‹ Précis de microscopieChapitre 103 sur 381 · CHAPITRE IX CHOIX D UN FIXATEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX CHOIX D UN FIXATEUR

Je m'efforcerai, dans ce chapilre, de guider le choix du débulant. Le travailleur exercé counaîl les fixa leurs qui conviennent le mieux à chaque cas, mais le débutant est toujours désorienté au milieu de ces multiples formules. Bien que j'en aie réduit considérablement le nombre, j'ai été obligé de mentionner certains mélanges célèbres, dont Temploi est conseillé dans beaucoup d'ouvrages et qui doivent (igurer dans un précis de technique.

Aucun de ces mélanij^es ne fixe éi^alement bien toutes sortes d'objets. Le liquide de Bouin lui-même, qui est pourtant le type du fixateur universel, ne convient guère pour l'histologie végétale et fixe assez mal le rein et le testicule des Mammifères. Le choix du fixateur dépendra donc de la nature de l'objet et du but qu'on se propose.

Le débutant, qui veut se familiariser avec la méthode des coupes et étudier topographiquement toutes sortes d'organes, devra se servir uniquement du mélange de Bouin. Par ce moyen, il sera sûr de n'avoir aucun insuccès et d'obtenir des pièces toujours suffisamment fixées pour y retrouver les détails histologiques essentiels.

En cas à\irrjence ou en voyage, si on n'a pas de liquide fixateur sous la main, il faut employer le formol à 5 p. 100, dans lequel on peut laisser indéfiniment les pièces, mais jamais l'alcool. En effet, le formol donne toujours des résultats utilisables tandis que l'alcool, s'il n'est pas em])loyé en grande quantité, macère les tissus et rend toute étude histologique impossible ^

1. C'est tout le contraire s'il s'agit de la conservation morpholofji^jue pour l'étude systémalique. Nous verrons plus loin (p. 152) qu'il faut alors rejeter absolument le formol et n'employer que l'alcool.

288 MKTHODES GENERALES

Lorsqu'on esl un peu familiarisé avec la mélliode des coupes, on peut employer tous les fixateurs en les adaptant aux divers genres de tissus et de recherches. Nous pouvons diviser ces recherches en trois groupes.

1. Travaux d'histologie générale, (pion peut encore nommer travaux topographiques. On employera le mélange de Tellyesniczky (p. 282), le sublimé acétique (p. 283), le mélange de Zenker (p. 284), les mManges au sublimé-formol-acide picrique (p. 285) et surtout le mélange de Houin (p. 284).

2. Travaux cytologiques. — 11 faut distinguer ici les tissus parenchymateux ou facilement pénétrables (glandes, testicules, etc.) et les matériaux difficiles à fixer, tels que certains œufs [Ascaris).

Dans le premier cas, on peut employer les mélanges osmiés, appliqués à de très petites pièces (mélange de Flemming, p. 280) ou les fixateurs à base d'acide picrique (picroformol deBouin,p.284, ou mélanges au picroformol-sublimé, p. 285). Ce sont ces deux catégories de fixateurs qui se prêtent le mieux à l'emploi des colorations dites cytologiques (trichromique de Cajal, méthode de Prenant, hémaloxyline ferrique).

Dans le second cas, il faut avoir recours à des fixateurs excessivement puissants et doués d'un grand ])ouvoir de pénétration. C'est alors qu'on utilisera les mélanges de Gilson (p. 284) et de Carnoy (p. 284, note 1).

3. Recherches microchimiques. — Dans cet ordre de travaux, ainsi que dans l'analyse chromatique proprement dite, c'est-à-dire dans la recherche de l'affinité des éléments pour les colorants acides, basiques ou neutres, il faut modifier le moins possible les propriétés des cellules. Aussi, dans ce cas, faut-il avoir recours aux fixateurs chimiquement indifférents \ dont le type est l'alcool absolu, ou, lorsque cela est possible, aux agents phvsiques tels que le froid (p. 329), la chaleur et la dessiccation. (p.^270).

Bien entendu, ces indications n'ont qu'un caractère très général ; elles nous servent simplement à classer les fixateurs en grands groupes et à orienter le débutant dans le dédale des formules. En réalité, il faut, pour chaque cas particulier, choisir le fixateur le mieux approprié;

1. Pourtant, d'après les rocliorches de M"*' Asvadourova, la recherche du fer dans les cellules pigmentaircs des Amphibiens a donné des résultats beaucoup plus précis après fixation dans le Flemming ou le Bouin. Cf. Prenant, Méthodes et résultats de la raicrochimie, Journ. de l'anat. et pinjs., XLVI. p. 395, 1910.

CHOIX d'l'N fixateur 289

c'est ainsi quo le Bouiii donne des résultats imparfaits avec le testicule et le rein. Pour le premier, le sublimé acétique est préférable, tandis que le second est très bien fixé par le mélange de Carnoy (p. 284).

A un autre point de vue, l'inclusion à la paraffine exige des fixations très solides. Aussi est-ce une des raisons pour lesquelles les mélanges fixateurs très puissants ont pris une importance prépondérante.

Il faut tenir compte aussi de la coloration qui sera employée. Nous savons que les fixateurs pênent certaines colorations et en favorisent d'autres. Ainsi les mélanges osmiés rendent difficile l'emploi de l'bématotyline et du carmin, tandis (|u'ils s'allient très bien à la safranine et aux couleurs d'aniline. Les mélanges picriqués préparent admirablement les colorations à l'hématoxyline. Le sublimé se prêle à toutes les teintures.

11 sera donc nécessaire de compléter plus loin ces indications, dans le chapitre des méthodes spéciales, et d'indiquer, pour chaque catégorie d'objets, le fixateur qui convient le mieux.

M. ii.vx.-iERON. — Précis do ^iicrosc<5pièi 10

Page 1