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CHAPITRE XV

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

L’analyse bactériologique de l’eau constitue un chapitre des plus importants et qui soulève de nombreux problèmes encore mal résolus i.

| 1. — Généralités

1° Utilité de l’analyse bactériologique de l'eau. Valeur comparée de l’analyse quantitative et de l’analyse qualitative. — De tout temps, Veau potable a exigé certaines qualités sur lesquelles le chimiste seul était chargé de renseigner l'hygiéniste. Aujourd’hui, nous savons que l’eau est fréquemment contaminée par des microbes pathogènes, propageant les épidémies au sein des populations qui en font usage. Ce rôle de l’eau dans la diffusion des maladies infectieuses a été mis hors de doute, au moins pour deux affections épidémiques redoutables : la fièvre typhoïde et le choléra. D’autres maladies (dysenterie amibienne, entérites diverses, etc.) sont aussi contractées à la suite de l’absorption d'une eau polluée. L’hygiéniste demande donc aujourd’hui au bactériologiste de lui indU quer quelles sont les eaux qui doivent être déclarées non

1 Consulter, pour les renseignements complémentaires, le Manuel pratique d'analyse bactériologique des eaux de Miquel (1891), les Annuaires de l'Observatoire de Monlsouris (1885), le Précis d’analyse microbiologique des eaux, de G. Roux (1892) auquel nous avons fait de larges emprunts, et le Traité de bactériologie de Miquel et Cambier (1902).

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE l’eAU

potables , en raison de la présence de germes pathogènes. L'analyse bactériologique de l’eau est complètement entrée dans nos mœurs ; sa technique doit être étudiée avec soin.

Les microbes pathogènes étant une minorité parmi les nombreux microbes saprophytes qui peuplent la nature, il semble que Y analyse quantitative de l’eau doit être sans importance et que seule Y analyse qualitative ait son intérêt. Peu importe, en effet, que nous buvions une eau contenant des milliards de microbes, si ces derniers sont inoffensifs ; il importe au contraire beaucoup de ne pas ingérer une eau contenant des microbes pathogènes même en très petit nombre1. Tout cela est très juste en théorie, mais impossible à réaliser en pratique. L’analyse qualitative de l’eau est un but vers lequel nous devons tendre, mais qui apparaît encore bien éloigné. Pour les maladies à microbes connus comme le choléra, la fièvre typhoïde, nous verrons bientôt quelles énormes difficultés entourent leur isolement des eaux; or, il existe, en outre, une foule de maladies graves, épidémiques, dont nous connaissons mal ou dont nous ne connaissons pas du tout l’agent microbien ; l’analyse qualitative est ici non pas difficile, mais impossible. 11 faut donc se rabattre sur l’analyse quantitative et raisonner par analogie en disant : telle eau est polluée d’un nombre considérable de microbes, elle a donc plus de chances que telle autre, qui en est presque privée, de contenir actuellement, ou dans l’avenir, des germes pathogènes.

Nous devons provisoirement nous contenter de ces données approximatives, sauf dans certains cas où l’analyse qualitative est possible et que nous traiterons à part.

En raison du vague inévitable des conclusions de l’analyse quantitative, certains esprits ont voulu la rejeter complètement du domaine de l’hygiène, comme inutile et encombrante.

1 La question se complique encore plus actuellement. Il faudra, à l’avenir, rechercher dans l’eau non seulement les microbes pathogènes, mais les saprophytes adjuvants des pathogènes. Metchnikoff a montré que le Vibrion cholérique a besoin d’autres microbes adjuvants pour produire le choléra. Il en est peut-être de même de la lièvre typhoïde, etc.

UTILITÉ DE L’ANALYSE DE l’eAU

C’était aller d’un extrême à l’autre, de l’enthousiasme exagéré des premiers ans de la bactériologie au scepticisme stérilisant qui suit toutes les réactions. Il ne paraît pas douteux qu’une eau très riche en microbes ait toutes les chances d’être une eau polluée par des excréments animaux, ayant coulé pendant longtemps à la surface de la terre, chargée de matières organiques, en un mot une eau non potable. Si les nombreux microbes qu’elle renferme ne sont pas tous dangereux par euxmêmes, ils indiquent tout au moins que cette eau doit être tenue pour suspecte. En outre, nous dirons, avec G. Roux : « les analyses quantitatives apportent souvent des éclaircissements précieux et inattendus, quelles seules peuvent fournir, sur des causes de pollution entre tel point et tel autre dans le parcours d’une canalisation, ou nous mettent sur la voie d’une source d’infection qu’il était impossible sans elles de soupçonner ; elles nous renseignent encore sur les qualités ou les défectuosités d’une masse filtrante naturelle ou artificielle et présentent ainsi un intérêt de premier ordre. » Faisons donc des analyses quantitatives, tout en portant nos efforts vers l’amélioration des procédés d’analyse qualitative.

L’analyse quantitative, telle qu’on la pratique actuellement, a encore un autre défaut qu’il faut signaler en toute sincérité. Elle ne nous dit pas combien d’espèces microbiennes contient un millimètre cube d’eau, elle nous apprend le nombre des individus ; or, il est bien évident qu’une eau contenant des milliers d'individus d’une seule espèce aquatile inoffensive, est moins polluée qu’une eau contenant moins d’individus mais appartenant à un grand nombre d’espèces diverses. Nous sommes encore trop peu avancés en botanique bactérienne pour pouvoir faire ce triage des espèces ; ce serait, d’ailleurs, arriver à faire une analyse qualitative complète i. Disons-le

' Migula. (1890) a tenté plusieurs analyses d’eau, en comptant le nombre des espèces et non celui des individus. 21,75 p. 100 des eaux analysées ne contenaient que une à quatre espèces microbiennes ; 64 p. 100 contenaient quatre à dix espèces, et 14.75 p. 100 plus de dix espèces. On voit la différence de ces chiffres avec ceux que nous

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

aussi, les procédés couramment employés ne permettent pas de cultiver tous les microbes existant dans l’eau ; c’est ainsi que les méthodes d’isolement sur gélatine ne peuvent déceler une foule de microbes pathogènes ne poussant pas sur ce milieu conservé solide au-dessous de -f- 24° seulement ( Pneumocoque, B. tuberculeux, etc.). Il est rare qu’on fasse des cultures dans le vide 1 ; or nombre de microbes pathogènes très dangereux (B. du tétanos, Vibrion septique, etc.) sont anaérobies. Il est même fort probable que la richesse d’une eau en anérobies est parallèle à son degré d’impureté. Gela revient à dire que pour faire une analyse bien complète il faudrait faire des cultures sur différents milieux, à différentes températures, à l’air et dans le vide, etc., en d’autres termes, passer un temps considérable à analyser un seul échantillon. Une bonne installation, de l’argent, et beaucoup de temps (car il faut faire une série d’analyses pour une même eau — voir plus loin) sont les éléments indispensables d’une analyse d’eau bien complète.

2° Eau bactériologiquèment potable. Richesse microbienne des eaux. Origine de ces microbes. — Quel est le nombre de microbes, contenu dans une quantité d’eau donnée, qui fera déclarer par l’hygiéniste cette eau comme dangereuse ? On comprend que des chiffres ne peuvent rien avoir d’absolu, aussi les avis sont-ils très partagés. D’ailleurs, une eau ne doit être déclarée potable que lorsque l’ensemble de ses

citerons plus loin. Migula cpnsidère comme potable une eau qui a moins de dix espèces microbiennes.

1 Vincent (1905) préconise la recherche des anaérobies stricts des eaux, car les anaérobies étant très abondants dans les matières fécales, la richesse de l’eau en anaérobies indiquerait sa pollution. (Cultures en tubes de Vignal chargés de gélatine glycosée à 1 p. 100 et additionnée de sulfîndigotate de soude ; 1/20® à 1/50® de centimètre cube pour 10 centimètres cubes de gélatine.) Les eaux contaminées contiendraient 5 à 50 (22 p. 100 à 50) anaérobies par centimètre cube. Guillermard (1906) fait du rapport aérobie-anaérobie des microbes des eaux le critérium de leur contage.

EAU BACTÉRIOLOGIQUEMENT POTABLE 391

propriétés chimiques, de sa flore macroscopique et microscopique cadre avec les lois de l’hygiène. L’analyse bactériologique quantitative prononcera rarement seule.

11 est bon, avant de citer des chiffres, de jeter un coup d’œil sur le cycle des mouvements de l’eau à la surface du globe, et de nous demander où elle se purifie et comment elle se pollue.

L’eau est constamment puisée à la surface de la terre et se rend dans l’atmosphère à l’état de vapeur d’eau ; cette vapeur d’eau retombe en pluie, qui coule à la surface ou filtre à travers les couches superficielles, pour aller former la nappe souterraine d’où partent les sources des rivières et des fleuves, allant aux lacs, à la mer, et ainsi de suite. Or, la richesse microbienne de l’eau varie considérablement suivant les points de ce circuit où on l’examine.

A un certain moment, l’eau est complètement privée de germes vivants ; c’est l’eau de la nappe souterraine et des sources vraies, lorsque des fissures parties du sol ne permettent pas la pénétration des souillures de la surface (ce qui est malheureusement le cas le plus fréquent pour les grandes sources). Pasteur et Joubert 1 l’ont prouvé il y a déjà longtemps. A mesure que l’eau court à la surface de la terre, elle enrichit sa flore microbienne et, finalement, l’eau de la mer contient un très grand nombre de bactéries. Gomment cette eau se purifie-t-elle ? Et d’abord, l’évaporation de l’eau de la mer entraîne-t-elle des germes ? Miquel et Moreau 2 ont fait, en pleine mer, une grande quantité d’analyses d’air marin, et n'ont trouvé en moyenne qu’un microbe par mètre cube, à plus de 100 kilomètres des côtes. Miquel formule ainsi sa conclusion : en temps normal, les océans ne cèdent pas à l’air les bactéries qu’ils renfennent ; cependant quand la mer est grosse et houleuse, l’air marin se charge de bactéries, mais dans une très faible proportion. Miquel avait, d’ailleurs, démontré que la vapeur d’eau qui s’échappe d’une infusion putride est complè-

1 Pasteur et Joubert, Ac. des sciences, 1878.

* Miquel et Moreau, Annuaire de V Observatoire de Montsouris ,

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tement privée de germes. En somme, l'eau est une première fois aseptique en s’élevant dans l'atmosphère ; chemin faisant elle se charge de quelques germes, mais les nuages sont encore très pauvres en microbes (de Freudenreich). Dès que la vapeur d’eau se transforme en pluie, l’eati s’enrichit en tombant, d’une grande quantité de germes de l'atmosphère. L’eau de pluie arrive à la surface du sol avec plus de 4 000 microbes par litre, d’après Miquel. 11 va sans dire que ces chiffres varient beaucoup suivant les mois de l'année, suivant que l’eau a été analysée au début ou à la fin d’un orage, etc. ; mais la pluie est une source certaine de contamination des eaux potables.

L’eau tombe donc contaminée sur le sol, dont la surface est elle-même très riche en microbes. (Maggiora a trouvé jusqu’à 78 000 000 germes par gramme de boue des rues de Turin.) Une partie ne quittera pas cette surface et coulera en se contaminant de plus en plus jusqu’à la mer ; toutes les souillures animales sont finalement entraînées par les eaux. Une autre partie filtrera à travers le sol pour aller former la nappe souterraine. Cette eau peut abandonner successivement tous les germes qu’elle contient, et les ensemencements faits avec de la terre, puisée à o mètres de la surface, peuventrester complètement stériles. C’est brusquement, à la profondeur de lm,25 environ, que se fait cette purification, d’après C. Frænkel. Il va sans dire que toute fissure peut entraîner des germes assez profondément. C’est ce que Thoinot a vu pour les sources du Havre qui n’étaient pas pures après une filtration de 48 mètres dans un terrain calcaire. C’est ce qui a été constaté pour les eaux de source amenées, à grands frais, à Paris. La disparition des germes tient à deux causes : 1° la filtration à travers les pores des couches superficielles; 2° le manque d’oxygène. C. Frænkel a vu que le B. anthracis ne peut plus végéter à 3 mètres de profondeur, tandis que le V. Cholérique pousse à ce même niveau pendant les mois d’août, septembre, octobre. Pour Grancher et Deschamps, le B. typhique peut pénétrer à 40 ou 50 centimètres dans l’intérieur du sol, et y vivre pendant cinq mois et demi. Il va sans dire que les anaérobies

EAU BACTÉRIOLOGIQUEMENT POTABLE

sont au contraire favorisés par le manque d’oxygène, mais nous n’avons pas de données positives sur la profondeur à laquelle on les retrouve. Quoi qu’il en soit, la nappe souterraine peut être absolument pure ; pour la seconde fois, l’eau du circuit est aseptique. C’est pour cela qu’il existe des sources (rares, il est vrai) microbiologiquement pures.

Quant au nombre de microbes contenus dans les eaux courantes, il varie dans de grandes proportions. Citons quelques chiffres. Chauveau, Arloing, J. Courmont, G. Roux ont vu que le Rhône en amont de Lyon contient 75 000 microbes par litre environ ; la Saône en contient 586 000 en amont de Lyon et 4 280 000 à son embouchure dans le Rhône (G! Roux) . La Seine contient de 31 060 000 à 200000 000 de microbes par litre, suivant les points où on la puise (Miquel). Le Rhône est un des fleuves les plus pauvres en microbes. Les chiffres seraient plus élevés si on analysait certains lacs, la mer près des ports, etc.

L’eau se contamine donc deux fois et se purifie deux fois pendant son courant circulaire; elle se contamine par l’air et surtout par le sol ; elle se purifie par l’évaporation et la filtration à travers le sol. Ces deux moyens de purification sont employés artificiellement : distillation, établissement de couches filtrantes pour l’approvisionnement des villes en eau potable.

Il est temps de revenir à nos premières questions et de nous demander quelle est la limite de la richesse en germes de l’eau pour être déclarée potable, puisqu’on ne peut pas faire usage uniquement d’eau de source pure à la surface du globe.

Miquel a dressé l’échelle approximative suivante :

Eau excessivement pure . . .

— très pure . . .

— pure

— médiocre .

— impure .

— très impure

Microbes par cent. cube.

100 000 et au delà.

D’une façon générale, on déclare potable (sauf contre-indica-

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

tions données par l’analyse qualitative) une eau qui ne contient pas plus de 500 germes par centimètre cube , soit 500 000 par litre.

Or, voici les chiffres des analyses de l’eau du Rhône consommée à Lyon (G. Roux) :

Microbes par cent, cube

Rhône en amont 75

Bassin filtrant n° 1 7

Réservoir du bas service 18

Réservoir du service supérieur 26

Eau du robinet d’alimentation 60

L’eau est très bien filtrée par une couche de terre, mais se contamine successivement dans les conduites ; elle est, en tout cas, parmi les eaux très pures de Miquel, et combien différente, après sa filtration artificielle très grossière, de la plupart des eaux de sources.

Lorsqu’on veut tirer des conclusions d’une analyse d’eau, il faut tenir compte de plusieurs facteurs. La teneur d’une rivière en germes peut varier considérablement suivant que les eaux sont grosses ou basses. L’eau de la Marne varie de 50 à 14 000 germes par centimètre cube, suivant les mois de l’année (Miquel). Ces différences ne sont pas en relation avec la température, puisque c’est en hiver et en automne que les rivières sont les plus microbiennes. Pour se faire une conviction sur une eau, il faudra donc faire une série d'analyses dans différentes conditions (en période de sécheresse et en période de pluies), et ne se prononcer qu’après.

3° Puisage et transport des eaux à analyser. — Pour

faire l’analyse quantitative d’une eau dont les chiffres expriment le nombre réel des germes existant dans cette eau, il importe de faire l'analyse sur place, immédiatement après le puisage, toutes les fois que cela est possible, ou de transporter l’échantillon d’eau avec certaines précautions. Il est surabondamment démontré aujourd'hui que le nombre des microbes d’une eau augmente considérablement entre le moment de puisage et celui de l’analyse, si elle n’est pas maintenue à une température suffisamment basse pour empêcher le développement microbien. Il faut donc impitoyablement refuser de faire

PUISAGE ET TRANSPORT DES EAUX A ANALYSER

l’analyse d'une bouteille d’eau qui a voyagé à la température ordinaire ; non seulement le nombre obtenu serait lui-même exagéré 1, mais telle espèce se développerait d’une façon exagérée et étoufferait les autres. Il va sans dire aussi que l’eau doit être recueillie aseptiquement.

Toutes ces considérations théoriques amènent à formuler les principes suivants :

1° Recueillir l’eau dans des récipients clos, préalablement lavés et stérilisés (voir ch. n) ;

2° Flamber le bouchon avant de fermer le récipient, ou sceller ce dernier (pipettes) à la lampe ;

3° Puiser l’eau loin des bords ou du fond, pour ne pas la rendre boueuse (sauf indications spéciales) ;

4° Mettre le récipient dans un appareil glacière à 0° et l’envoyer le plus rapidement possible au laboratoire ; ou, de préférence, faire l'analyse sur place.

5° Recueillir une assez grande quantité d’eau (un litre) quand on veut faire l’analyse qualitative (voir la recherche du B. d'Eberth, p. 417).

Appliquons ces principes aux différents cas qui pourront se présenter :

A. Puisage. — Les méthodes de puisage différeront suivant la situation de l’eau à analyser.

a. Eau stagnante ou courante. — 1° Puisage superficiel. — Il s’agit de prendre un échantillon d’eau à la surface d’une rivière, d’un lac, etc. ; c’est le cas le plus ordinaire.

Tous les récipients sont bons. Miquel conseille des flacons de 200 centimètres cubes, stérilisés avec un tampon de ouate, et bouchés ensuite avec un bouchon de liège légèrement carbonisé à la flamme. Hueppe se sert des flacons bouchés à l’émeri. Fol Dunant, Chauveau et S. Arloing puisent directement avec la pipette

1 Miquel a fait des numérations probantes. En trois heures, l’eau de la Dhuis, conservée dans un récipient à la température ambiante de -f- 13°, contenait 456 microbes par centimètre cube au lieu de 57, chiffre initial. En trois jours, à -f 20°, l’eau de la Vanne passait de 48 à 590 000 microbes par centimètre cube.

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Fig. 173.

Pipette pour le puisage de l’eau à analyser.

A, pipette après la stérilisation. — B, pipette tenant le vide.

que nous décrirons plus tard. Lustig se sert de flacons d'ERLENMEYER. Miquel avait préconisé,, au début de ses recherches, des ballons effilés en pointe et scellés à la lampe pendant qu'on les chauffe à -{- 200° ou -f- 300° ; le vide était ainsi fait dans ces récipients. Il a abandonné ce système comme trop fragile. La plupart des bactériologistes (Pflügge, Rietsch, Pfulhl, G. Roux, etc.) sont revenus à ce procédé en remplaçant le ballon par une simple pipette, comme Chauveau et S. Arloing l’avaient fait depuis longtemps. 11 faut conseiller l’appareil le plus simple. On fait une pipette avec un tube de verre, comme il a été dit page 20, en ayant soin de pratiquer un étranglement ( a ) (fig. 173, A) au-dessus du tampon de ouate, et on fait stériliser au four Pasteur. Prenant alors la pipette dans une pince en bois, on la porte successivement dans toute sa longueur dans la flamme d’un bec Bunsen ; lorsque l’air contenu dans la pipette est très raréfié par réchauffement, on scelle rapidement en (a) pour avoir la figure 173, B. Le vide est suffisant. Tous ces appareils doivent être enveloppés d’une feuille de papier à filtrer ou d’une couche de ouate stérilisée, jusqu’au moment de s’en servir.

Pour puiser l’eau avec un ballon bouché au liège, on enlève le bouchon qu'on tient de la main gauche, pendant qu’on plonge le ballon dans l’eau pour le remplir, sans frôler les bords de . la berge. On rebouche après avoir

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flambé le liège et le goulot. Si le ballon est bouché à l’émeri, on peut déboucher et reboucher sous l’eau. Avec le ballon à pointe effilée de Miquel (fig. 174) ou une pipette quelconque où le vide est effectué, on introduit la pointe effilée à une certaine profondeur dans l’eau, et on va en casser l’extrémité avec une pince flambée. L’eau se précipite dans le ballon ou la pipette sans toutefois les remplir, le vide étant toujours imparfait. Lorsque l’eau cesse de monter, on retire la pointe et on la scelle de suite dans la flamme d’une lampe à alcool. Une pince est donc nécessaire pour ce système. Si on voulait puiser de l’eau dans des pipettes ordinaires, il suffirait de briser la pointe, de la flamber et de la plonger dans l’eau, pendant qu’on aspirerait par l’autre bout avec un tube de caoutchouc.

En résumé, tous les procédés sont bons pourvu qu’ils soient aseptiques. Nous recommandons la pipette avec le vide partiel.

2° Puisage profond. — On peut vouloir analyser les différentes couches d’,une masse d’eau ou puiser l’eau d’un puits privé de pompe.

Un simple flacon bouché à l’émeri, stérilisé, auquel sera attaché une grosse pierre ficelle est fixée au goulot, une autre au bouchon. On fait descendre le flacon bouché a la profondeur voulue, on tire alors le bouchon et on retire lorsque le flacon est plein. On fera bien de flamber les couches externes du flacon et la pierre pour ne pas contaminer l'eau profonde à analyser. On ne se servira pas, pour l’analyse, de l'eau contenue dans le goulot du flacon, laquelle a été intimement en contact avec l’eau des couches superficielles pendant qu’on a retiré le flacon.

Miquel a imaginé un ingénieux appareil pour le puisage profond. Un matras d’essayeur de 50 centimètres cubes environ se termine par une pointe effilée, recourbée en U ; il est main-

Fig. 174.

Ballon de Miquel pour le puisage des eaux.

peut suffire. Une

ANALYSE' BACTÉRIOLOGIQUE DE l’eAU

tenu dans une armature métallique. Un poids de deux ou trois kilogrammes, leste l’appareil qui est suspendu à une corde résistante graduée au moyen d’anneaux et de nœuds. Le long de la corde, glisse, dans les anneaux, un fil de cuivre terminé par une bague qui embrasse le col en U du matras.

Un vide préalable partiel a été fait dans ce dernier après sa stérilisation. Lorsqu’il est descendu à la profondeur voulue, on tire brusquement sur le fil de cuivre qui brise le col en verre, et l’eau se précipite dans le matras.

G. Roux a fait construire un appareil plus commode qui peut puiser un litre d’eau à de grandes profondeurs. 11 se compose (fig. 175) d’une bouteille ordinaire d’un litre (A), qui est enfermée dans une enveloppe en cuivre (B).

Celle-ci se compose d’un fond (c), contenant 3 kilogrammes de plomb, d’une partie grillagée (d), d'un couvercle (e), qu’on place une fois la bouteille introduite. Une corde solide (h) supporte l’appareil par la manette. Une cordelette ( g ), munie d’un petit crochet qui pince le bouchon en liège et la bouteille, sert à déboucher la bouteille à la profondeur voulue qui est comptée sur les nœuds (de 10 en 10 mètres) de

Fig. 175.

Appareil de G. Roux.

pour le puisage profond.

la grosse corde.

b. Eau des fontaines , des robinets.

On fait couler directement l’eau dans un récipient quelconque stérilisé. Si l’écoulement est intermittent (robinets), il est de toute nécessité de faire couler pendant cinq à dix minutes avant de recueillir l’échantillon, pour ne pas analyser une eau stagnante très riche en dépôts et en microbes.

PUISAGE ET TRANSPORT DES EAUX A ANALYSER

c. Eaux météoriques : pluie, grêle, neige. Miquel a constrait un udomètre pour recueillir l’eau de pluie ou la neige (fig. 176). Un poteau de bois (P), planté verticalement en terre supporte une tige de fer horizontale (T), laquelle maintient un entonnoir métallique (cuivre nickelé ou argenté) flambé au moment de l’installation (E). Au-dessous de. cet entonnoir est un creuset en platine (P ) porté préalablement au rouge. On peut retirer et mettre le creuset sans toucher le reste de l’appareil, et analyser ainsi la pluie à différents moments de l'averse.

Fig. 176.

Udomèlre de Miquel.

Un petit couvercle en platine (G), stérilisé par le chauffage, sert à préserver le creuset des poussières pendant le transport. L’appareil doit être situé au moins à 2 mètres du sol pour éviter l’eau boueuse qui rejaillirait de terre.

Si des éclaircies séparent des ondées, il faut stériliser à nouveau l’entonnoir qui pourrait s’être contaminé de poussières. Si la température ambiante est trop chaude, on peut imaginer un appareil avec un manchon réfrigérant ou refroidir avec le chlorure de méthyle ou l’acide carbonique liquide.

G. Roux recommande de se servir simplement d’un large tube à essai, stérilisé, bouché à la ouate. A travers le tampon passe l’extrémité effilée d’un petit entonnoir flambé destiné à recevoir la pluie ou la neige.

Il faut toujours noter la température de l’eau au moment de la prise, son état de limpidité ou de trouble, la hauteur de

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l’étiage, etc., etc. Tout récipient sera muni d’une étiquette explicative.

B . Transport . — Lorsque l’ensemencement peut être pratiqué sur place, le transport des récipients contenant l’eau à analyser doit se faire à 0°. Une température de quelques degrés au-dessus suffit à la pullulation des microbes. Malgré le maintien à 0°, le transport doit se faire aussi rapidement que possible, car Miquel a montré que certains individus périssaient en grand nombre à cette température, tandis que d’autres espèces ( bacille rouge , par exemple) pouvaient se multiplier. Nous savons bien aujourd’hui que le B. d’Eberth ne vit pas longtemps dans l'eau bien pure. Ivarlinski 1 a montré que de l’eau stérilisée ou de citerne, ensemencée avec du B. d'Eberth, du Vibrion cholérique et du B. anthracis, ne contient plus aucun de ces microbes au bout de trois à cinq jours. Par contre, le Staphylocoque pyogène peut vivre plusieurs mois dans de l’eau stérilisée (J. Courmont). Mais ce sont surtout les microbes aquatiles ordinaires qui prennent le dessus et se multiplient avecunegranderapidité. Karlinski verse, dans une citerne propre, 3 hectolitres d’eau de puits relativement pauvre en microbes. Tous les quatre jours, on verse dans la citerne 150 centimètres cubes de selles typhiques. Au bout de douze jours, les B. d'Eberth ont disparu, et les bactéries banales ont pullulé. Si l’eau avait été privée de matières organiques, la disparition se serait faite plus rapidement. En somme, à côté de la pullulation, il faut tenir compte de la disparition de certaines espèces même à 0°, et se hâter de faire les ensemencements.

Le transport à petite distance se fait en maintenant le récipient dans un seau à glace quelconque. On peut imaginer une foule de dispositifs.

Le transport à de grandes distances nécessite des appareils spéciaux.

Voici la glacière préconisée par Miquel (fig. 177). Le flacon (A), contenant l’eau, est cacheté à la cire d’Espagne, enveloppé de

Karlinski, Archiv. fur Hygiene, 1889 et 1800.

PUISAGE ET TRANSPORT DES EAUX A ANALYSER

papier et introduit à frottement dans une boîte métallique cylindrique (B) où il ne doit pas ballotter. Cette première boîte est placée dans une seconde (C) plus large de quelques centimètres et garnie de sciure de bois. Une troisième boîte métallique (D) beaucoup plus vaste est remplie de glace concassée en gros morceaux. Le tout est placé dans une caisse de bois, (E) à charnières et à poignée, remplie de sciure de bois, qu’on peut mettre au chemin de fer.

Fig. 177.

Glacière de Miquel pour le transport des eaux à analyser.

On peut simplifier cet appareil en ne se servant que d’une seule enveloppe métallique et d’une caisse en bois.

Rietsch a fait construire une boîte pouvant contenir de longs tubes effilés. Elle est en zinc, de forme rectangulaire et divisée en deux compartiments par une lame de zinc horizontale percée de petits trous. Le compartiment inférieur très bas est destiné à recevoir l’eau de fusion de la glace qui s’échappe par un orifice latéral. Le compartiment supérieur est divisé en trois par deux cloisons verticales en zinc ; les deux parties latérales sont remplies de glace tandis que le rectangle médian reçoit à frottements une boîte de zinc «contenant les tubes de

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

verre. Cette boîte est percée inférieurement de trous pouvant laisser passer les tubes de verre et donnant insertion à des petits cylindres creux en zinc destinés à recevoir les tubes. 11 y a un couvercle en zinc. Le tout est recouvert de quatre couches alternatives de papier et de drap. Une courroie sert à porter l’ensemble.

Fig. 178.

Éluve glacière de Miquel.

On peut imaginer une foule d’appareils réfrigérants. (Pfühl, G. Roux, etc., etc.).

11 est bon, ainsi que le dit justement Miquel, d’avertir le directeur de l’octroi de la gare où arrivera la caisse pour éviter son ouverture par les préposés de l’administration.

Le salage à 8-10 p. 100 permet de maintenir à peu près fixe pendant 5 jours le nombre des germes contenus dans une eau (P. Remlinoer). Le salage peut apporter des modifications h la flore originelle.

PUISAGE ET TRANSPORT DES EAUX A ANALYSER

Au laboratoire, on peut vouloir conserver à 0° une partie de l’eau recueillie pour faire plusieurs analyses successives. On se servira d’une glacière quelconque. Miquel a fait construire une étuve glacière représentée figure 178. La boîte intérieure (E) est destinée à recevoir les échantillons d’eau ; elle communique avec l’extérieur par un couloir muni de deux portes (P' et P). La boîte réfrigérante (E) repose sur un fond (G) percé de trous pour laisser échapper l’eau de fusion par le tube (T) ; elle sera remplie déglacé. Le couvercle (C) est à double paroi remplie de sciure de bois. L’extérieur est garni de feutre. Un thermomètre (t) pénètre dans (E'). La pomme d’arrosoir (S) sert à régler l’étuve au-dessus de 0°, à + 20° par exemple. On ne met pas de glace ; on fait simplement tomber un courant d’eau plus ou moins froide par RS.

On se reportera au chapitre iv (p. 129) pour l’étude des étuves et régulateurs destinés aux températures basses.

C. Nécessaires d’analyse bactériologique de l’eau. — Disons un mot ici des nécessaires pour aller ensemencer sur place. Ce sont des appareils destinés à faciliter le transport des instruments, tubes, etc., avant l’ensemencement, et leur retour au laboratoire après la mise en cultures de l’eau. Ils varieront naturellement beaucoup suivant la méthode employée.

Le nécessaire de Miquel est une boîte dans laquelle est aménagé un tiroir à quinze compartiments destinés à recevoir autant de ballons coniques, à base large de 5 centimètres de diamètre,, pour culture sur gélatine étalée. Au-dessus du tiroir est une plaque métallique en laiton qui se tire et sur lesquels seront placés les ballons de gélatine à liquéfier au moyen d’une lampe à alcool installée au-dessous. L’étage supérieur est divisé en compartiments renfermant : deux vases à dilution de 500 centimètres cubes, deux de 50 centimètres cubes, deux de 10 centimètres cubes contenant de l’eau stérilisée ; une lampe à alcool. Un râtelier situé contre la paroi postérieure maintient des tubes à essai renfermant les pipettes graduées et stérilisées. Quelques flacons, quelques plaques, une pipette

ANALYSE BACTERIOLOGIQUE DE L EAU

à boule, pour emporter un échantillon d’eau, en complètent l’outillage.

Le nécessaire de G. Roux est une boîte à double paroi, circonscrivant un espace vide destiné à recevoir des fragments de glace concassée ; un robinet placé à la partie supérieure d'une des faces de la boîte permet de vider l’eau de fusion ; l’extérieur est recouvert de feutre. Dans ce grand espace vide central s’engage un panier en fil de laiton pouvant être complètement enlevé, comme celui de l’autoclave, et-divisé, par des cloisons transversales, également en laiton, en six étages superposés. Les quatre étages inférieurs sont agencés, grâce à une série d’encoches en forme de croissants qui limitent les deux bords libres, de façon à recevoir, couchés sur un plan horizontal, des tubes à essai contenant 2 ou 3 centimètres cubes seulement de gélatine stérilisée, lesquels sont maintenus bien en place et sans ballottement possible par des bandes de caoutchouc adaptées aux deux extrémités de chacun des bords de la cloison horizontale.

Quant aux deux étages supérieurs, ils sont constitués par des cylindres métalliques placés de champ, dans lesquels seront introduits et solidement fixés les tubes-pipettes à extrémité effilée. Une place est réservée au thermomètre Des annexes latérales renferment des tubes à essai, contenant des quantités strictement déterminées d’eau stérilisée et des pipettes jaugées et stérilisées.

Le couvercle est fortement bombé et creux; dans sa cavité se trouvent : une lampe à alcool munie d’un chalumeau et d’un petit insufflateur en caoutchouc, une petite capsule -en métal, un trépied pliant, des pinces, des ciseaux, des étiquettes et quelques feuilles de papier à filtrer. Les annexes ont des couvercles spéciaux. Une anse permet de porter la caisse sans difficulté.

4° Unité des méthodes d analyse. — Il serait bien à désirer que les différents laboratoires de bactériologie se missent d’accord pour unifier les méthodes d’analyse : milieux, ensemencements, température de l’étuve, nombre de jours après lequel se fait la

ANALYSE QUANTITATIVE DE l’eAU

numération, etc. Sans cela, les analyses ne sont pas compa râbles.

Nous supposons qu’on veuille savoir le nombre des éléments microbiens contenus dans une eau, analysée sur place ou transportée rapidement et à 0° au laboratoire, comme cidessus.

1° Examen direct. — Nous ne signalerons que pour mémoire l’examen direct de l’eau au microscope. Depuis l’invention du microscope on a regardé, à l’aide de ce dernier, la flore et la faune d’une goutte d’eau; nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’on ne voit ainsi que la grande minorité dés microbes, et qu’il est impossible de les compter, surtout par rapport au volume d’eau employé. 11 en est de même si on examine le dépôt formé. Harral en 1850, Cohn en 1866, Hirt en 1879, Macdonald, en 1883, et même Tiemann et Gærtner, en 1889, ont préconisé de semblables procédés.

2° Examen après évaporation. — Koch avait légèrement perfectionné la méthode en examinant les microbes après évaporation de l’eau et coloration du résidu. La goutte d’eau était évaporée sur la lame chauffée à la flamme d’une lampe à alcool. Koch colorait au bleu de méthylène.

3° Examen après fixation. — Certes, en 1880 et 1882, a fixé les microbes d’une goutte d’eau au moyen de l 'acide osmique. Dix ou douze gouttes d’une solution d’acide osmique à 1 p. 100 sont introduites dans une petite éprouvette stérilisée ; on verse ensuite lentement 30 à 40 centimètres cubes de l’eau à analyser en agitant de temps en temps. Au bout de quelques minutes, on ajoute de l’eau distillée pour atténuer l’action de l’acide osmique, et on laisse déposer. On décante au bout de vingt-

— Analyse quantitative

A) — Examen microscopique

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L’EAU

quatre heures, et on examine le dépôt, après coloration avec une couleur d’aniline. Nous dirons, avec G. Roux, que cette méthode est excellente pour l’examen des infusoires, et enfantine pour l’analyse bactériologique de l’eau.

En somme, l’examen microscopique ne peut rendre aucun service pour le but que nous nous proposons .

B) — Analyses par cultures en milieux liquides

La méthode d’analyse par cultures liquides date des mémorables expériences de Pasteur et Joubert, en 1878. Miquel, Chauveau et S. Arloing ont perfectionné les détails.

Les différents procédés se partagent en deux groupes.

A. Dans un premier groupe, l’eau est puisée directement dans la pipette qui servira à la répartir dans les ballons de bouillon ;

il faut alors que la pipette soit très effilée pour donner des 1 1

gouttes très fines, - à — - de centimètre cube (Chauveau et

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S. Arloing). C’est un procédé de choix, à condition toutefois que l’eau 41e soit pas trop impure, car on ne peut obtenir des gouttes inférieures à un certain volume .

B. Le second groupe comprend tous les procédés où on fait une dilution préalable de l'eau stérilisée, pour qu’une goutte, de grosseur moyenne, ne contienne que très peu d’eau microbienne. Ce sont les procédés de Miquel, de Fol et Dunant. En principe, il faut arriver à ce que chaque ballon ne soit ensemencé qu’avec un seul microbe ; si donc l’eau est peu riche, il suffit de la fractionner en gouttes très fines ; si l’eau est très impure, il faut la diluer. Lorqu’on peut éviter la dilution, le procédé de Chauveau et S. Arloing est incontestablement le meilleur.

C. Pour choisir un des procédés précédents et pour savoir (au cas où on s'adresserait au second groupe) quelle dilution il faut employer, il est indispensable de procéder à une analyse préalable sommaire, indiquant la richesse microbienne approximative de l’eau. Cette analyse préalable sera aussi utile pour les méthodes sur milieux solides.

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