CHAPITRE III PLANKTON
Il lie peut (Hre question, dans cet ouvrage, de faire une élude même sommaire de la technique du plankton^ Je veux seulement donner quel(|ues indications uliles, pour Tétude de la faune et de la tlore microscopiques des eaux douces.
Pêche du plankton. — Les traités spéciaux donnent les indications com[ilètes sur tous les modèles de filets. Nous nous contenterons d"ada|)ter à la monture décrite p. 602 (fig. 219 et 220) une poche en soie à hlulcr d'un numéro proportionné aux organismes à récolter. Pour pécher des Infusoires on prendra, par exemple, une gaze double force X, n" 16, 17 ou 18 -, mais il ne faut pas oublier que ces filets se colmatent très facilement. Les double extra XXX, n° 8 à 10, sont d'un emploi plus facile et retiennent déjà des organismes très petits.
Le fond du filet est lavé dans une tasse, comme il est dit p. 603, et le produit de la p-clie est rapporté au laboratoire, réuni dans un bocal unique ou séparé dans des tubes suivant les circonstances.
Préparation et triage. — La récolte peut être fixée in toto ou bien on peut trier les organismes, suivant leur nature et leur taille. Pour pratiquer la fixation, il faut aussi concentrer le plankton dans la plus petite quantité d'eau possible.
De tous les appareils qui ont été proposés, nous ne retiendrons que celui de Francotte^, qui est très simple, très ingénieux et très pratique (fig. 236). Le filtre pipette se compose d'un tube D qui
1. Consulter, par exemple, à ce sujet ; Steuer, Planktonkundc, IVUO etLeitfaden (1er Planktonkunde, 1911.
2. Catalogue de Renaud, Levêque et C®, 39, rue Jcan-Jacques-Rousseau, Paris. Certaines maisons anglaises, par exemple Flatters and Garnett. 3-2, Dover Street, Manchester, fabriquent des appareils très perfectionnés, pour la pèche du plankton d'eau douce.
3. Francotte, Appareil pour la préparation et le triage du plankton. /hdf. Institut océanofi ra phiqne de Monaco, n'^ 2-2^, •2c> janvier 1912.
peut être un verre à gaz rétréci aux deux extrémités, un verre de lampe à pétrole ou même un simple tube à entonnoir (genre tube de sûreté). La partie inférieure est garnie d'un tamis de soie à
bluter de numéro approprié, retenu par un anneau de caoutcbouc. La partie supérieure est fermée par un bouchon, portant un tube C, auquel est adapté un tube de caoutchouc B, terminé par le tube T ' servant de pipette d'aspiration. Le lîlankton à filtrer est en A. On comprend comment E et D étant pleins d'eau, si on soulève le tube D, il se produit en T une aspiration qui amorce le siphon. On peut laisser la liltration s'opérer ou bien, en pinçant le tube, saisir par aspiration tel ou tel organisme. L'excédent de liquide s'écoule de E en F et le contenu du filtre D ne peut jamais rester à sec. Si le filtre se colmate, par accumulation des organismes, soulever le tube D et l'enfoncer vivement deux ou trois fois pour remettre le plankton en suspension. La dimension de l'appareil varie
Fig. -236. — Appareil de Fran cotte pour le triage du plank ton. D'après Francotte.
suivant la nature et la quantité du plankton à traiter : pour les triages, faire un appareil qu'on puisse tenir tout entier de la main gauche, pendant qu'on dirige la pipette T de la main droite.
Fixation. — Lorsque tous les animaux sont rassemblés dans le tube D, enlever le tube de caoutchouc. Soulever lentement le tube D pour laisser écouler la majeure partie de l'eau, fei'mer reii de Fran- l^^rmétiquement le tube G avec l'index (fig. 237) cotte pour la ct porter le plankton, flottant dans quelques cenflxation du timètres cubes d'eau -, dans le vase H renfermant
plankton. D a- ■
près Francotte. le fixalcur. Plougcr douccment pour que l'eau,
moins dense, surnage et pour que les animaux
restant au fond soient bien fixés. Puis, avec un agitateur.
Fig. 237. — Appa-
1. Le tube de caoutchouc a 11 mm. de diam. ; le tube Ta IQ mm. et est effilé à la partie inférieure. Ces dimensions varieront suivant la nature du plankton.
2. La plus petite quantité possible pour ne pas diluer trop le fixateur. 11 ne faut pas non plus que les organismes collent à la soie à bluter.
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pousser le lien de caoutchouc, faire tomber la soie dans le vase H et Tagiter pour libérer tes organismes. Procéder au lavage comme d'habitude.
Fixateurs. — Tous les fixateurs conviennent, notamment le Flemming faible ' et le sublimé à saturation. Francolte emploie aussi le liquide de Lo Bianco, formé de parties égales de Flemming faible et de formol à 40 p. 100; ce mélange ne se conserve pas et ne doit pas agir longtemps. Le formol seul est très mauvais, il est souvent acide et produit fréquemment la macération des organismes.
Meunier et Yaney - ont proposé récemment l'emploi de la c/uinone à 2à4p. 1000. Ce réactif doit être fraîchement préparé car il brunit très vite à Tair. Le plankton est ensuite conservé dans Falcool à 70°. Les noyaux se colorent en brun, les cytoplasmes en jaune. brunâtre faible.
A. Bonnet'^ applique celle méthode aux Algues et monte ensuite à la glycérine gélatinée. La chlorophylle prend une teinte brunverdâtre très favorable.
A. Nathansohn '" conserve le plankton marin dans l'alcool à 70°, déshvdrate par l'alcool absolu, éclaircit trois fois dans le xylol phéniqué à 1 p. 3 (p. 351), monte au baume et examine avec l'éclairage à fond noir.
Méthode de Francotte pour les préparations microscopiques.
Solution A, fixatrice et colorante :
Eau 55 cm3.
Alcool à 90° 20 —
Glycérine 20 —
Formol à 40 p. 100 5 —
Vésuvine 0,05 cgr.
Vert malachite 0,10 —
Solution B, conservatrice :
Eau 50 cm3.
Alcool 20 —
Glycérine 30 —
1. Eau lÛOO, acide chroraique -2,5, acide osmique 1, acide acétique, 1.
2. Meunier et Vaney. Nouveau procédé de fixation du plankton. C. R. Soc. de biologie, LXVIII, p. 7-27-7-29, 1910.
3. A. Bonnet, Fixation des algues par la quinone. C. R. Soc. de biologie, 4 juin 1910.