Séparer les glandes de la tête
Poser l'aiguille gauche sur la tête et dilacérer la petite masse blanche avec l'aiguille droite. Il faut employer très peu de liquide et veiller à ce que les glandes n'adhèrent pas à l'aiguille.
.5. Faire un frottis avec les glandes, sécher rapidement et colorer au Romanovsky.
Ancienne méthode, sèment le segment ainsi isolé. Ce procédé peut servir, au cas où la méthode de Stephens n'aurait pas réussi et où on aurait arraché la tète sans
Fig. 230. — Dissection des glandes salivaires des ^loustiques. Ancienne méthode.
Couper en 1 et 2 (fig. 2.30) et dilacérer soigneu-
les glandes.
Méthode d'Eysell.
— Presser sur le thorax pour faire saillir le cou, puis couper en B (fig. 231). Tirer en g et/, pour séparer les deux moitiés jusqu'à la tète. Fixer la tète en la transflxant en h et extraire les glandes salivaires avec l'autre aiguille.
1. Eysell, Bie Stechmûcken in Mense, Handbuch der Tropenkrànkheiten, II. p. 44-94. pi. I-V, 1905.
Fig. 231. — Dissection du tube digestif et des glandes salivaires. Tracé des incisions d'après Eysell.
M. Laxgero.n. — Précis de Microscopie.
Fig. 23-2. — Procédé de la boîte d'allumettes pour la conservation et l'expédition des Insectes fragiles. Manière de disposer les échantillons dans le tiroir °.
Méthode des frères Sergent'. — Ce n'est pas une mélhode de dissection, comme les précédentes, mais un procédé de diagnostic : arracher hnisquoment la tète avec une pince fine, serrer le thorax avec
cette pince et faire sourdre les tissus tfioraeiques, avec les([uels on exécute un frottis. Colorer au Romanovsky et chercher les sporozoïtes.
Collections de Moustiques. — Les
Moustiques conservés dans Talcool (lig. 205) sont généralement peu utilisables, soit parce que leurs écailles sont lavées par le liquide, soit parce qu'il est impossible de les dessécher convenablement ensuite. Lorsqu'on n'a pas le temps ou la possibilité de les piquer, le mieux est de les conserver par le procédé
des boîtes d'allumettes : on garnit le tiroir d'une couche d'ouate très légère et bien étirée, sur laquelle on dépose les Moustiques, puis on entoure d'une bande de papier, disposée comme le montrent les ligures 232 et 233, et permettant de tirer le tiroir sans froisser les Insectes. On peut en mettre ]»lusieurs dans chaqueboîle, à condition qu'ils ne puissent se toucher. Une goutte de créosote dans la ouate est un bon préservatif contre les Insectes destructeurs et les Moisissures; on peut aussi mettre, au fond du tiroir, sous la ouate,
1. Ed. et. Et. Sergent. Campagne antipaludique en Algérie en i908, p. 162.
2. Les figures 232 et 233 ont été extraites d'une notice {Instructions sommaires pour les pays chauds) publiée par le Laboratoire de Parasitologio de la Faculté de Médecine de Paris,
Fig. 233
Boite fermée, avec notes de chasses inscrites sur la bande de papier.
AHTHUOPODES
quelques cristaux de naphtaline. Inscrire les indications sur la bande de papier.
Pour piquer les Moustiques ainsi desséchés, mettre sim])lement le tiroir ouvert au ramollissoir (iig. t^06). On peut alors enlever les animaux et les débarrasser a
du coton sans les briser.
Méthode des deux épingles. — 1. Découper dans du carton mince (genre carte de visite) des disques (avec un emporte-pièce rond) ou mieux des carrés ou des rectangles '.
2. Placer le Moustique (récemment tué ou ramolli) sur le dos, sur une plaque de tourbe ou d'agave.
3. Prendre avec la pince à piquer une épingle micro (fig. 234, 1) et la piquer au centre du disque posé sur la plaque de tourbe. Enfoncer la micro jusqu'à la moitié de sa longueur 2.
4. Retirer la micro de la plaque de tourbe avec le disque et piquer le Moustique exactement entre les pattes, de manière à ce que l'épingle ressorte de 1 millimètre environ sur le dos, bien au milieu du thorax (flg. 234, 2 et 3).
5. Retirer doucement la micro portant le discjue et le Moustique, prendre le disque avec les doigts ou la pince, poser le bord sur la plaque de tourbe et le traverser avec une forte épingle n° 3 (fig. 234, 4),
avec laquelle on pique ensuite l'étiquette. Le disque doit se trouver à peu près au tiers supérieur de l'épingle.
Fig. 234. — Méthode des deux épiugles. a, pince à piquer; b, épingle micro; c, rectangle do carton; d, plaque de tourbe ou d'agave. D'après Daniels.
Le Moustique est ainsi solidement fixé au petit appareil formé par le disque et les deux épingles. Le tout peut être piqué dans une boîte à Insectes ou dans un large tube bouché -^ (fig. 235),
1. On trouve dans le commerce des feuilles de rectangles toutes imprimées, qu'il suffit de découper aux ciseaux. On peut aussi employer do petits cubes de moelle de Sureau qui sont excellents, mais un peu longs à préparer.
2. Si la micro a une tête et si on veut enlever cette tête, avoir soin de couper l'épingle obliquement, avec de forts ciseaux, de manière à pouvoir la piquer de nouveau dans un autre disque, si c'est nécessaire.
3. Ne pas enfermer les Insectes avant dessiccation complète. Consulter à ce sujet : A System of mounting, examining, preserving mosquitoes. Paludism, n" 3, p. 57-61, pi. III, 1911,
procédé excellent pour le transport, Texpédition et même ponr la démonstration, car il permet de faire circuler les échantillons entre les mains des élèves.
Ne pas oublier que la détermination des Moustiques se fait à Faide des écailles, il faut donc soumettre les échantillons au minimum de manipulations et éviter avec soin les frottements. Un Moustique incorrectement piqué, mais intact, vaudra toujours mieux qu'un Moustique bien piqué, mais qui a perdu une partie de ses écailles. Employer l'appareil de Sergent (fig. 207) ou à son défaut un bouchon collé sur une lame, pour Texamen au microscope ou au binoculaire .
Préparations microscopiques. — Les œufs seront montés au lactophénol ou à la glycérine gélatinée (p. 442). Les larves et les adultes seront tués dans Talcool et montés à la térébeuthine de Venise. Pour la dissection et la séparation des pièces buccales, ramollir dans le chloralphénol et passer directement au baume. Ne jamais bouillir dans la potasse ni larves ni adultes. Le chloralphénol permet d'ol)tenir des larves d'une transparence absolue. Ne jamais monter d'adultes gorgés.
Petits Nématocères.
Psychodidés. — Les Phlébotomes adultes sont surtout des animaux domestiques : on les trouve donc dans les maisons, mais ils sont excessivement difficiles à voir et à capturer à cause de leur petite taille. Le meilleur moyen est de les coiffer d'un tube pendant qu'ils piquent. Les larves et nymphes sont extraordinairement difficiles à découvrir; il est probable qu'elles se développent dans les crevasses humides des murs et des rochers. Malgré les recherches de Newstead et de Marett \ il y a encore beaucoup à faire pour connaître la biologie de ces insectes.
1. R. Blanchard, Quelques mots sur les Phlebotomus. Arch. de parasltologie, XIII, 1909. — R. Newstead, The Papataci Flies (Phlebotomus) of the Maltese Islands. Bull, entomol. research, II, p. 41-78, 3 pi., 1911. Annals of trop. med. and parasitology, V. p. 139-181, 3 pi., 1911. — Marett, The life history of Phlebotomus. Journ. Boy. Army med. coi'ps, XVII, p. 13, 1911. — M. Langeron, Localités nouvelles de Phlébotomes. C. B. Soc. de biologie, LXXII, p. 973, 1912.
Fig. 235. — Skionstique piqué par la méthode des doux épingles. — Original.
ARTHROPODES 613
On peut arriver à piquer les adultes, mais c'est une besogne très délicate. Généralement on les monte au baume, mais je préfère la térébenthine de Venise ou le lactophénol qui est moins réfringent. Rien ne remplace Tétude des individus frais.
Simulidés. — Les larves et nymphes de Sitnulium sont faciles à découvrir dans les eaux à cours rapide, sur les pierres et les herbes. L'élevage des larves en captivité est difficile à réaliser, parce que Teau courante est indispensable; mais Téclosion des nymphes, conservées à sec ou dans l'eau, se produit sans difficulté. Gomme les adultes volent en nuage, on les capture facilement avec un petit filet ou un mouchoir, mouillé d'eau ou d'alcool. Les échantillons piqués à sec sont préférables à ceux qui sont conservés dans l'alcool et montés au baume.
Chironomidés. — Ge groupe renferme un très grand nombre de formes piqueuses et non piqueuses. La biologie des larves est très curieuse et très mal connue : toutes paraissent aquatiques, mais vivent de façons très particulières. Gertaines larves de Ceratopoqon vivent dans la sève qui coule des plaies des arbres (Ormes); j'ai fait connaître ' des larves d'Orthocladius qui vivent dans les sources incrustantes, jouent un grand rôle dans la formation des tufs calcaires et dont les traces se retrouvent jusque dans l'éocène inférieur.
Les adultes se capturent comme les Simulidés. Ils sont généralement trop petits pour être piqués; on les conserve dans l'alcool et on les monte à la térébenthine de Venise ou au lactophénol.
Les Blépharocéridés. dont les larves vivent dans les eaux courantes, se traitent de la même manière.