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Bull, délie sci. mediche, LXXIX

de vaseline sur une lame, puis on étale le sang ou le liquide à examiner sur une lamelle, qu'on se hâte de renverser encore humide sur Thuile. La préparation, bien lutée, se conserve plusieurs jours : elle présente les avantages de la goutte pendante sans en avoir les inconvénients. L'épaisseur est égale, l'éclairage égal, sans jeux de lumière comme sur une goutle convexe. On peut examiner aux plus forts grossissements, sans crainte de voir les organismes gagner la portion déclive de la goutte et s'éloigner hors de la portée de l'objectif. Cette méthode convient pour l'examen de tous les liquides organiques.

Pour des recherches spéciales il faudra employer, à la suite de Schaudinn ', la chambre humide sur platine chauffante.

Diagnostic du paludisme à l'état frais-. — Cette recherche suppose des pi'épaiii tiens parfaites, dans lesquelles les hématies sont bien à plat, non en piles, et légèrement séparées les unes des autres ou au plus conligu("s. Il est inutile de perdre son temps à examiner des préparations qui ne présentent pas ces qualités, à moins que les gros parasites ne [)ullulent, ce qui rend le diagnostic évident.

1. Recherche des formes jeune.''. — Elles tranchent sur le fond jaune paille de Thématie j ar leur teinte blanchâtre, leur aspect opaque, leur contour bien défini. Lorsque ces formes sont annulaires, la vacuole centrale laisse apercevoir, par transparence, la teinte jaune de Thémalie; une portion de Tanneau est généralement ])lus épaissie. Quand le pigment existe, on n'en trouve qu'un ou deux grains. La recherche de ces formes jeunes, à l'état frais, est excessivement difficile, même pour des micrographes exercés.

2. l^lasmodies adu'tes. — On voit très bien le parasite hyalin qui remplit Thémalic : la présence du pigment est pathognomonique. Ici, le diagnostic spécifique est relativement facile. Le

1. Consulter à ce sujet le mémoire de Schaudinn sur le Plasmodiuni vivax, Arb. aus. d. hais. Gesund/ieitsamte, XIX.

2. Mentionnons aussi le procédé récent d'Urriola {Semaine mé'dicale du 4 janvier 1911), qui repose sur la découverte de pigment raélanique dans le sang et surtout dans l'urine. On centrifuge cette dernière pendant cinq minutes et on examine le culot à un fort grossissement. En cas de paludisme, on trouve du pigment noir très abondant, bien caractérisé par sa couleur charbon. Il se présente sous forme do grains plus ou moins groupés ou agglomérés, quelquefois inclus dans des leucocytes ou des plaques hyalines. Se métier des causes d'erreur (poussières diverses). A mon avis, cette méthode n'est indiquée que lorsqu'il est impossible de déceler les parasites dans le sang. L'examen du sang- frais ou coloré donne une certitude absolue et est en somme beaucoup plus rapide . J'ai essayé moi-même, en Tunisie, la méthode d'Urriola, sur des paludéens avérés, dont le sang était richement parasité. Les résultats obtenus ont été très irréguliers et souvent très incertains, quant à la nature exacte des poussières trouvées dans le culot.

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Plasmodium vivax produit une hvperlro})liie globulaire très nelle, riiémalie est remplie de pseudopodes très mobiles. Le pigment est en fins bâtonnets d'un brun rougeàtre, surtout visibles dans les grandes formes. Au contraire P. malariœ atropbie le globule rouge, sa motilité est très faible et son aspect plus compact; le parasite est toujours plus petit, moins diffus; le pigment est en grains irréguliers, plus volumineux, de couleur brun chocolat.

3. Gamètes. — Les corps en croissant ont une forme très spéciale et renferment toujours un amas de pigment dans leur partie moyenne; ils présentent au hile un reste globulaire. Les gamètes sphériques remplissent le globule et sont toujours abondamment fournis de }»igment.

4. Leucocytes pigmentés. — Leur importance est très grande, mais il faut bien savoir qu'il peuvent être rares, même dans des cas sévères. Pour les reconnaître sans erreur, il faut d'abord s'assurer qu'ils possèdent bien un noyau volumineux et ne pas les confondre avec des cellules épithéliales à petit noyau, provenant éventuellement de la peau. Les leucocytes pigmentés (ou mélanifères) sont presque toujours des grands mononucléaires, à noyau arrondi ou échancré.

Ce point établi, examiner le pigment qui est toujours abondant et se présente sous forme de bâtonnets ou de masses irrégulières. Il ne faut pas le confondre avec les poussières qui peuvent souiller la préparation, mais qui sont superposées aux leucocytes et non incluses dans leur masse, dispersées dans toute la préparation et non localisées. Le pigment libre est exce[)tionnel.

En lumière polarisée (p. 203), le pigment paludéen est biréfringent ; cette propriété permet de lever tous les doutes en cas d'hésitation, mais il faut employer un fort éclairage car ce pigment est très opaque et faiblement biréfringent. Le pigment cutané, qui peut aussi induire en erreur, n'a jamais la forme de bâtonnets et n'est pas englobé par les leucocytes.

L'emploi du fond noir est inutile; les parasites pigmentés et les leucocytes mélanifères se voient beaucoup mieux en lumière ordinaire, à condition de diaphragmer convenablement. Le pigment noir tranche sur le fond clair de la préparation, tandis qu'avec le fond noir il parait brillant, comme les autres corpuscules de même taille.

Causes d'erreur. — Voici quohiues sources de confusion qu'il suffit de connaître pour ne pas se laisser tromper :

1. Vacuoles el fentes des hématies. — Peuvent en imposer, mais n'ont pas de contours nets, épais, ni l'aspect blanchâtre et opaque des vrais parasites. Les fentes ont toujours une teinte rougeàtre et une réfringence particulière.

2. Créneliires. — Peuvent faire hésiter lorsqu'elles apparaissent non à la périphérie, mais à la surface du globule. En variant la mise au point, on les voit devenir successivement brillantes et obscures. Ce sont donc des élévations de la surface (fig. 93, p. 156) et non des corps inclus.

3. Hématohlastes. — Peuvent être pris pour des parasites lorsqu'ils sont superposés aux hématies. Mais ce sont des masses granuleuses diffuses, n'ayant pas l'aspect opaque et le contour bien défini des véritables parasites.

4. Faux flagelles, qui se produisent au bout de ([uelque temps, aux dépens des hématies du sang anémique, et se détachent pour flotter dans le liquide de la préparation. Les vrais flagelles sont plus longs, plus épais, mobiles, et naissent aux dépens d'un gamète pigmenté.

5. Hématies repliées ou contournées simulant des gamètes en croissant, mais ne possédant pas de pigment.

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