COUPES AU MICROTOME A MAIN
Les microtomes à main donnent les mêmes résultats que la méthode des coupes à mainlevée, mais ils permettent de faire très
facilement des coupes régulières. Le type de ces appareils est le microtome de Rauvier. Cet instrument com])rend essentiellement un cylindre surmonté d'une large plate-forme; on place l'objet dans le cylindre, après l'avoir enrobé dans la moelle de Sureau. Un piston, actionné par une vis micrométrique, fait monter robjet de petites quantités. Le rasoir coupe tout ce qui dépasse la plateforme. Avec ces instruments, la finesse des coupes n'a pas d'autres limites que la finesse du tranchant cl la perfection de la vis micrométrique. Le modèle primitif de Ranvier, dans lequel il fallait caler l'objet avec de la moelle de Sureau et faire gontler le
tout dans l'alcool faible, ou encore pratiquer un enrobage à la paraffine, a été heureusement modifié.
Dans le microlome à main de Leitz, par exemple (lig. 161), le cylindre de moelle de Sureau est maintenu par une |)ince intérieure; la tète de la vis micrométrique est très large et porte 50 divisions, dont chacune correspond à un centième de millimèlre. On peut donc, avec un bon rasoir, faire des coupes de 10 a et même de 5 a, car les divisions sont assez larges pour qu'on puisse en apprécier la moitié avec précision. Comme les coupes sont très régulières, on peut très bien leur donner jusqu'à 15 mm. de diamètre ^
Pour se servir de cet instrument, il faut absolument avoir un rasoir plan sur u;i côté. Le microtome est saisi à pleine main gauche, la plate-forme reposant sur le pouce et l'index; le rasoir, tenu de la main droite, est posé bien à plat sur la plate-forme. On le tire très obliquement en appuyant légèrement avec le pouce droit posé sur la face supérieure de la lame. Pour obtenir un mouvement bien régulier, sans saccades, l'avant-bras et la main doivent former un ensemble rigide et le déplacement du rasoir doit être produit uniquement par des mouvements du bras.
On coupe à sec ou en mouillant le rasoir et l'objet, suivant la nature du tissu. Dans les deux cas, on recueille les coupes dans un cristallisoir plein d'eau ou d'alcool. On peut, auparavant, éli-
Ficr. 161.
- !\Iicrotome à main de Leitz.
1. Le microtoinc à main de Peltrisot, à serrage central, est aussi une très bonne modification du microtome Ranvier.
miner sur le rasoir les débris de moelle de Sureau avec une
aiguille.
Aux microlomes à main se rallache un excellent inslrnment qui est le microtome du type Lelong (iig. 162). Cet appareil, très simple et très solide, se compose d'un louid bloc rectangulaire métallique renfermant un plan incliné, sur lequel glisse le chariot porte-objet. Ce chariot, qui épouse exactement la forme du plan incliné, est pourvu d'une pince, entre les mors de laquelle on dispose l'objet dans la moelle de Sureau. Le tout est déplacé, sur le
Fig. 162. — Microtome de Lelong.
plan incliné, par une vis micrométrique dont la tête porte un tambour divisé. Le rasoir est guidé par deux glissières de verre qui garnissent les bords du bloc métallique. On coupe, comme avec le microtome à main, en appuyant légèrement le rasoir sur les glissières par sa face plane. Grâce à son poids, ce microtome a beaucoup de stabilité et n'a pas besoin d'être tenu. Il est, à mon avis, très supérieur aux microtomes à main pour les coupes dans la moelle de Sureau : on peut très bien couper aussi dans le collodion. Au besoin, on inonde d"eau ou d'alcool la pièce et le rasoir et, une fois les coupes terminées, on essuie soigneusement l'instrument.