avec son capuchon de papier à filtrer.
on peut employer de grands ballons ordinaires bouchés à la
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ouate. Ou se servira du ballon de Fernbach (fig, 12), si on veut faire passer un courant d’air à la surface d’une minee couche de bouillon de culture.
Notons encore le ballon d’ Erlenmeyer (fîg. 13) et le ballon pipette de Chamberland (fîg. 14) destiné au transvasement des milieux liquides stérilisés ou aseptiques. La pipette à boule (fîg. 15) est en verre assez résistant pour tenir le vide (cultures anaérobies). Le tube Fig. 13.
ouvert possède une série de Ballon d'ERUENMEYER.
Fig. 14.
Ballon-pipette Chamberland.
Fig. la.
Pipette à boule , pour culture dans le vide.
rétrécissements successifs (A, A'), séparant plusieurs tampons
RÉCIPIENTS A CULTURES
de ouate (B, B') qu’on doit placer en construisant l’appareil; la pipette peut alors servir autant de fois qu’il y a de rétrécissements.
Des ballons ou flacons destinés à recevoir les toxines sont figurés pages 80 et 333. Voir aussi (fig. 38) la carafe à filtrer adaptée à l’appareil de Kitasato.
Fig. 16.
rr y , . Fig. 17.
1 ubes a essai, pour b
milieux solides. Boîte de Pétri.
A, tube ordinaire. — A, boîte chargée de gélatine, le couvercle étant sou-
B, tube d’Esmarch. levé. — B, coupe schématique de la boîte chargée de
1, capuchon de caoul- gélatine et munie de son couvercle, chouc. — 2, tampon de coton. — 3, gélatine.
Pour les séro-diagnostics on se sert de petits tubes de verre de 5 à 6 millimètres de diamètre et d’une longueur d’environ 6 centimètres.
B. Pour les milieux solides . — Les récipients des milieux solides sont assez simples.
Un tube à essai ordinaire bouché à la ouate (fig. 16, A) servira à contenir la gélatine, la gélose. Un tube plus large
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(fig. 16, B), de la dimension des tubes à pommes de terre, servira à enrouler la gélatine par la méthode d’Esmarch (voy. p. 158). La gélatine peut encore être distribuée dans des boîtes de Pétri (fig. 17, A, B). Une de ces boîtes se compose d’un petit cristallisoir (6 et c) de 10 centimètres de diamètre, en verre de Bohême, à bords hauts seulement de 1 centimètre et demi, et d’un couvercle de verre ( b ' et c') dont les bords, de 2 centimètres de haut, embrassent ceux du cristallisoir.
Pétri a modifié (1900) ses boîtes primitivès, suivant la forme réprésentée ci-contre (fig. 18). Les boîtes peuvent ainsi se superposer facilement, s’emboîtant les unes dans les autres. En outre, le couvercle est en verre brun pour mettre les colonies à l’abri de la lumière.
Les boîtes de Soyka en verre plus résistant et fermant hermétiquement avec un couvercle rodé, servent aux cultures à conserver pour les collections.
La boîte de Roux (fig. 19) sert pour faire des cultures largement aérées, ou pour recueillir sur gélose ou sur gélatine de
Fig. 19.
Boîte de Roux.
Dispositif pour collections.
Culture sur gélose.
RÉCIPIENTS A CULTURES
grandes quantités de corps microbiens ou encore pour obtenir de grandes colonies commodes pour l'enseignement et les col lections.
La boîte de Roux a été diversement modifiée pour faciliter l’ensemencement ou la récolte des corps microbiens (boîte de forme triangulaire).
Pour les collections, également, on utilise de petits flacons plats destinés à contenir des cultures sur milieux solides. La
Fig. 21.
Ballon à fond plat, très évasé, pour culture sur plaque de gélatine .
colonie une fois développée, on la fixe, au formol par exemple, on bouche le goulot avec de la cire d’Espagne et on introduit celui-ci dans un support en bois (fig. 20).
Le ballon, à fond plat et très évasé, représenté figure 21, sert aussi quelquefois à couler de la gélatine.
Le tube à pomme de terre (fig. 22) est un large tube à essai de 2 centimètres et demi de diamètre et de 22 centimètres de longueur environ. Il porte à son quart inférieur un étranglement (4) qui empêche le morceau de pomme de terre (3) d’aller au fond ; le liquide (5) qui sort de la pomme de terre se recueille dans la partie inférieure sans imbiber la culture.
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6° Lavage, bouchage, supports. — La préparation de tous ces appareils de verrerie nécessite d’abord un lavage qui se composera des temps suivants : 1° laver dans une solution de potasse ; 2° plonger dans un bain d’eau acidulée à 1 ou 2 p. 100 d’acide sulfurique; 3° rincer à l’eau; 4° faire égoutter ; 5° faire sécher dans l’étuve de Wiesnegg (fig. 23) ou dans la
Fig. 22.
Tube à pomme de terre.
i, capuchon de caoutchouc. — - 2, tampon de coton. — 3, cube de pomme de terre. — 4, rétrécissement. — 5,
eau rendue par la pomme de terre.
Fig. 23.
Étuve à sécher de Wiesnegg.
chambre étuve (voy. p. d 11) ; 6° boucher au coton ou au papier ; 7° stériliser au four
Pasteur (voy. p. 37).
Le tampon de ouate ne doit pas être trop serré, pour pouvoir s’enlever facilement; il ne sera pas non plus trop lâche, devant bien fermer et conserver sa forme au dehors du tube pendant la prise de la culture ou l’ensemencement du milieu. Il débordera l’extrémité supérieure du tube et sera coiffé d’un capuchon de caoutchouc ou de papier.
Les objets tout en verre, comme les boîtes de Pétri, seront