HEMOSPORIDIES
Matériel d'étude. — Pour ceux qui ne sont pas en pays paludéen et n'ont pas de malades à leur disposition, nous recommanderons les liéuiosporidies des Oiseaux. Un des meilleurs sujets d'étude, facile à se procurer partout et très bon marché, est le Calfat (Padda onjzivora], qui est expédié en Europe en grande quantité des îles de la Sonde. C'est un Oiseau robuste, facile à nourrir (avec de l'alpiste, graine du Phalarïs canariensis), supportant très bien de nombreuses prises de sang. 11 est généralement porteur de gamètes de VHimno'proteus Danileirskyi : ce sont de gros parasites endoglobulaires, donnant avec le Romanovsky de magnifiques colorations; on trouve assez fréquemment des Oiseaux très parasités. Plus rarement, le Padda est porteur du Plasmodium relictum, parasite encore plus intéressant, car, au lieu de trouver seulement des gamètes, on peut observer encore toute l'évolution scliizogonique.
Les Singes et particulièrement les Macaques (Macacus cynomolgus) peuvent être porteurs de Plasmodium très voisins des parasites humains [P. cynomolgi et espèces voisines). On fera donc bien, lorsqu'on aura de ces animaux à sa disposition, de ne pas négliger l'exa.nen attentif de leur sang. Un hasard heureux peut faire rencontrer un animal })arasilé '. Ces Singes ne sont pas très chers (20 à 25 fr.) et sont faciles à se procurer soit à Paris chez les marchands d'animaux du quai de la Mégisserie, soit à Anvers
1. R. Blanchard et M. Langeron, Le paludisme des Macaques. Arch. de parasiloloyie, XV, p. 529-54->, pi. VIII et IX, 1912.
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OU à Hambourg, dans les jardins zoologiques qui les expédient en colis postal.
Enfin les animaux à sang froid (Grenouilles, Lézards ', Tortues) fourniront facilement des Hémogrégarines, parasites non pigmentés et dont l'évolution est toute entière à trouver.
Les méthodes que nous allons décrire s'appliquent au^si aux Babésies (ou Piroplasmes) (cf. p. 524).
Cet examen est indispensable pour étudier les mouvements des Hémosporidies et les phénomènes qui accompagnent la fécondation. 11 faut, en outre, s'habituer à faire le diagnostic chez l'Homme et les animaux, par exajiien direct, sans coloration. Ce genre de travail ne présente pas de difficultés particulières, lorsqu'on connaît bien la manœuvre de l'appareil d'éclairage et du diaphragme iris.
Voir page 623, la technique de Texamen du sang à l'état frais.
Prélèvement du sang. — Chez l'Homme (p. 621), on prélève le sang au doigt (pulpe ou face dorsale au-dessus de l'ongle). Chez les petits Oiseaux, on ponctionne sans danger une veine de la patte ou de l'aile : à la patte, la veine qui passe sur le fémur au-dessus du genou ; à l'aile, une grosse veine qui passe obliquement sur l'humérus. Chez le Singe, le mieux est d'inciser délicatement l'oreille avec des ciseaux fins : en procédant méthodiquement on peut faire un grand nombre de coupures sur chaque oreille, en alternant, un jour d'un côté, un jour de l'autre. Les premières coupures ont ainsi le temps de guérir, avant qu'on ait usé tout le contour et qu'on soit obhgé de revenir au point de départ. H n'est pas à conseiller de prendre le sang à la queue, car cet organe se gangrène facilement lorsqu'il est traumatisé.
Méthode de Biffi. — Des méthodes d'examen plus compliquées ont été proposées par divers auteurs. Nous ne retiendrons que les procédés de Plelm et de Bifli, qui reposent sur remploi de Thuile de vaseline.
Plehn couvre le doigt de vaseline liquide, pique, puis recueille le sang sur une lamelle huilée, de manière à empêcher le contact de l'air. Le procédé de Biffi - est encore meilleur. On dépose une goutte d'huile
1. Maiiceaux conserve les Lézards de Tunisie en leur donnant du jaune d"œuf cuit, des pommes de terre cuites et un peu d'eau à boire. Bull. Soc. pailiol. exot., V, p. 3-]7, 1915.