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Forme du rasoir. — Elle diffère suivant la nature des

Fig. 151.

Rasoir de ^Valb pour coupos à paratïiuc.

Fig. 155. — Les deux principaux types do lames de rasoirs; a^, pour objets mous, y, pour paraffine et objets durs.

coupes à exécuter. Pour les coupes à main levée, nu rasoir à barbe ordinaire peut suffire; mais il est préféral)le d'employer une lame évidée seulement du caté supérieur et plane sur le côté qui est en contact avec Tobjet (fig. loo x). Il y a avantage à prendre

un rasoir un |)eu lourd et volumineux, qui est mieux en main que les modèles léo-ers Pour les coupes au microtome à main et au microtome Rocking, les mêmes rasoirs peuvent servir; mais, pour les grands microtomes, il faut des rasoirs si)éciaux. Les microtomes à glissière du type Jung sont toujours accompagnés de leurs couteaux

particuliers, de grande dimension. Le choix est plus difficile pour les microtomes genre Minot, pour lesquels il existe un grand nombre de types de lames. La meilleure l'orme est, à notre avis, celle du rasoir de Walb (jui est leprésenté par la figure loi. (Test une forte lame à faces planes, doid la figure loo [y) représente une seclion : elle est munie, à chaque extrémité, d'une j^oignée très commode |)Our laiguisage. Avec une lame de ce genre, on peut couper toutes espèces d'objets, aussi bien dans la }»araffine que dans le collodion.

En ce (jui concorne l'épaisseur de la lame et du tranchant, on peut i;uider son clioix sur les considérations suivantes. Les lames du type x (lig-. 155), à Iraïu-liant très uiince, conviennent pour les objets tendres et délicats, tandis que les lajiies du type j (lig. 155), plus épaisses, à (ranchant en forme de triangle isocèle, sont nécessaires pour couper les objets durs et résistants. Les lames du premier type sont très lionnes pour les coupes à main levée ou au microlone ù main, tandis (jue les solides lames, à dos très larg-e, du second type sont les meilleures pour les coupes à la paraffine et, en général, pour tous les travaux courants.

La forme du tranchant peut varier aussi. Ou bien les deux faces de la lame se rapprochent, en formant un angle plus ou moins aigu, comme dans les couteaux ordinaires, ou bien le tranchant forme un biseau à facettes, comuK^ la fig'ure 156 le représente sch('mati(juemenl. Cette dernière disposition est la plus 'commode pour le repassage; on

Fig. 15G. — Schéma du tjiseau à facettes des rasoirs à paraffine.

comprend de suite que, pour entretenir la régularité de la première forme, il faut user toute la surface de la lame, tandis que, dans le second cas, il suffit de repasser les deux facettes du biseau, ce ([ui facilite beaucoup les opérations.

2. Repassage du rasoir. —Nous venons (p. 325), eu étudiant le mode d^aclion du rasoir, qu'on peut le considérer comme un coin pénétrant dans les tissus pour les diviser. Les coupes seront d'autant plus minces et le tissu moins altéré que ce coin sera plus mince et plus poli . Quelles que soient la forme et l'épaisseur de la lame, il fau t donc que le tranchant, biseauté ou non, présente un poli parfait. Moins il y aura de stries mici^oscopiques, plus le coin pénétrera facilement dans les tissus et moins il y causera de lésions. En effet, les petites stries que laisse dans Tacier un repassage imparfait empêchent le tranchant de pénétrer et se terminent par des dents et des crans microscopiques qui déchirent les cellules et produisent, dans les rubans de coupes, des rayures qui peuvent aller jusqu'à la section complète en bandelettes longitudinales.

' Pendant la confection des coupes, le tranchant du rasoir s'émousse, s'ébrèche ou se recourbe s'il est trop mince. Ce dernier accident est rare avec les rasoirs à paralTme dont nous recommandons l'emploi, mais l'angle que forment les deux biseaux du tranchant tend à devenir de moins en moins aigu, des crans microscopiques apparaissent et le poli diminue. Le repassage a pour but de rendre au tranchant sa forme et son poli primitif. Il faut donc enlever d'abord une mince couche d'acier, de manière à rectilier la forme des facettes, puis les polir aussi parfaitement que possible.

Nouvelles méthodes de polissage. — Le repassage a cessé d'être une pratique empirique, exercée par certains professionnels. Il est devenu un procédé scientifique et tout micrographe doit pouvoir maintenir ses rasoirs dans un état de poli suffisant. Disons tout de suite que les anciens procédés de repassage sur cuir ont fait leur temps et ne sont qu'un pis aller. Un aiguisage rationnel doit être calqué snr les méthodes de polissage usitées en optique et en métallographie microscopique : on arrive ainsi à obtenir des surfaces assez parfaites, pour qu'à 750 diamètres on ne distingue aucune strie.

Le repassage idéal est donc celui qui est pratiqué suivant les méthodes optiques et mélallographiques. Comme ces procédés ne sont pas à la i)ortée de la majorité des micrographes, il sera préfé-

M. Langehon, — Précis de Microscopie. ^i

rable d'envoyer ses rasoirs à une maison spéciale d'optique ou de niicrotomes. Il faut bien savoir que le poli parfait et le tranchant rigoureusement rectiligne ain-i obtenus sont très durables. En ménageant le rasoir et en ayant soin de ne pas Tébrécher sur des objets durs on pourra le conserver très longtem})s en bon état. 11 suflit, après usage, de l'essuyer avec un linge fin, imbibé de toluène ou d'alcool, suivant la nature des objets coupés : pour entretenir le poli, on passe très légèrement sur un cuir très fin et très doux en se gardant bien d'employer aucune pâte^

Anciennes méthodes d'affûtage. — Nous devons décrire ces méthodes, car, toutes itnparfaites qu'elles sont, elles seront longtemps encore en usage chez les micrographes qui ne savent où faire aiguiser scientifiquement leurs rasoirs, et qui sont obligés de se contenter des instruments de repassage qu'on trouve dans le commerce.

L'affûtage ordinaire- consiste à employer successivement la pierre et le cuir. La pierre sert à enlever les ébréchures et à redresser un tranchant trop arrondi ; le cuir sert à parfaire l'aiguisage obtenu sur la pierre et à raviver le tranchant lorsqu'il est émoussé, mais non ébréché.

Appareils d'affûtage. — Quel (jLie soit le mode de repassage, pierre ou cuir, la condition essentielle à réaliser est de conserver au rasoir la

forme et l'inclinaison de son tranchant. Pour cela, il faut que ce tranchant ait, pendant le repassage, une inclinaison convenable par rapport à la surface polissante. Avec les rasoirs à dos trcs large, comme ceux dont je recommande Tcuiploi i)Our les coupes à Fig. 157. - Appareil cVaffùtagc pour rasoirs ^^ araffine (rasoirs de a faces planes. -,^ ,, ,.,..,

Walb, hg. i54j, aucunepre-

caulion n'est nécessaire. 11 suffit d'appuyer le rasoir bien à plat, en le tenant appliqué sur la pierre ou le cuir. Pour les rasoirs ordinaires à dos étroit, il faut tenir le dos du rasoir un

1. On trouvera dans le mémoire de Funck, A propos de l'aiguisage des rasoirs à mici'otome {Coviptes rendus Assoc. des Anatovtistes, Réun. 10, p. 294, 1009) des renseignements très complets sur la manière de pratiquer soi-même l'affûtage scientifique, par l'emploi successif de la pierre d'Arkansas et d'une dalle do glace, combiné avec une pâte d'alumine calcinée et lévigée.

2. Cette méthode est longuement décrite par W. Ssobolow. Théorie und Praxis des Schleifens. Zlschr. f. miss, Mikr., XXV, p. 05-79, 1909.

peu relevé, de manière à ne pas donner au tranchant un aniîle trop aigu. Comme il est difficile d'obtenir à la main cette inclinaison, on se sert d'appareils d'affûtage. Ces appareils sont de deux sortes : pour les rasoirs à paraffine et à congélation, dont le tranchant forme un angle assez ouvert, on doit augmenter l'épaisseur du dos. On emploie alors une sorte de cylindre creux (fig. 157) portant une rainure dans laquelle on engage le dos du rasoir. L'épaisseur de ce cylindre donne au rasoir l'inclinaison voulue; il suffit de repasser en appllcjuant sur la pierre le tranchant et le cylindre. Pour les rasoirs plans sur une face et concaves sur l'autre face, on relève le côté plat avec un appareil formé d'une tringle métallique.

Pierres à aiguiser. — L'étude précise des pierres à aiguiser est assez difficile, parce que les dénominations vulgaires s'accordent mal avec la nomenclature pétrographique et minéralogique. Aussi n'en dirons-nous que quelques mots. En principe, une bonne pierre à aiguiser doit avoir des grains très fins (de 1 à 3 \j), bien cimentés, très uniformes et aussi durs que l'acier. Les grains trop gros ou ceux qui se détachent produisent dans le tranchant des crans ou cbréchures. Par suite, la pierre lithographique est mauvaise, car son grain est calcaire, trop tendre et se détache du ciment, d'où usure rapide et inégale. La pierre du Levant, ou pierre à l'huile, est mauvaise aussi, parce que son grain est trop dur. La meilleure pierre est la pierre d'Arkausas, sorte de phyllade de couleur jaune ambré, à grains très fins (l [i environ) et bien cimentés.

Liquide à employer. — Il ne faut jamais repasser sur une pierre sèche, parce ({ue les particules d'acier ne tardent pas à remplir les espaces qui séparent les grains et ceux-ci n'agissent plus qu'imparfaitement et irrégulièrement. Le liquide sert donc à tenir en suspension les particules d'acier et les débris de la pierre.

Les liquides les plus employés sont l'eau, l'eau de savon, l'huile de pétrole, riiuiie de vaseline, l'huile d'olive. Plus le liquide est épais, mieux il adhère à la pierre, qu'il rend plus fine en s'insinuant entre les grains et en diminuant leur, épaisseur. Une même pierre peut donc donner deux elfets, suivant qu'on la recouvre d'eau ou d'huile. Les rasoirs de microtome seront de préférence repassés avec de l'huile.

Les pierres à l'eau doivent être bien essuyées après l'usage et préservées de la poussière et des taches de graisse. Ces dernières s'enlèvent avec du savon. Les pierres à l'huile doivent rester légèrement imbibées de ce liquide : on les préserve soigneusement des poussières et on les essuie avant l'usage.

Repassage sur la pierre. — Sur la pierre, le tranchant du rasoir doit toujours être dirigé en avant. — On saisit donc le rasoir par son manche ou par ses deux extrémilés, suivant sa forme. On applique sur la pierre d'abord le dos du rasoir, puis le tranchant, pour être sûr de ne pas émousser ce dernier par un mouvement imprudent. On tire alors obliquement la lame vers soi, le tranchant en avant, de manière à utiliser toute la longueur de la pierre pour une face du rasoir. Arrivé à l'extrémité, on retourne la lame, on l'applique sur la pierre avec les mêmes pré-

caillions, el on la pousse le tranchant en avant. Pour les rasoirs à manche, on repasse toujours de la hase à rextrémité de la lanic; pour les rasoirs à extrémités symétriques, on commence par l'une de ces extrémités, toujours la môme.

Il faut appu^^er très légèrement et même, avec les rasoirs volumineux, le poids de la lame suffit à assurer le repassage. 11 est très important de passer les deux côtés de la lame le même nomhre de fois sur la pierre.

Morftl. — Il faut arrêter l'action de la pierre avant l'apparition du morfil : on nomme ainsi une très mince plaque d'acier qui se forme des deux côtés du tranchant. Ce morfil est impossihle à enlever sur la pierre, à cause de son élasticité : en insistant, il ne ferait qu'augmenter. Pourtant, lorsqu'il y a des dents à faire disparaître, on ne s'occuj)e pas du morfil.

Polissage sur le cuir. — Ce polissage est indispensahle, car le tranchant ohtenu sur la pierre présente toujours un peu de morfil, ainsi que des stries et des dentelures microscopiques. Ces délauts disparaissent avec le cuir.

Sur le cuir, le dos du rasoir doit toujours être dirigé en avant. A jtart cela, les précautions sont les mêmes que pour la pierre; on se sert des apj)areils d'affûtage et on utilise toute la longueur du cuir pour chaque côté de la lame. On appuie très peu et on passe rapi(h:;ment. Les couteaux lourds seront retournés en les faisant hasculer sur le dos, afin de ne pas ahîmer le tranchant ni le cuir.

L'action du cuir résulte de son élasticité; il se déprime sous le poids du couteau, ce qui permet au morfil de se hriser et de disparaître. En outre le tranchant devient uni, poli et durahle.

11 y a ijeaucoup de modèles de cuirs à rasoirs. Un des meilleurs est le cuir carré à quatre faces de Zimmer (fig-. 158). Une des faces sert de pierre, deux autres sont enduites de pâtes à Fémeri, noire à grain

Fig. 158. — Cuir à qiiatro faces de Zimmer.

Fis. 159. — Cuir de Wall).

moyen, rouge à grain très lin. Le quatrième côté est un cuir propre, ([ui doit servir au polissage détinitif. Certains cuirs ù deux faces possèdent une face en moelle de sureau très commode pour enlever le morfil; l'autre face sert au polissage. Enfin les cuirs de Walb (fig. I.i9) sont commodes pour les grands rasoirs.

Quel que soit le modèle de cuir, il faut bien savoir que le polissage définitif ne peut se faire que sur un cuir non enduit de pâte : en effet ces dernières agissent exactement comme la pierre et servent à enlever les dents el aspérités du tranctiant. Aussi faut-il avoir bien soin, en passant de la pierre au cuir et d'une face à Tautre du cuir, d'essuyer soigneusement le rasoir.

Ne jamais passer sur le cuir une lame ébréchée, sous peine de le déchirer irrémédiablement.

Essai du tranchant. — Après le repassage sur li pierre, il faut essayer le tranchant : il y a pour cela beaucoup de procédés. D'après Ssobolew, le meilleur consiste à poser le dos de la lame sur quatre doigts de la main gauche et à passer lég;èrement la pulpe du pouce sur le tranchant. On peut aussi le poser à plat sur la paume de la main, sans appuyer, ef voir s'il coupe les saillies épidermi(jues. Un bon moyen consiste aussi, en tenant le dos de la main devant le joui', a essayer de couper un i)oil de cette région.

3. Mode d'action du rasoir. — Le rasoir agit de deux façons différentes, snivant qu'on coupe des objets humides ou secs, c'està-dire élastiques ou non, et suivant qu'on opère à la main ou au microlome mécanique. Pour exécuter les coupes à la main ou dans des objets élastiques (Idocs de celloïdine), le rasoir est tiré obliquement, tandis que, dans les microlomes à paraffine, il agit perpendiculairement à la surface à couper. Dans les deux cas, il pénètre comme un coin : la position oblique a seulement pour but d'allonger et d'amincir la section de ce coin. La plupart des auteurs sont d'accord maintenant pour admettre que le rasoir agit toujours comme un coin et non comme une scie, quelle que soit son obliquité. En effet chaque point de l'objet n'est jamais attaqué que par un point du tranchant du rasoir. En plaçant le rasoir obliquement, on augmente simplement la distance de la base au tranchant, ce qui donne en réalité à ce dernier un angle plus aigu. Avec les objets élastiques, susceptibles de se courber sous la pression du rasoir, celui-ci doit agir obliquement, de manière à pénétrer dans l'objet plus facilement et sans le courber. Au contraire, avec les objets durs, on })eut attaquer le bloc normalement à une de ses faces.

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