Le mucus est coloré en rouge. Voir à ce sujet p
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préparations ne se conservent pas du tout. Je ne connais aucun moyen sérieux de les garder : elles pâlissent aussi bien dans le baume neutre <[ue dans Thuile de cèdre; le meilleur milieu est encore Thuile de paraffine.
Bleu de toluidine. — C/esl un corps très voisin du bleu de mélhylène et de la tliionine. 11 est métacliromatique sous toutes les formes, c'est-à-dire en solutions neutres, alcalines ou acides. Cette propriété le distingue donc bien du bleu de métbylène, qui ne devient m Hacliromatique qu'après traitement par les alcalis. Dans le bleu de toluidine, c'est la base libre qui est métacbromatique ; dans le bleu de métbylène alcalinisé, c'est un nouveau corps, car la base libre est bleue et non métacbromatique. Par contre, le bleu de toluidine ne colore jamais la cbromaline des Protozoaires ou les corps azuropbiles, ni seul, ni combiné à l'éosine.
D'après Mann c'est, en solution acidifiée par l'acide acétique (1 p. 100 environ), un très bon colorant des noyaux et des nucléoprotéides, tels que les corps de Nissl.
Il peut remplacer le bleu de méthylène pour beaucoup de colorations, notamment pour la recherche des corps de Nissl (p. 660), pour les examens bactériologiques rapides (Théry) (p. 089), et pour la préparation du bleu polychrome (p. 390) que MnrlinoUi ' formule ainsi :
Eau distillée 75 cm'.
Carbonate de lithium 0,5 gr.
Bleu de toluidine 1 gr.
Après dissolution complète ajouter :
Glycérine 20 gr.
Alcool à 95° 5 cm3.
Celte solution est bonne pour l'emploi lorsqu'elle a pris une teinte rouge.
Bleu de méthylène. — Ce corps, qui est le plus important des colorants basiques, par ses emplois multiples et par ses dérivés, est le chlorhydrate de la tétraméthyllbionine. Nous n'avons en vue ici que le bleu de méthylène cbimiquement pur et non le sel double, associé au chlorure de zinc. Le bleu de méth3'lène, même très pur, renferme très souvent de l'azur de méthylène : ce corps
1. Martinotti, Bleu policromo o bleu di toluidina. Ztschr. f. loiss. Mikr., XXVII, p. •24-27, 1910. Je donne cette formule parce quelle permet, en cas de besoin, de remplacer le bleu polychrome de Unna.
se forme sponlauément dans toutes les solations (p. 387) et constitue un des principes aclils de certains colorants, tels que le bleu polychrome de Unna.
Il importe de ne pas confondre^ comme cela se voit encore dans certains ouvrages, le bleu de méthylène aoec le bleu de mélhyle, qui est un colorant acide, absolument différent par sa conslitulion et ses propriétés (p. 400).
Le bleu de méthylène peut servir à la coloration des noyaux, (en solution à 1 p. 100), mais il est moins électif que la thionine et que le bleu de toluidine. A mon avis, il convient peu pour ce genre de coloration; qu'il s'agisse de coupes ou de frottis, on obtient de bien meilleurs résultats avec Tazur de méthylène, sous forme de -Ijleu polychrome de Unna ou de mélange de Romanovsky.
Au contraire, le bleu de méthylène pur fournit d'excellentes colorations vitales (p. 251 et mélhode,de Sabrazès, p. 625) d'animaux entiers, de cellules isolées et surtout du système nerveux. Pour ce dernier usage et pour la mise en évidence du ciment intercellulaire, des lymphatiques, etc., il présente certains avantages sur les imprégnations métalliques. En effet, il est d'un emploi plus rapide et plus facile et, pour les tissus nerveux, il a la précieuse pi'opriété de ne colorer que quelques éléments, ce qui permet de suivre leur trajet plus facilement qu'avec les imprégnations à l'or, qui en colorent un trop grand nombre et rendent la préparation confuse.
Le bleu de méthylène pur n'est pas métachromatique ^ Il colore bien les granulations des labrocytes, mais en bleu, comme d'autres colorants basiques, et non en ronge. Il ne colore pas non plus la chromatine des Protozoaires.
En somme, en dehors des colorations vitales, le bleu de méthylène pur n'a aucun emploi en microscoi)ie. Toutes les colorations nucléaires qu'on lui attribuait autrefois sont liées à ses deux principaux dérivés, l'azur de méthylène et le violet de méthylène. Toutes les solutions classiques de bleu de méthylène (bleu de Unna, de Manson, de Sahli, de Lijffler, de Kiihne, etc.) n'agissent que par suite de la présence de ces corps. Gela ne diminue en rien l'importance du bleu de méthylène, puisque c'est lui qui fournil ces importants dérivés et puisque sa présence est nécessaire pour qu'ils exercent leur action.
l. Ce même que le vert de méthyle pur n'est pas uiétachromatiquc et ne le devient que s'il est souillé de violet de méthyle (p. 3G7).
M. Lakgeron. — PivN'is de Microscopie. 25
Azur de méthylène. — Ce corps s'emploie sous forme de chlorhydrate; il est devenu un des coloranls ctjtologiques les jjIus importants de la technique moderne.
Son histoire ost des plus curieuses : longtemps méconnu, puis désigné sous des noms divers et confondu avec d'autres corps, il a été d'abord employé empiriquement dans la méthode de Romanovsky et, comme toujours dans ces conditions, donnait des résultats assez irréguliers. Aujourd'hui, grâce aux travaux de Bernthsen, Unna, Noclit, Michaelis, Giemsa et Pappenheim, la question est très simplifiée et on colore à coup sûr avec l'azur de méthylène.
Je crois que l'étude de ce corps doit être présentée ici, au moins dans ses grandes lignes, car il est, avec le violet de méthylène, le colorant le plus employé, dans les laboratoires où on se borne aux recherches d'hématologie. L'importance de ce corps n'est donc pas moins grande pour le médecin européen ou colonial que pour l'histologiste de profession. Je pense même que, dans le domaine médical, les colorants à base d'azur de métl;iylène peuvent remplacer tous les autres. La connaissance des propriétés de ce corps ost donc indispensable.
L'histoire de l'azur de méthylène commence en 1891. A cette époque, Romanovsky ' découvre fortuitement qu'un mélange d'une solution de bleu de méthylène avec une solution d'éosine permet de colorer en violet carminé le noyau des parasites du paludisme. Ce noyau n'avait pu jus(]ue-là être mis en évidence par aucun réactif. Malheureusement, cette coloration spécifique, dont Romanovsky avait saisi toute l'importance, était très difficile à obtenir. Un léger excès de l'un ou l'autre liquide l'empêchait de se produire : les proportions à employer dilleraient avec les diverses marques de bleu et, malgré toutes les précautions, il y avait des cas où la réaction ne réussissait pas. Romanovsky remarqua pourtant que les solutions anciennes de bleu de méthylène étaient celles qui donnaient les meilleurs résultats.
La môme année, Unna - découvre aussi, par hasard, la coloration métachromati([ue des granulations des labrocytes, en employant une solution de bleu de méthylène alcalinisée et ancienne. 11 arrive à reproduire à volonté cette coloration avec son bleu polychrome, qui est encore actuellement un de nos meilleurs colorants directs. Ce bleu polychrome n'est autre chose qu'une solution de bleu de niétliylène, fortement alcalinisée par le carbonate de potassium et transformée en un liquide violacé, dont nous étudierons plus loin la composition.
C'est à Nocht 3 que nous devons la première tentative d'explication de la coloration de la chromaline des Protozoaires, par la méthode d.e Romanovsky. H pensa que cette coloration devait être due à quelque impureté du bleu de méthylène, puisqu'elle ne réussit qu'avec des solutions anciennes. Il remarqua que le bleu polychrome de Unna, après neutralisation, produit très bien cette coloration, lorsqu'il est associé à de réosine et ù du bleu de méthylène pur, non altéré. Finalement, il
1. Romanovsk}^ Zur Frage der Parasitologie und der Thérapie der Malaria. Sl-Pctersbourg med. Woch., VIII, p. 297-307, 1801.