Presse médicale, 30 déc
sur le filtre, des portions les plus fines, renfermant les o.'ufs, qui passent avec l'eau de lavage. Ce procédé est employé par de nombreux auteurs (Bass, Telemann, Garrison, Brumpt) avec diverses variantes. C'est une bonne méthode pour trier de suite les gros parasites. Les œufs passent avec les eaux de lavage, qu'on recueille et qu'on sédimente. On peut laver encore le sédiment à plusieurs reprises, pour le concentrer et le dépouiller des particules amorphes.
d. Traitement par les liquides denses. — La séparation des divers éléments des sédiments, suivant leurs densités, au moyen de liqueurs plus ou moins denses, est un procédé très employé dans certaines branches de la micrographie, notamment en lithologie microscopique. Au point de vue général, je considère ce procédé comme très supérieur à la décantation, parce que les objets peuvent rester en suspension dans l'eau pendant des temps très variables, proportionnels non à leur densité mais à leurs dimensions, comme l'ont bien montré les recherches de Thoulet i et de Lauby -. Pour les recherches biologiques, l'emploi de ces liqueurs est malheureusement très limité, à cause des altérations et déformations qu'elles produisent dans les éléments.
Méthode de Bass -K — Bass a d'abord employé une solution concentrée de chlorure de sodium, puis a conseillé de préférence le chlorure de calcium, qui est employé aussi par Garrison ''■. Les matières sont étendues de 10 fois leur volume d'eau et passées au tamis. Le sédiment est lavé plusieurs fois par centrifugation, de manière à enlever le plus possible de matériaux solubles, puis mélangé à une solution de chlorure de calcium de densité 1,050^'. On centrifuge de nouveau, les œufs tombent au fond, car leur densité varie de 1,050 à 1,100; ce qui surnage est rejeté. Si le sédiment est abondant, on le reprend par une solution plus concentrée, de densité 1,250*^ et on centrifuge : les œufs se rassemblent à la surface; on élimine ainsi des parcelles lourdes et grossières qui gênent beaucoup pour l'examen microscopique. On enlève la couche superficielle du liquide, on la reprend par de l'eau pour revenir à 1,050 et on centrifuge. On retrouve, dans le culot final, tous les œufs qui existaient dans la quantité de matière mise en expérience. Wellman ' remplace le chlorure de calcium par l'acétate de sodium.
e. Méthode chimique de Telemann *^. — Prélever diverses portions
1. J. Thoulet, Précis d'analyse des fonds sous-marins actuels et anciens. Paris, Cliapelot. 1907. — Analyse mécanique des sols sous-marins. Ann. des mines (9), XVII, 1900.
2. A. Lauby, Nouvelle méthode technique pour l'étude paléo-phytologique des formations sédimentaires anciennes. Bull. Soc. botanique de Irance, LVI, .Vémoire ia, 1909.
3. Journ. Amer. med. Assoc, XLVII, p. 185-189, 1906 et Arch. intern. med. Chicago, III, p. 446-450, 1909.
4. Garrison, Helminthological technic. U. S. Naval med. BulL-lV. p. 345-354, 1910.
5. A 18°C, une solution à 10 p. 100 pèse 1,041 et une solution à 15 p. lOO, 1,062, d'après Behrens; ces chiffres varient beaucoup suivant les auteurs et aussi suivant la pureté du produit employé.
6. Une solution à 26 p. 100 de sel anhydre pèse à peu près 1,2415 à 15°. Une solution à 55 p. 100 de sel hydraté pèse 1,252 à 18".
7. Wellmann, Comrnents on tropical medicine. Calif. State Journ. med., VIII, p. 312-313, 1910.
8. W. Telemann, Eine Méthode zur Erleichterung der Auffindung von Parasitoneiern in den Fteces. Dtscli. med. Wocli., XXXI V, p. 1510, 1908.
des matières et délayer Tensemble de ces prises dans le mélange suivant
ELher sulfuri(iue ....
Acide clilorhydrique pur
aa
L'élher dissout les graisses neutres et les acides gras, tandis que Tacide dissout les alhuminoïdes, les savons, la mucine, les phosphates, les sels de calcium. On passe au tamis fin, puis ou centrifuge. 11 se forme trois couches : au-dessus, l'étlier avec les graisses; au milieu, l'acide avec les bactéries et les fines particules; au fond, le culot renfermant les œufs : le traitement a produit une concentration assez notable de ces derniers. Cette méthode ne donne pas de résultats supérieurs à celle de îlall et elle présente le très grave inconvénient de détériorer i"apidement le microscope, à cause des vapeurs acides que dégagent les préparations.
f. Méthode mixte de Hall. — Elle cuiisisle à diviser rmenient les matières, puis à les tamiser, sédimenter et enfin centrifuger.
1. Division. — Indispensable pour libérer les parasites et leurs œufs et mettre tous les éléments en suspension dans l'eau. Agiter les matières dans un flacon bien bouché, aux trois quarts rempli d eau : au besoin, diviser d'abord avec un agitateur en verre, pour briser les gros fragments. Employer de préférence un agitateur mécanique et alors une minute suffit pour cette opération.
2. Premier tamisage. — Préparer six tamis, formés de six cuvettes en fer-blanc^ s'emboîtant Tune dans l'autre. Le fond des
cuvettes a été découpé et on a soudé à sa place une toile métallique en laiton. Les mailles doivent avoir 3 mm. pour le premier tamis, 250 a pour le dernier et des dimensions intermédiaires décroissantes pour les autres. Les cuvettes mesurent 16 cm. de diamètre au fond et leurs bords ont 5 cm. de hauteur (fig. 188). Emboîter les six tamis et mettre le tout dans un grand cristallisoir. Verser les matières sur le premier tamis et y ajouter assez d'eau ou de solution physiologique pour recouvrir le fond de ce
tamis.
Tamiser successivement avec les six tamis et examiner macros-
1. Pour éviter la rouille, on peut peindre les cuvettes, ou mieux, les prendre en fer galvanisé ou en zinc.
Fig. 188. — Les six tamis de Hall emboîtés et prêts à fonctionner.
copiqaemeiil les matières qui restent sur chacua (reux. Cha({iie tamisage dure quelques secondes.
3. Deuxième tamisage. — Le sédiment qui a traversé le dernier tamis, est versé sur un crible en soie à bluter a mailles de 117 à 13 i a (ou mieux en toile de laiton, si on peut en trouver de ce diamètre). Tenir la soie tendue entre deux cuvettes de ferblanc identiques aux ^^=3»
précédentes, c'est-à- "^^"^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ dire privées de leur ^^wim\r\ lÈ^^^
fond ; les deux cuvettes wMu\ i l/Êi
sont serrées avec des i^^^^^^^^pj'
pinces à linge en bois ^j^ ^gg Manière de tendre la soie à bluter (fig. 189). pour le second tamisage de la méthode de Hall.
4, Sédimentation.
— Le liquide trouble qui a traversé le tamis de soie est abandonné à sédimenter^ On peut, au besoin, laver une fois ce sédiment et le laisser reposer de nouveau.
o. Centrifugation. — Décanter le liquide clair et centrifuger le résidu, qu'on peut laver, si c"est nécessaire, par plusieurs centrifugations. Il est important de centrifuger très peu, juste assez pour sédimenter les œufs. A la vitesse de 1 230 tours à la minute, dix secondes suffisent. On arrive facilement ainsi à concentrer tout le sédiment utile, dans les deux tubes du centrifugeur.
L'opération terminée, laisser un des tubes tel quel. Jeter le liquide de Tautre et le remplacer par une solution de chlorure de calcium de densité égale à 1,250 (27 p. 100 de Ga Cl- anhydre ou oo p. 100 de sel hydraté). Centrifuger dix secondes à 1230 tours, puis prélever 1 cm ^ à la surface, avec une pipette. Mélanger à 14 cnr^ d'eau et centrifuger de nouveau.
6. Faire une préparation SiYec le culot du tube traité par Teau et une autre avec le culot du tube à chlorure de calcium, qui sert de contrcMe.
La méthode de Hall donne au moins quatre fois plus de chances de trouver les œufs que la méthode d'examen direct. C'est, en outre, la plus rapide de toutes les méthodes d'enrichissement. Ce procédé est excellent pour la recherche de tous les œufs d'Helminthes et même des oocvsles de Coccidies.
1. Pour éviter le développement des œufs et la putréfaction, je conseille d'y ajouter 2 à 3 p. 100 de formol.
568 MIÎTHODES SPÉCIALES
g. Lumière polarisée. — Je crois que personne n'a eu l'idée (remployer ce procédé optique pour l'examen des matières fécales; il peut rendre des services dans certains cas. Les débris végétaux s'illuminent brillamment entre les niçois croisés; en outre, j'ai remarqué que" la coque des œufs est biréfringente dans les genres suivants : Bothrioccplialus, Clonorcliis, Paragonimus, Trichocephalus.
h. Colorants. — Les essais de coloration qui ont été tentés n'ont rien donné de satisfaisant. Le Sudan 111 ne convient que pour la recherche des graisses et l'iode ne montre nettement que les grains d'amidon et les Levures.
Numération des œufs d'Helminthes.
Leichtenstern ^ pèse une certaine quantité de matières, la mélange à 100 cm3 d'eau et compte les œufs renfermés dans une goutte (0,03 cm3). 11 obtient ainsi le nombre d'œufs au gramme.
Brumpt - opère de la façon suivante : peser 5 gr. de matières, les étendre de deux volumes d'eau distillée et bien homogénéiser, puis passer au tamis de 1 mm. Laver deux fois le résidu qui reste sur le tamis, en exprimant chaque fois. Réunir le produit des trois opérations, ajouter un vingtième de formol '^ et sédimenter en 24 heures. Décanter et peser le résidu : soit 20 gr. le poids obtenu. Chaque gramme de matières est donc représenté par 4 gr. de dilution. On cherche alors combien il y a de gouttes dans un gramme de dilution bien homogène : suivant le diamètre du compte-gouttes, on en trouve de 20 à 30. On examine entre lame et lamelle une ou deux gouttes et on numère les diverses espèces d'œufs. Il est facile de calculer, au moyen de ces données, la teneur en œufs de 1 gr. de matière : on multiplie le nombre d'œufs trouvés dans une goutte par le nombre de gouttes au gramme et par le cliillre de la dilution. Ce procédé, (juoique trouvé d'une façon indépendante, rappelle celui de Lulz ■'>■.
Conclusions à tirer de l'examen des préparations.
On n'a encore que des données éparses et contradictoires sur les relations entre le nombre des parasites et le chilfre d'œufs trouvés dans les selles s.
En ce qui concerne le diagnostic, un examen négatif doit toujours laisser subsister un doute, car le parasitisme peut exister sans se manifester par des œufs :
L Deutsche med. Woch., n" 11-14, 1886.
'2. Brumpt, Diagnostic des épizooties parasitaires. Ileo. f/rn. des se, p. \-23-\-21,
3. L'action du formol est triple : antiseptique, décolorant, fixateur qui empêche en partie les œufs d'évoluer.
4. Lutz, Ueber Ankyiostomum duodenale und anhylosLomiasis. Yolkmann's Sammlung klin. Vortrage, Leipzig, Breitkopf und Hartel, 1885.
5. Leichtenstern [loco cltato) divise par 47 le nombre d'œufs d'Ankylostomes trouvé dans un gramme de matières et connaît ainsi le nombre de femelles. Ce procédé est basé sur de nombreuses autopsies.
1° Lorsqu'il n'y a que des mâles de Nématodes;
2° Lorsqu'il n'y a que des larvées de Cestodes ou de jeunes Trématodes;
3° Lorsque les femelles sont infécondes;
4° Par suite d'oscillations dans l'expulsion des œufs.
5° Lorsque les parasites ne pondent pas dans l'intestin (Ténias, Oxyures, etc.).
Il sera donc bon, en cas d'échec, de répéter l'examen pendant plusieurs jours consécutifs.
Causes d'erreur. — Le débutant peut prendre les œufs pour des débris alimentaires ou, plus fréquemment, faire la confusion inverse. Il ne faut pas oublier que les œufs possèdent une membrane à double contour, de forme et de dimensions caractéristiques; dans cette enveloppe se trouve un embryon ou une ébauche embryonnaire présentant aussi des caractères spéciaux.
Parmi les corps figurés qui peuvent être pris pour des œufs, signalons : les grains de pollen ; les spores de Lycopode ; les spores de Champignons et notamment celles de Truffe, d'Ustilaginées et d'Urédinées; les sphérules de savons calcaires; les fragments de Irachéides spiralées prenant la forme d'anneaux. Il ne faut pas non plus prendre certains poils végétaux pour des embryons (THelminthes; ces poils ont toujours une paroi épaisse et une base d'implantation tronquée.
Conservation des œufs d'Helminthes en préparations définitives.
Il peut être nécessaire, pour les comparaisons ultérieures ou pour les besoins de renseignement, de conserver les œufs d'Helminthes, soit en réserve, dans des tubes, soit en préparations microscopiques.
Matériaux de collection. — Le produit de la sédimentation des matières peut être conservé soit dans le formol à 5 p. 100, soit dans le lactophénol. Le formol fixe très bien les œufs et leur conserve leur aspect naturel, mais il produit quelquefois autour d'eux de fâcheuses agglutinations de particules. Le lactophénol a l'avantage de ne pas s'évaporer et d'éclaircir les œufs, mais il leur enlève un peu de leur aspect naturel.
Préparations microscopiques. — On peut monter la plupart des matières dans l'eau formolée et luter au lut de Kronig. Personnellement, je préfère de beaucoup le montage au lactophénol (p. 444 et 461) qui donne des préparations très limpides, dans
lesquelles les œufs sont admirablement éclaircis, en conservant leurs caractères morphologiques et leurs dimensions.
Looss ^ procède comme il suit pour monter à la glycérine gélalinée : délayer les matières avec de Peau et éliminer les gros fragments; fixer en mélangeant la bouillie avec de Talcool à 70" glycérine (à "> p. 100), chauffé à -I- 70°. Après refroidissement, décanter, ajouter de l'alcool glycérine frais, évaporer à Tétuve et monter à la glycérine gélatinée.
Les œufs des Tœnia exigent quelquefois d'être éclaircis par l'acide lactique et montés dans ce liquide.