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MILIEUX D'OBSERVATION ET DE CONSERVATION

Monter un objet en préparation microscopique consiste à enfermer cet objet, entre lame et lamelle, dans un liquide réfringent qui sert à la fois de milieu d' observation et de milieu de conservation. Ce milieu ou médium^ dans lequel sont plongés les objets microscopiques, doit posséder des qualités optiques et chimiques qui assurent à la fois la visibilité parfaite de tous les détails et la conservation indéfinie de l'objet. Les milieux peuvent être liquides et rester tels ou devenir solides par refroidissement ou éva})oration. Les milieux solidifiables sont en principe les meilleurs, parce qu'ils donnent des préparations très solides, sans qu'il soit nécessaire de les lu ter. Les meilleurs milieux solidifiables sont les résines, qui permettent un véritable embaumement des objets. On est quelquefois obligé d'employer des milieux liquides; dans ce cas il faut fermer la préparation au moyen d'un lut.

Milieux solides.

11 y a deux catégories de milieux solides ou solidifiables : les résines, solubles dans l'alcool ou les hvdrocarbures, et les milieux aqueux, tels que la glycérine gélatinée ou les sirops de sucre et de gomme.

Baume du Canada. — Celte résine est de beaucoup la plus employée parce qu'elle est très réfringente et se solidifie très vite. Elle provient de divers conifères de l'Amérique du Nord (Abies balsamea et canadensis).

Elle se trouve dans le commerce sous diverses formes. Il existe

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un baume du Canada pur el neutre au xviol, préparé par Grubler. Son inconvénient est d'être cher; il ne convient donc pas pour les laboratoires où travaillent de nombreux élèves. Ce n'est pas seulement la réaction plus ou moins acide qui importe pour la conservation des couleurs, mais plus souvent encore Faction réductrice. Or celle-ci est la même pour toutes les sortes de baume : c'est elle qui empêche l'emploi de cette résine pour les couleurs du groupe du bleu de méthylène, qui se décolorent en milieu réducteur. Le baume du Canada sec, en fragments de volume variable, se dissout facilement dans le xylol. Son seul inconvénient est de donner une masse qui est parfois très foncée. Le baume fluide ou sirupeux est d'un emploi très commode pour les grands laboratoires, parce qu'il suffit d'y ajouter quelques gouttes de xylol pour l'amènera la consistance voulue. Malheureusement, c'est celui qui donne le plus de prise à la fraude : il arrive qu'au lieu de baume pur on reçoit un mélans;e de diverses résines de moindre valeur. Le véritable baume du Canada n'est qu'en partie soluble dans l'alcool et l'addition d'alcool dans la solution éthérée amène un trouble. Le xvlol est le meilleur dissolvant du baume. Je déconseille le chloroforme, qui altère les couleurs d'aniline, et l'essence de térébenthine, qui décolore l'hématéine.

Pour les coupes et objets minces, il faut employer des solutions bien fluides, de façon à obtenir une couche de baume très peu épaisse, ce qui facilite l'étude aux forts grossissements et donne une garantie de conservation des couleurs. Pour les objets épais, on prend des solutions très denses, de manière à éviter la rentrée de l'air par évaporation du dissolvant.

Emploi du baume du Canada. — On garde le baume du Canada dans des flacons dits à baume (lig. 175), ferm's par un capuchon de verre el renfermant un petit agitateur effilé à son extrémité. On ne peut monter dans ce milieu que des objets parfai- .

tement déshydratés. Il est donc nécessaire de les liacon à soumettre d'abord à l'action de l'alcool absolu, puis baume. de chasser l'alcool par le xylol. Lorsque l'objet est mal déshydraté, les traces d'eau qu'il renferme produisent immédiatement, au contact du baume, un précipité de gouttelettes résineuses opaques, qui enlève à la préparation sa transparence. On s'aperçoit immédiatement de cet accident à la teinte laiteuse que prend la préparation, surtout lorsqu'on l'examine sur un fond

noir. Lorsque cet accidenl se produit, il faut se hâter d'enlever la lamelle; ou dissout le baume en versant du xylol à plusieurs reprises, puis on reprend par l'alcool absolu. Lorsque la désliydi'atalion est parfaite, on passe de nouveau au xylol et au baume.

Après la désliydratalion, on conseille quelquefois de traiter les objets par Vessence de girofle. Je crois ([u'il faut éviler autant que possible l'emploi de ce réactif, parce qu'il nuit à beaucoup de colorations et empêche le baume de se solidifior convenablement. Son emploi n'est indi([ué que pour les Arthropodes (p. 598) et encore dans certain cas très particuliers. Lorsqu'on a employé l'essence de girofle comme difîérenciateur, il faut donc l'enlever par le xylol avant de monter au baume.

Le xylol phéniqué de Weigert (p. 3ol) n'a de raison d'être qu'avec les coupes au collodion, qui ne peuvent être déshydratées à l'alcool absolu et qui ne supporteraient pas le xylol pur, après l'alcool à 9(J".

Montage des coupes. — Pour les coupes collées sur lames, suiviT. la technique indi([uée p. 420. Avoir soin, pour éviter les bulles d'air, de déposer une goutte de baume sur la coupe et une autre sur la lamelle. Retourner la lamelle, la tenir obliquement avec une pince, appliquer le côté gauche sur la lame, mettre les deux gouttes en contact et abaisser doucement le côté droit.

Les coupes au collodion sont déshydratées comme il vient d'être dit (voir aussi p. 351), puis portées sur la lame, dans une goûte de baume, et recouvertes d'une lamelle. Si ces coupes ont une tendance à se gondoler, on les comprime entre la lame et la lamelle au moyen d'un poids ou d'un compresseur, comme il va être dit plus loin (p. 440).

Montage des objets séparés. — Les petits objets séparés et isolés (Vers, Arthropodes, fragments d'organes animaux ou végétaux, etc.) sout montés entre lame et lamelle, dans une goutte de baume, sans difficulté i. Lorsque l'objet est épais, il est souvent

nécessaire de l'enfermer dans une cellule de verre ou de papier.

On trouve dans le commerce des cellules toutes préparées : ce sont des lames de verre, d'épaisseur variable, de la dimension des lamelles, et percées en leur centre d'une ouverture circulaire. On peut préparer soi-même des cellules en papier (fig. 176), au moyen d'un emporte-pièce rond, en acier, qu'on trouvera dans une maison de quincaillerie. On découpe, dans une feuille de carton ou de buvard

Fig. 176. — Cellule en papier, découpée à l'emporte-pièce.

blanc épais, des carrés de dimension égale

celle des lamelles. On perfore ces carrés avec l'emporte-pièce : cette opération se fait très proprement en opérant sur une plaque

]. X^oir p. 577 les précautions particulières à prendre pour les Arthropodes.

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ùe zinc; ce mêlai est assez tendre pour se laisser entamer légèrement et permettre ainsi une section très nette des papiers, sans aucune bavure. En même temps, il est assez résistant pour ne pas se déformer. Toutes les fois qu'on veut découper correctement du papier ou du carton, avec une pointe ou une lame tranchante, il faut toujours prendre comme support une lame de zinc. C'est le seul moyen d'obtenir une coupure correcte, sans bavures et sans endommager le tranchant de la lame. Pour les objets de grande dimension, les cellules à ouverture ronde deviennent insuffisantes. On découpe alors, sur la plaque de zinc, avec un bon scalpel, une cellule carrée ou rectangulaire (flg. 177) de la dimension d'une lamelle.

Les cellules de verre se collent sur la „. ,„ ., ,, ,

iig. Iti. — Cellule rec-

lamelle avec du baume. Les cellules de tanguiairc en papier. papier doivent élre imprégnées préalablement de baume très fluide, a(in de chasser Tair qui se trouve emprisonné entre les fibres; on les colle ensuite avec un peu de baume. On dépose Tobjet au centre de la cellule ^, on remplit de baume la cavité et on applique la lamelle, chargée au préalable d'une grosse goutte de baume. Il est préférable d'employer un excès de baume, de manière à ne pas emprisonner de bulles d'air dans la cavité de la cellule, ce qui obligerait à recommencer toute l'opéralion. On chasse ensuite l'excès de baume par compression et on l'absorbe avec des bandelettes de buvard.

L'emploi de ces cellules est très commode avec les objets épais. Sans cellule, la lamelle prend une position oblique qui peut gêner l'observation. En outre, le baume, en couche épaisse, est insuffisamment retenu par capillarité et coule très facilement en dehors de la préparation. Celle-ci est excessivement longue à sécher et doit rester des semaines à l'étuve. Enfin, la compression est très difficile à exercer et on risque de briser la lamelle. Tous ces inconvénients sont évités par l'emploi des cellules.

Au lieu de cellules, on peut souvent se servir avec avantage de fragments de lamelles, de poils ou de cheveux qui soutiennent la lamelle, assurent son horizontalité et permettent aussi de comprimer la préparation sans écraser l'objet (p. 242).

Montage de séries d'objets. — Le montage des objets séparés ne rencontre pas d'autre obstacle que leur épaisseur. Il est plus difficile de monter correctement un groupe de plusieurs objets, sans que ceux-ci se déplacent au moment où on applique la lamelle.

1. Lorsque Tobjet est imprégné d'un dissolvant non vohitil (ierp'inéol, essence de girofle, chloralphénol), il faut le déposer auparavant sur une bandelette de buvard, de façon à al^sorbcr la majorité du li(|uido.

440 MliTIIODES GENÉllALES

Pour éviler cet incoavénienl, il laut les coller au préalable. De nombreuses méthodes ont été proposées : une des meilleures consiste à employer le coUodion de Schœllibaum (p. 350). La lame esl enduite de collodion de Schœllibaum : les objets, pénétrés d'essence de girofle et essorés sur du papier Joseph, sont rangés sur la couche de collodion. On laisse dessécher quelques instants, puis on monte au baume comme d'habitude : les objets sont suffisamment collés pour ne pas se déplacer. On peut aussi enduire la lame d'une très mince couche de baume, laisser celte couche devenir poisseuse, ranger les objets imprégnés de terpinéol et essorés, puis monter rapidement au baume.

Compression des objets. — Les coupes au collodion et les objets isolés ont quelquefois besoin d'être com- }trimés, pour assurer à la préparation une planéité et une minceur suffisantes et pour éloigner „. ,.o r l'excès de baume. Pour être efficace et inotïen-

rig. 1/8. — Compresseur dit épin- sivc, la prcssiou doit être continue. Il faut donc

gie anglaise. proscrire la compression exercée avec les doigts :

ce procédé esl brutal et surtout inefficace, car il ne peut durer assez longtemps.

II existe de petits compresseurs à ressort, dits épingles anglaises, formés d'un fil d'acier recourbé (fig-. 178). Ces appareils sont très commodes, mais on peut les remplacer par des petits poids do cuivre, des balles de revolver ou de fusil, ou mieux encore par de petits tubes de verre à fond plat, dans lesquels on verse un peu de mercure. Par ce dernier moyen, on peut préparer à l'avance une série aussi nombreuse qu'on le désire de poids gradués, qu'on place sur les lamelles des préparations à comprimer.

11 est une précaution essentielle à prendre avec ces poids : c'est d'éviter que le baume en excès passe par-dessus la lamelle et vienne mouiller le poids. 11 serait impossible de retirer ensuite ce dernier sans déplacer la lamelle et détériorer la préparation.

Les poids doivent rester en place plusieurs jours, jusqu'à dessiccation parfaite du baume sur les bords de la préparation. Lorsqu'on retire le poids trop tôt, l'élasticité de Lobjet soulève la lamelle, fait rentrer de l'air et tout est à recommencer.

Séchage du baume. — Le baume sèche assez rapidement sur les bords de la piéparation et beaucoup plus lentement à l'intérieur ; cependant, pour que la préparation soit maniable, il suffit que les bords soient solidifiés, de telle sorte que la lamelle ne puisse être déplacée. Pour activer le séchage, on peut mettre les préparations à l'étude à 37" : les coupes sèchent en quelques heures, les pré-

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