MILIEUX D OBSERVATION ET DE CONSEIIVATION
paraliolis épaisses demandent plusieurs jours ou même plusieurs semaines.
Fig. n9. — Carton à volets pour préparations microscopiques.
Tant que le baume n'est pas parfaitement sec, les lames doivent être conservées à plat. En nég-ligeant cette précaution, on s'expose à voir les lamelles glisser, le baume couler et les boîtes salies 11 faut donc garder les préparations soit à plat, dans des carions (fig. 179), soit en dressant verticalement les boîtes à rainures, de manière à ce que les lames soient borizontales.
Lorsqu'on veut étudier ou transporter de suite des préparations non sèches il faut les luter au lut de Krônig-
Bulles 'd'air. — Un grand écueil dans le montage des préparations est la présence de bulles d'air. On évite généralement leur production en employant le procédé des deux gouttes de baume sur la lame et
sur la lamelle et en abaissant doucement celte dernière tenue obliquement (p. 420 et 438). Lorsqu'il s'en produit, il y a plusieurs moyens de les éliminer : on peut appuyer sur la lamelle, de façon à chasser les bulles avec l'excès de baume, mais on s'expose à écraser la préparation. On peut aussi soulever délicatement la lamelle avec une aiguille, sur l'un des côtés, en ayant soin de caler le côté opposé avec une autre aiguille, pour éviter le glissement. Ce moyen est le meilleur.
Les petites bulles disi)araissent d'elles-mêmes en quelques heures, parce que le baume est très avide d'oxygène. Nous parlerons plus loin (p. 577) de la rentrée de l'air dans les Arthropodes.
Térébenthine de Venise'. — Le seul avantage que la térébenthine de Venise présente sur le baume du Canada est de permettre de monter directement des objets sortant de l'alcool, sans passer par le xylol ou les éclaircissants. Ce milieu est donc particulièrement précieux pour les Arthropodes et les tissus végétaux, car il })ermet de simplifier beaucoup les manipulations. La déOnilion est excellente, la transparence est parfaite et les lins détails sont plutôt mieux conservés que dans le baume, à cause de l'indice de réfraction plus faible de la térébenthine. Un autre avan-
1. Je laisse do côté la résine Danimar qui ne présente pas d'avantages marqués sur le baume du Canada; on remploie en solution dans le xylol.
lage esl de supporter la présence triine pelile quaiitilé creaii. On peut donc passer directement de l'alcool à 90 à la térébenthine, sans avoir besoin de déshydrater par l'alcool absolu.
Malheureusement, aucune coloration ne se conserve dans la térébenthine, aussi est-elle inutilisable pour les coupes et les objets colorés.
Voici comment je prépare la léréljenlliine de Venise, à l'imitation de Vosseler. Je mets dans un grand flacon, bien bouclié, volumes é^çaux de térébenthine et d'alcool absolu ou au moins à 95. 11 faut que l'alcool soit assez fort pour que le mélange ne se trouble pas. A l'étuve à 37° la dissolution est assez rapide : on agite de temps à autre pour l'activer. Lorsqu'elle est complète, et que le liquide est bien homogène, on débouche le llacon et on laisse évaporer à l'étuve, jusqu'à consistance suflisante. En même temps, toutes les impuretés se déposent. On décante le liquide clair dans des flacons à baume. Le mode d'emploi est le même que pour le baume du Canada, le séchage est un peu plus lent 1.
Huile de cèdre. — L'huile de cèdre épaissie (et non l'essence de cèdre) est peut-être le meilleur de tous les milieux. C'est certainement un de ceux qui ménagent le mieux les coloi^ations. particulièrement celles qui sont effectuées avec les colorants basiques du^ groupe du bleu de méthylène (p. 383-389), c'est-à-dire celles qui doivent être conservées dans un milieu non réducteur. Nous avons déjà indiqué ailleurs (p. 2-49) la nécessité de la présence de l'oxygène pour la conservation de ces colorations; l'huile de cèdre et surtout l'huile de paraffine conviennent parce qu'elles sont peu réductrices. L'huile de cèdre sèche suffisamment sur les bords des préparations, surtout à l'étuve, pour empêcher le déi)lacement des lamelles.
Glycérine gélatinée-. — Ce milieu est un des plus employés pour toutes sortes de travaux, parce qu'il est d'une grande commodité. On a proposé de très nombreuses formules, mais nous ne retiendrons que celle de Kaiser ^
Gélatine 7 gr.
Eau distillée 42 gr.
Glycérine 50 gr.
Acide phénique^ 1 o^-
1. On peut employer aussi le baume du Canada, dissous dans l'alcool absolu selon Seiler, mais ce milieu est moins tolérant pour des traces d'eau.
2. On dit souvent gélatine glycérinée, mais cette expression me paraît impropre, parce que, dans ce cas, le véritable milieu est la glycérine qui est simplement solidifiée par la gélatine.
3. Botanisches Centralblatl, I. p. 25. — Voir p. 557, note 1, la formule de Deano.
4. Au lieu d'acide pliénique. on peut mettre un peu d'acide arsénieux ou do thymol.
MILIEUX D'OBSERVATION ET DE COiNSERVATION 443
Faire g'onfler la gélatine dans l'eau pendant deux heures environ, ajouter la glycérine, faire fondre au bain-marie en agitant, puis ajouter l'acide phéni({ue. Filtrer bien chaud sur coton de verre. Pour éliminer d'avance les filaments et les corps étrangers, il faut découper, dans les feuilles de gélatine, les parties losangiques, en rejetant les traces du filet sur lequel ces feuilles ont été solidifiées, car ce réseau est souillé de filaments provenant des ficelles du filet.
On peut monter certains objets peu délicats en passant directement de Teau à la glycérine gélalinée ; mais, généralement, il est préférable d'imprégner d'abord par la glycérine ou le laclophénol. En tous cas, il ne ïaui jamais passer de l'alcool à la glycérine gélatinée, sous peine d'avoir une coagulation immédiate et définitive de ce milieu, sous forme de nuages blancs opaques.
Il y a deux moyens d'employer la glycérine gélatinée. On peut la chauffer au bain-marie dans un petit flacon et puiser la masse fondue avec une baguette de verre ou un pinceau. On peut aussi la couler dans une cuvette de verre ou de porcelaine et découper en lanières le produit solidifié. Au moment de s'en servir, on prélève un fragment qu'on dépose au centre d'une lame; on chauffe doucement pour faire fondre, sur une petite flamme ou sur la platine de Malassez (fig. 147). On dépose l'objet dans la goutte et on recouvre d'une lamelle, sur laquelle on a déposé une autre gouttelette fondue. On appuie légèrement et on chauffe de nouveau la lame, si c'est nécessaire, puis on laisse refroidir à plat. On enlève ensuite les bavures avec une petite brosse, sous le robinet d eau froide.
Il est bon de luler, pour empêcher la poussière de s'accumuler sur les bords de la préparation et pour prévenir les inconvénients que produirait la fluidification du milieu, sous Tinfluence d'une forte chaleur. Comme lut, on prend une peinture émail quelconque (ripolin) ou du maskenlack (p. 449). Les bulles d"air ne disparaissent jamais dans la glycérine gélatinée; il faut donc les éviter avec soin et ne pas agiter ce milieu lorsqu'il est fondu, car il emprisonne très facilement de l'air, dont il est très difficile de le débarrasser. L'ébullition y développe aussi des bulles gazeuses très gênantes.
Sirop d'Apathy ^
Gomme arabi([ue )
Sucre de canne (non candi) > an Eau ;
Après dissolution, ajouter 1 à 2 p. 100 de formol ou un peu de thymol.