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INOCULATION PRÉALABLE DU MÊME MICROBE

l'infection, il se défend : il succombera si les assaillants sont trop nombreux, mais il triomphera de ceux-ci introduits en faible quantité. Grâce à cet effort de défense, l'immunité s'établit.

Chauveau a vacciné des moutons contre le Charbon bactéridien avec des cultures diluées. S. Arloing, Cornevin et Thomas ont fait de même pour le Charbon symptomatique. Peuch a inoculé sans danger le virus claveleux dilué. Roux et Chamberland ont constaté l’importance de la dose en inoculant des vaccins charbonneux. Charrin a vacciné contre le Pyocyanique par la même méthode, etc., etc. Actuellement, c’est un procédé courant, pour immuniser un animal, que de lui inoculer des doses infinitésimales de culture virulente, en les augmentant progressivement jusqu'à vacdination complète. On en verra un exemple à propos de la fabrication du sérum antistreptococcique (p 384). On se reportera aussi à la page 297 pour compléter les notions nécessaires sur l’influence des doses du virus inoculé.

La bovo-vaccination de Behring (page 503 consiste à injecter dans le sang des bovidés une petite quantité de bacilles -tuberculeux humains.

B. Inoculation par diverses portes d’entrée. — La même dose de culture ou d/humeur virulente peut entraîner la mort, ou simplement vacciner, suivant le point de l’organisme où on J introduit. On vaccine le bœuf contre la péripneumonie par le procédé imaginé par Willems qui consiste à introduire de la sérosité des lésions pulmonaires dans le tissu conjonctif souscutané de l'extrémité de la queue. La tuméfaction locale est négligeable, et la mort n’est pas à craindre comme dans les cas où l’inoculation se fait au tronc.

Chauveau a immunisé le bœuf contre la même maladie, sans aucune localisation, en injectant dans le sang la sérosité pulmonaire. S. Arloing, Cornevin et Thomas ont fait de même pour le charbon symptomatique du bœuf. Chauveau et S. Arloing ont vu que l'injection intraveineuse du V. septique confère à l’âne et au chien l’immunité contre les inoculations sous cutanées toujours mortelles. Galtier a donné aux herbivores l’immunité

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contre la rage, en leur injectant dans le sang des doses de virus mortelles par inoculation dans les centres nerveux. Straus a vacciné le chien contre la morve par injections intraveineuses.

L’inoculation en certains points de l’organisme, et spécialement dans le sang, peut donc conférer une immunité solide.

2° Inoculation du microbe atténué. — Les microbes pathogènes ont une activité très variable : il existe pour chacun d’eux toute une gamme de virulence depuis l'innocuité absolue (saprophytisme) jusqu’à l’effet foudroyant de doses extraordinairement minimes. Citons, par exemple, le Streptocoque de Marrnorek dont la dose mortelle varie entre plusieurs

centimètres cubes et - Qûo — de centimètre cube de culture. Nous avons vu (p. 296) comment on pouvait exalter la virulence. Ici nous devons énumérer les moyens mis à la disposition du bactériologiste pour diminuer cette virulence et préparer des vaccins, c’est à-dire des microbes capables de procurer l’immunité en causant une infection bénigne, non mortelle. C’est à Pasteur qu’est due la découverte de l’atténuation expérimentale des virus, Toussaint la confirma quelques mois plus tard. Les vaccins peuvent consister en une culture directement affaiblie ; ils peuvent être une race fixée de microbes définitivement atténués ; ces races de vaccins ont été obtenues surtout pour le charbon, par Pasteur, Chauveau, etc.

A. Affaiblissement par le vieillissement des cultures. — C'est le premier mode de variation observé (Pasteur, Choléra des poules, 1880). Le fait est général. Une culture virulente, abandonnée à elle-même, diminue progressivement en virulence et en végétabilité ; elle finit même par périr plus ou moins rapidement (suivant que le microbe se reproduit on non par spores), Cette création de l’affaiblissement par le simple vieillissement est un fait banal, contre lequel le bactériologiste doit journellement lutter, dans les laboratoires, pour conserver ses cultures virulentes; les réensemencements fréquents sont le remède. Le Pneumocoque, le Streptocoque pyogène, le Staphylocoque pyogène, etc. , s’atténuent rapidement ; d’autres microbes résistent bien au vieillissement ( Bacille tuberculeux ) et tous les microbes à spores.

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Le vieillissement est utilisé pour la préparation des vaccins pasteuriens contre le choléra des poules, le rouget.

B. Atténuation par la culture a une température dysgénésique. — Pasteur a attribué l’atténuation des cultures qui vieillissent à l’air libre aux effets de l’oxygène agissant sur des microbes peu vivaces. Parti de cette idée, il a fabriqué des vaccins charbonneux en laissant à l'air libre des cultures de Bacillus anthracis placées dans des conditions dysgénésiques (température de 42°, 5), pour affaiblir la vitalité des microbes et empêcher la formation de spores. Il n’est pas possible de modifier la virulence des cultures sporulées. Chaque variété ainsi atténuée devenait une race dont les cultures filles conservaient la même atténuation (transmission héréditaire de l’atténuation). Tel est le mode d’obtention des vaccins charbonneux pastoriens (Pasteur, Roux et Chamberland, 1881). On cultive du Bacillus anthracis à + 42°, 5 ; vers le douzième jour l’atténuation est suffisante pour que l’inoculation de la culture immunise, sans danger, le mouton et le lapin, mais elle peut tuer le jeune cobaye ; vers le trentième jour la culture ne peut plus tuer que les jeunes souris ; elle périt au bout d’un mois et demi. Les cultures filles conservent pendant longtemps le même degré de virulence. On utilise deux vaccins (dixième jour et vingtième jour environ) dans la pratique des inoculations préventives.

La théorie pasteurienne, qui attribuait au seul oxygène de l’air l’atténuation du B. anthracis , demande à être revisée.

C. Atténuation par le chauffage. — Toussaint est l’inventeur de la préparation des vaccins par le chauffage des microbes virulents. Il vaccinait contre le charbon en inoculant du sang charbonneux défibriné, chauffé pendant dix minutes à + 55° (1880). Chauveau conseilla de préparer deux vaccins en chauffant à + 50° soit pendant dix minutes, soit pendant quinze minutes. Les deux vaccins sont inoculés à quelques jours d'intervalle.

En 1883, Chauveau a préconisé le procédé suivant : culture du Bacillus anthracis à + 42°, 5 pendant vingt-quatre heures, 'puis trois heures de chauffage à + 47°.

Le chauffage d’une culture virulente, pour obtenir des

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microbes atténués, est entré dans la pratique courante des laboratoires. Le temps et la température du chauffage varient naturellement suivant les microbes ; en général une exposition de quelques minutes à -f- 50° suffit pour atténuer les microbes sans spores.

On peut aussi modifier par le chauffage les cultures ou humeurs contenant des spores. S. Arloing, Cornevin et Thomas préparent leur vaccin contre le charbon symptomatique en chauffant le produit de broyage des tumeurs.

Ces différents procédés ne créent pas des races de vaccins comme la méthode Pasteur. Chauveau est arrivé à créer des races de microbes à atténuation transmissible en opérant de la façon suivante : 4° cultiver dans du bouillon léger à -f- 4 2°, 5 pendant vingt-quatre heures (pas de spores) ; 2° chauffer trois heures à -f- 47°; 3° ensemencer en bouillon neuf et mettre à -f- 35°-37° (spores au bout de sept jours); 4° chauffer cette culture sporogène de sept jours à -f- 80° pendant une heure à une heure et demie. Les cultures filles conservent l’atténuation de la culture chauffée. On obtient deux vaccins en chauffant (4e temps) pendant une heure à -j- 84° et à + 82°.

Pour Chauveau, l’influence de l’oxygène dans son procédé est absolument nulle.

Les vaccins antipesteux, anticholérique, antityphique sont des cultures tuées par la chaleur.

D. Atténuation par la dessiccation. — Sur l’atténuation par dessiccation repose le principe des inoculations antirabiques de Pasteur. Les centres nerveux d’un rabique perdent graduellement leur virulence si on les dessèche en évitant la décomposition cadavérique. L’atténuation commence vers le troisième jour : une moelle desséchée depuis plus de sept jours est incapable de donner la rage. Les moelles sont prises aseptiquement sur des lapins succombant en neuf jours à l’inoculation du virus fixe : elles sont divisées en fragments de 2 centimètres et suspendues dans des poudriers dont le fond est garni de potasse caustique,^ placés eux-mêmes à une température fixe + 20°; à + 21°, l’atténuation est beaucoup plus rapide. C’est par l'inoculation

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successive de moelles d’abord inoffensives, puis de plus en plus virulentes, que s’obtient l’immunisation antirabique (voir Rage,

E. Atténuation par l’oxygène comprimé. — Chauveau (1884) a préparé des vaccins charbonneux en atténuant le B. anthracis au moyen de l’oxygène comprimé. Voici sa technique : 1° ensemencer un petit ballon de bouillon avec du B. anthracis sporulé ou non; 2° enfermer le ballon dans un récipient en acier, solide et bien clos, où l’air est remplacé par de l’oxygène à la pression de deux atmosphères et demie ; 3° déposer ce récipient, toujours sous pression, pendant quinze à trenté jours, dans une étuve à 35-36° ; 4° emprunter de la semence à partir du quinzième jour et ensemencer du bouillon à l’air libre. L'atténuation est transmise héréditairement. Chauveau (1889) a produit des vaccins absolument inoffensifs en soumettant à l’oxygène comprimé des bactéridies déjà atténuées.

On rapprochera de ces expériences celles de d’Arsonval qui stérilise les extraits organiques en les soumettant, sans filtration, à une pression de 50 atmosphères dans l’acide carbonique (autoclave à acide carbonique). Sabrazès et Bazin n’ont pu stériliser des bouillons par ce procédé. D’Arsonval a répondu que la stérilisation était certaine si le liquide contenait de la glycérine au point de marquer 15°. Cette question est donc complexe. Pour Charrin et d’Arsonval la pression, sans le secours d’un gaz antiseptique, n’a pas d’influence.

Khlopine (1903) a étudié l’influence des hautes pressions sur les microorganismes (2000 à 3000 atmosphères avec l’appareil de Tamann). Elle est peu accusée (17 microbes). Cependant, les alternatives de hautes et basses pressions atténuent les microbes . Il y a des bacilles très sensibles comme le V. cholérique et d’autres très résistants, comme le Colibacille. Cette atténuation se produit aussi sur les bacilles à spores comme le B. anthracis.

F. Atténuation par les rayons solaires. — S. Arloingr vu que des cultures du B. anthracis, ensoleillées pendant vingt-quatre heures (maintenues à 0° dans les intervalles des séances), sont encore vivantes et peuvent vacciner le cobaye.

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