III. — COUPES PAR CONGÉLATION
Je ne mentionnerai que pour mémoire ce procédé qui donne d'excellents résultats, dans des cas i)articuliers, et peut même être
indispensable pour certaines recherches de microchimie, mais qui, à mon avis, ne saurait constituer une méthode courante de travail.
Ces coupes peuvent être obtenues avec un microtome quelconque, pourvu qu'il possède un porte-objet creux spécial. Dans la cavité de cet instrument, on fait évaporer un li(iuide très* volatil tel (|ue l'étber, le clilorure d'étliyle, ou bien encore on fait détendre un gaz liquéfié comme l'acide carjjonicjue.
On peut congeler des tissus frais, en collant la pièce sur le porteobjet au moyen d'un peu d'eaîi. Ce procédé, très expéditif et (jui dispense de toute fixation ou inclusion, est quebiuefois employé dans les services de chirurgie pour le diagnostic rapide des tumeurs. Naturellement, le résultat ainsi obtenu ne peut èlre que très médiocre, car le froid ne constitue pas une méthode de fixation. La congélation rapide et bratale des tissus détermine la formation d'aiguilles de glace et produit des déchirures cellulaires.
Il est généralement préférable de congeler des tissus déjà fixés. C'est sous cette forme que la méthode peut rendre le plus de services. Pourtant, je crois (ju'il faut la réserver pour des cas très limités, car l'avantage de la rapidité et de la simplicité est fâcheusement compensé par des altérations inévitables et par la difficulté de manipulation des coupes. Celles-ci peuvent être transportées une à une, à la spalule, de li(iuide en liquide, dans des verres de montre, ou mieux encore collées sur lames. On emploie pour cela le procédé d'Anilschkov i. Les coupes, durcies dans de l'alcool à 50% sont étalées sur la lame enduite d'albumine de Mayer (p. 345). On appuie avec du buvard, pais on porte dans les alcools à 95" et 70", puis dans l'eau. Pour colorer les graisses, on plongera d'abord dans de l'alcool-formol (alcool à 50°, 50 cm^ et formol 7,5 cm^j, puis dans de l'eau.
Le procédé à la paraffine donne des coupes bien plus lisibles et, quand on sait s'arranger, on peut obtenir d'excellentes préparations en peu d"heures. Pour une pièce prélevée le matin, on peut donner un diagnostic le soir même ou, au plus tard, le lendemain matin et après un examen autrement complet que celui que permettent les coupes à la congélation.