IH. — RECHERCHE ET CONSERVATION DES ŒUFS D'HELMINTHES
La recherche des œufs irHelminlhes, pour le diagnostic, doit êlre effectuée dans les produits d'excrétion des oi^ganes parasités : crachats, urine, matières fécales. Nous nous occuperons d'ahord de ces dernières qu'on a le plus souvent Toccasion d'examiner. Pour les crachats et les urines, se reporter aux articles spéciaux (p. 646 et 647).
La coprologie microscopique est la recherche des éléments figurés qui se trouvent dans les déjections. Ces éléments figurés peuvent être des déhris alimentaires, des éléments histologiques, des parasites, des œufs d'Helminthes. L'examen microscopique des selles a pris peu à peu une grande importance clinique; pourtant il est encore trop souvent négligé, peut-être parce que heaucoup connaissent insuffisamment la technique coprologique.
Technique coprologique.
Elle comprend l'examen macroscopique et microscopique des selles.
t. Je préfère employer le citrate de sodium à 1 p. 100 qui empêche encore ■mieux la coagulation.
L'examen macroscopique est g*înéralemeiil négligé ou pratiqué superficiellement. Il ne faut pas seulement examiner les matières à travers les parois d'un llacon ou dans un vase quelconque. Il faut encore les diluer comme il a été dit p. 549 et y rechercher les gros débris alimentaires et les gros parasites. Il faut aussi s'aider de la loupe pour rechercher, dans le sédiment, les Helminthes de très petite taille, tels que les Trichines ou les Heterophyes. L'emploi d'une cuvette photographique noire rendra de grands services (p. 549).
L examen microscopique réclame aussi des précautions spéciales, surtout lorsqu'il s'agit de déceler un très petit nombre d'œufs ou d'établir un pourcentage par numération. Aussi allons nous esquisser une revue des procédés les plus utiles.
1- Examen direct. — La méthode la plus simple consiste à prélever un petit fragment de matière, à le diluer au besoin avec un peu d'eau physiologique bouillie et à l'étaler bien uniformément entre lame et lamelle. Ce procédé fournil d'excellents résultats, malgré sa simplicité, lorsqu'il est appliqué avec méthode et patience.
1° Employer toujours de très grandes lamelles 22x22 ou 22x32.
2° Étaler le mélange bien uniformément, non pas en écrasant la lamelle, mais en la déplaçant légèrement avec un mouvement tournant. Saisir la lamelle par ses bords, avec une pince, })our mieux effectuer ce mouvement. Les matières doivent former une couche mince, transparente ^ homogène.
3° Examiner méthodiquement toute la surface de la lamelle avec la platine à chariot, comme il a été dit p. 14 et 169 (fig. 99).
4° Ne pas conclure avant d'avoir examiné ainsi 4 à 6 pré])ara lions.
2° Méthodes d'enrichissement. — Ces méthodes ont pour but d'abréger l'examen et de faciliter le diagnostic, lorsque les œufs sont très peu nombreux.
Notons de suite Timportance pratique des méthodes d'enricliissement. Le temps qu'exigent ces manipulations est amplement compensé par l'économie de temps et de fatigue, réalisée sur un examen microscopiiiue
1. Il est souvent utile de diluer les matières avec du lactophénol, qui donne plus de transparence et augmente la réfringence des œufs, sans les gonfler ni les déformer; mais ce réactif peut rendre invisil)lcs les Protozoaires, lorsque ceux-ci n'ont pas été fixés par le formol.
prolongé et infructueux. Parcourir méthodiquement une préparation de matières fécales, exige une attention soutenue et toujours en éveil, à cause de la variété des objets et de la nécessité de déterminer la nature exacte de ceux qui peuvent ressembler à des œufs d'Helminthes, surtout lorsque ces derniers sont très rares. 11 en résulte une grande fatigue cérébrale et oculaire, dont on peut supprimer une partie au moyen des procédés de concentration.
La concentration est une des méthodes les plus employées en micrographie générale, pour l'étude des éléments isolés et épars dans un milieu solide ou liquide. On la produit par des procédés mécaniques (centrifugation, lévigation), physiques (triage par les liqueurs denses), chimiques (dissolution de la gangue par l'eau, les acides ou les bases).
En ce qui concerne la recherche des o?ufs, l'idéal est d'arriver à éliminer tous les corps autres que ces œufs, en profitant de la solubilité et des différences de densité, de manière à obtenir finalement, sous un petit volume, tous les éléments parasitaires renfermés dans une grande quantité de matières.
Les procédés de concentration ont été portés à un très haut degré de précision et de perfection dans le domaine de la micrographie lithologique. 11 serait à désirer que les biologistes s'inspirent un peu de ces méthodes et essaient de profiler des progrès réalisés par Thoulet, Lauby, etc. Un bon nombre de ces méthodes minéralogiques ne sont pas applicables aux œufs d'Helminthes, à cause de leur fragilité, mais il est des appareils, tels que le tube à lévigation de Lauby ', qui pourraient être employés avec avantage, dans les laboratoires où on pratique constamment l'examen des matières fécales.
On a proposé un grand nombre de procédés. Tout récemment, Maurice Hall a publié- une revue 1res complète de ces métbodes. C'est à ce travail que j'emprunte la plupart des détails qui vont suivre, mais que je dispose dans un ordre différent.
a. Sédimentation simple. — Laisser déposer les matières liquides. Diluer les matières solides avec un excès d'eau, laisser reposer pendant 5 minutes, décanter le liquide trouble, recommencer plusieurs fois, jusqu'à ce que les eaux de lavage soient à peu près claires. On élimine ainsi les matières solubles et les particules amorphes; on produit donc une concentration partielle et on rend la pâte fécale moins obscure.
6. Centrifugation. — C'est une sédimentation rapide, appliquée à de petites quantités de matière. Letulle 3 reproche à ce procédé d'altérer la forme des oîufs {Schistosomum, Ankylostomum)\ je n'ai pas constaté cet accident, bien que j'aie eu à centrifuger de grandes quantités d'urines bilharziennes.
c. Tamisage. — Le passage des matières à travers un tamis à mailles fines (1 mm.) a pour but de séparer les parties grossières, qui restent
L Voir note •?, p. 565.
2. Maurice C. Hall, A comparative study of methods of examining fseces for evidonces of parasitism. U. S. Départ, of ayric. Bureau of animal industry. Bull, n" 135, iQ-8 de 36 p., 1911. — Journ. of trop, vieil, XIV, p. 169-171, 1911.