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I. — COLORANTS BASIQUES

Comme nous Ta vous dit, les couleurs d'aniline basiques sont des colorants nucléaires, mais leur électivité ne s'exerce pas toujours dans les mêmes conditions. Les unes peuvent être employées par la méthode progressive, tandis que les autres exigent la méthode régressive. Ces colorations sont surtout directes, car on se sert rarement des mordants proprement dits ', mais plutôt des accentuateurs (formol, aniline, phénol). Pourtant Tiode peut, dans certains cas, servir avec avantage au mordançage (p. 364).

A. — Colorations progressives.

La plupart des couleurs hasiques, en solution acidifiée à 1 p. 100 par Facide acétique, donnent des colorations progressives. En pratique, très peu sont utilisables sous cette forme.

1. Il m'est impossible, daus un ouvrage de ce genre, d'indiquer toutes les méthodes de mordançage et de coloration, généralement très ingénieuses, proposées par Rawitz. Ce sont des procédés trop spéciaux pour un livre où jo ne peux donner qu'un petit nombre de méthodes générales, nécessaires pour la pratique courante du laboratoire. Les spécialistes liront avec intérêt l'exposé des idées très originales de Rawitz dans ses Leitfadcn fur histologische Untersuchungen, léna, 1895, et Lelirbuch der mikr. Technik^ 1907.

COLOUATIOiNS PAR LES COULEURS D'ANILINE 383

Vert de méthyle. — C'est un chlorure double de zinc et de violet pentaméthylé, aussi renferme-t-il souvent, comme impureté, une certaine quantité de violet, ainsi que d'autres corps. Il faut l'avoir aussi pur que possible.

Il ne faut pas confondre le vert de méthyle (iMelhylgrïin) avec le vert d'iode, qui est encore plus souillé de violet (p. :{67). ni avec le vert lumière {Lichtgriin) qui est un colorant acide (p. 400).

Le vert de méthyle doit toujours être employé en solution acide et en milieu neutre ou acide, car il est extrêmement sensible à l'action des alcalins. Le vert de méthyle acétique, c'est-à-dire la solution concentrée (0,5 ou 1 p. 100) dans l'acide acétique à 1 p. 100, est un colorant important pour les tissus frais, non fixés. Dans le noyau, il met la chromatine en évidence avec une éleclivité remarquable. Dans le cytoplasme, il peut colorer diverses enclaves ou sécrétions. La coloration est très rapide et il n'y a jamais de surcoloration.

Cette coloration est fugace et ne résiste pas à l'alcool. Il faut conserver les préparations dans la glycérine pure ou gélatinée. Unna et Golodctz 1 ont montré récemment que ce colorant est très sensible aux agents réducteurs et n'est pas réversible jiar oxydation.

Le vert de méthyle fait partie de mélanges tels que le triacide d'Ehrlich.

Thionine ou violet de Laiilli. — C'est un corj)S ti^ès voisin du bleu de méthylène et un colorant important, à cause de ses propriétés métachromatiques (p. 366) et de son électivilé pour le noyau. On l'emploie simplement en solution hydro-alcoolique à 1 p. 100 ou mieux en solution phéniquée, suivant la formule de Nicolle-.

Solution saturée de thionine dans l'alcool à 60" . 1 partie. Eau phéniquée à 2 p. 100 4 —

Dans beaucoup d'ouvrages, on parle de solution aqueuse concentrée, ce qui me semble assez peu rationnel, car la thionine se dissout difficilement dans Teau. La thionine phéniquée agit tout aussi bien et se conserve beaucoup mieux.

La coloration des frottis et des coupes se produit en quelques minutes et le résultat est séduisant, car il n'y a guère que la chromatine qui soit teinte '^ On lave ensuite à Teau. Au cas où il y aurait un peu de surcoloration, il suffit de différencier dans l'alcool, ce qui ne présente pas de difficulté, à cause de la résistance de la coloration. Le seul inconvénient de cette méthode est que les

\. Loco cilato, p. -260. note 2.

2. On peut préparer aussi la tliionine ptiéniquée d'après le procédé indiqué p. 394 pour le violet de gentiane.

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