CHAPITRE V
Il ne peut être question ici de donner un aperçu, même sommaire, de la technique liislologique.
En effet, pour indiquer avec précision la manière de colorer les divers organes et de mettre en évidence leurs particularités de structure, il faut introduire des descriptions qui ne concorderaient plus avec Tesprit exclusivement pratique et technique de cet ouvrage. Je suppose que le lecteur possède les notions d'hislologie indispensahles et, dans ces conditions, les méthodes générales et spéciales que je décris suffisent dans l'immense majorité des cas. Il existe d'excellents ouvrages, français et étrangers, dans lesquels on Irouvera les indications de micrographie appliquée, nécessaires pour des études purement histologiques. Je ne me place donc pas ici au point de vue de l'hislologisle, mais à celui du chercheur, du naturaliste et du médecin, qui observe et expérimente et qui veut pouvoir lire facilement les coupes exécutées dans les organes d'animaux en expérience. Les hislologistes choisissent leur matériel, en s'attachant aux types chez lesquels tel ou tel tissu est plus facile à voir. L'expérimentateur est forcé de tirer parti d'un animal quelconque, qu'il est contraint d'étudier pour des raisons de réceptivité; il doit donc se contenter de méthodes histologiques ])lus générales, convenant à la plupart des cas. Aussi, je limite mes indications à quelques méthodes très simples, [)lutôt topographiques, permettant la lecture facile des coupes.
Tissu conjonctif.
Ce tissu forme la partie fondamentale de tous les organes, aussi faut-il s'attendre à le rencontrer partout dans les coupes. En outre,
il joue un rôle considérable dans les organes sclérosés. Il est donc nécessaire de le mettre en évidence et de le différencier du tissu musculaire lisse. Il faut, en outre, distinguer, dans le tissu conjonctif, les fibres conjonctives proprement dites (collagène), les fibres élastiques (élastine), et les cellules. Parmi ces dernières, nous devons surtout savoir mettre en évidence les plasmoc} tes S les labrocytes et les leucocytes éosinophiles.
Collagène. — Les méthodes électives ont pour objet de le distinguer des fibres élastiques et des prolongements protoplasmiques des cellules conjonctives. Ces méthodes reposent sur la faculté que possède le collagène de se colorer par certains composés sulfonés de la rosaniline, notamment par deux colorants acides, la fuchsine acide (p. 398) et le bleu d'aniline (p. 400).
Nous avons déjà donné, parmi les méthodes générales, un certain nombre de procédés très favorables pour la mise en évidence du collagène. L'hématéine-éosine et les chromolropes peuvent suffire, lorsqu'ils sont correctement employés (p. 418 et 421). Le safran (p. 423), le vert lumière (méthodes de Prenant, p. 423 et de Masson, p. 426), le picro-carmin d'indigo donnent aussi d'excellentes coloration du collagène.
Comme méthodes plus particulièrement électives, nous avons le van Gieson (p. 421), procédé à la fuchisme acide^ et les méthodes aux bleus d'aniline. Nous avons déjà décrit (p. 424) le trichromique de P. Masson. qui fournit certainement la coloration la plus élective connue pour le collagène. Les méthodes de Blochmann et de Schuberg (p. 529) sont appUcables au tissu conjonclif, surtout après coloration par l'hématoxyhne ferrique de Weigert, à la place du carmin boracique. Nous donnons, en outre, la méthode de Gurtis, qui est aussi très élective, mais qui a l'inconvénient d'employer l'acide picrique, réactif qui finit toujours par diffuser d'une manière fâcheuse.
Méthode de Ciirtis-. — Parmi les diverses méttiodes proposées par Curtis, je ne retiendrai que celle du noir-naphtol B, qui, à mon avis, est la plus simple et la plus démonstrative.
1. Débarrasser les coupes de la paraffine suivant la méthode habituelle et colorer les noyaux dans la safranine anilinée (p. 393).