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ANALYSE QUANTITATIVE DE L’EAU

Miquel pratique cette analyse préalable de la façon suivante. On ensemence des ballons de bouillon, les uns avec une goutte de l’eau suspecte, d’autres avec une goutte de l’eau diluée au 100e, d’autres avec une goutte de l’eau au 1000e, d’autres enfin avec une goutte de l’eau diluée au 1 000 000°, ou même plus. On met les ballons à l’étuve et on les examine au bout de vingtquatre heures. On choisira la dilution correspondant à celle dont les ballons sont restés clairs en majorité. Si, par exemple, tous les ballons ensemencés avec une goutte de la dilution à 1/100® sont troubles, et que 8 sur 10 des ballons ensemencés avec une goutte de la dilution à l/1000e soient restés clairs, on choisira la dilution à 1 /1000e. Si un dixième seulement des ballons ensemencés avec l’eau pure est trouble, on se passe de dilution et on choisira le procédé de Chauveau et S. Arloing.

Il va sans dire que le procédé de Chauveau et S. Arloing s’applique surtout aux analyses où on peut aller faire soi-même le puisage, en raison de la délicatesse des pipettes ; on peut néanmoins l’employer en puisant dans l’échantillon envoyé au laboratoire.

G. Bouxfait des dilutions variant de 1 /10e à 1 /1000e, et ensemence 1 centimètre cube des dilutions dans deux ou trois tubes de gélatine liquéfiée et étalée sur une portion de la paroi du tube maintenu horizontal. Au bout de trois ou quatre jours, on compte les colonies. Le gros inconvénient est de nécessiter une attente de quatre jours lorsque le même échantillon (maintenu naturellement à la glacière) doit servir à l’analyse définitive.

Il faudra toujours, autant que possible, faire un nouveau puisage pour l’analyse ultérieure.

1° Procédé de Chauveau et S. Arloing. — Son grand avantage est d’éviter toute cause de contamination ; l’eau est directement puisée dans une pipette stérilisée, et n’en sort que pour tomber dans les ballons de bouillon, fractionnée en gouttes très fines.

2° Procédé de Miquel. — Dès 1879, Miquel a préconisé la « méthode du fractionnement dans le bouillon » basée sur la

ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE l’eAU

dilution de l’eau à analyser dans un volume connu d’eau stérilisée, pour n’arriver à ensemencer qu’un seul microbe en faisant tomber une grosse goutte du mélange dans chaque ballon de bouillon.

C’est surtout pour cette méthode que les modes de puisage, de transport, etc. , décrits plus hauts sont utiles.

Miquel voudrait que les analyses d’eau soient faites par tous les bactériologistes dans un bouillon invariable, et il propose le suivant :

Peptone Chapoteaut : 20 grammes.

Sel marin 5 —

Cendres de bois 0sr,10.

Eau ordinaire 1 000 grammes.

La dilution de l’eau se fait dans des matras Pasteur à fond plat d’une capacité variant de 30 centimètres cubes à 2 litres, qui sont à moitié remplis d’un volume connu d’eau distillée. On ajoute le volume nécessaire de l’eau à analyser et on agite vivement. On prélève le mélange avec des pipettes jaugées et stérilisées (fig. 179) donnant à peu près 24 gouttes au gramme.

La distribution se fait dans 36 ballons de bouillon, à la dose de 1 goutte dans 18 ballons et 2 gouttes dans les 18 autres. On ensemence de même 36 ballons avec les mêmes doses d’une dilution deux fois plus forte. Les 72 ballons sont mis à l’étuve à -f- 35 0 fendant quinze jours.

On compte alors les ballons troubles et on fait la numération. Pour que

essah l’analyse soit bonne, c’est-à-dire

pour que, selon toutes les probabilités, la goutte ensemencée n’ait contenu qu’un seul microbe, il ne faut pas , d’ après Miquel, plus de 30 ballons troubles

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Fig. 179.

Pipettes jaugées et stérilisées dans des tubes à

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