Laver au xylol et monter à l'huile de cèdre
On peut encore, plus simplement, surtout pour les coupes à la paraffine, qui sont difficiles à sécher au buvard, différencier par l'éther glycérique qui donne des résultats au moins aussi bons (jue le mélange de de Gothard.
Imprégnations argentiques 3. — J'ai déjà exposé, p. 433, la méthode de Ramon y Cajal pour Timprégnation des neurofibrilles. Voici comment on peut la modifier pour les autres cas particuliers. Ces modifications donnent des imprégnations beaucoup plus pénétrantes, permettant d'utiliser des pièces de 3 mm. d'épaisseur.
1. La place nous manque pour donner les méthodes de Weigert et de Benda particulières à la névroglie.
2. De Gothard, Modifications à la méthode de Nissl. C. B. Soc. de biologie, p. 530, 1898.
3. Je ne décris pas la méthode de Golgi au chromate d'argent qui est en dehors de la pratique courante et nécessite un procédé particulier pour le montage des coupes. Ne pas confondre cette méthode avec la nouvelle méthode do Golgi (p. 511) pour l'appareil réticulaire interne.
Fibres à myéline. — Fixer les fragments pendant vingt-fjuatre heures dans l'alcool absolu et procéder comme il est dit p. 434, avec cette seule diirérence que le bain réducteur devra être additionné de 0,50 p. 100 de sulfite de sodium.
Fibres sans myéline. — Durcir vingt-quatre heures dans l'alcool absolu, additionné de 0,25 à 1 p. 100 d'ammoniaque. Laver quelques minutes à l'eau distillée et imprégner trois à cinq jours à 37° dans le nitrate d'argent à 1,5 p. 100. Continuer comme précédemment.
Arborisations péricelliilaires . — Durcir vingt- quatre heures dans du formol à 25 p. 100, additionné de quelques gouttes d'ammoniaque (0,50 p. 100 au plus). Laver longuement à Feau courante (6-12 heures). Imprégner'comme il est dit p. 434.
Pour améliorer la teinte des coupes obtenues par toutes ces variantes, il est bon de les virer au virage de Cajal :
Eau 100 cm»
Sulfocyanure d'ammonium 3 gr.
Hyposulfite de sodium 3 —
Ajouter, au moment de l'emploi, 4 à 5 cm-' de chlorure d'or ù 1 p. 100.
Appareil rcticulaire interne. — Méthode de Golgi, p. 511 (à la fin, colorer au carmin aluné).
Méthode de Cajal : fixer vingt-quatre heures dans le formol à 10 p. 100, laver quatre heures à Teau courante, puis imprégner comme plus haut.
Œil.
Il est assez difficile d'obtenir de bonnes coupes totales de Toeil, après inclusion à la paraffine, et il va sans dire que les coupes à la celloïdine sont toujours trop épaisses. Avec la paraffine, les principaux écueils sont d'aboi\l le durcissement excessif du cristallin, puis le décollement de la rétine. Il ne faut donc espérer un bon résultat qu'avec des yeux de très jeunes animaux. La fixation peut être faite avec un liquide quelconque. Cantonnel ^ recommande les liquides isotoniques : par exemple, ajouter 0 gr. 67 de chlorure de sodium à 50 cm'^ de sublimé à saturation pour la conjonctive et la cornée et 0 gr. 30 pour les membranes internes. Pour dépigmenter, employer la méthode d'Alfieri (p. 451). Colorer de préférence à l'hémaloxyline ferrique, avec coloration de fond à l'orange G.
Peau.
La peau est un des tissus au niveau duquel on pratique le plus souvent des examens microscopiques, soit pour le diagnostic
1 Archices d'opJUhahnologie, 1909.
des dermatoses, soit au point de vue histologique et cytologique ^
En ce qui concerne la peau liuniaine, les fragments sont prélevés sur des pièces opératoires ou par biopsie. Dans ce dernier cas, il faut avoir soin de prélever assez profondément, pour avoir une idée bien exacte de la lésion à examiner. Pour les biopsies superficielles Taneslbésie au clilorure d'élhyle suffit; elle n'a pas les inconvénients de Tinjection de cocaïne qui altère toujours les cellules. Il n'en est pas de même pour les prélèvements profonds et étendus, pour lesquels la cocaïne est indispensable et n'a pas le temps de modifier toute l'épaisseur des tissus.
La fixation doit être pratiquée, autant que possible, au moment du prélèvement. Le Bouin est le meilleur fixateur. Au cas où on aurait à transporter ou à expédier la pièce prélevée, avoir soin de ne pas l'emballer dans une substance absorbante (compresses en toile ou en gaze), qui enlèverait aux tissus les liquides qui les baignent et favoriserait le dessèchement. Envelopper simplement le fragment dans un peu de taffetas gommé, ou mieux l'insérer dans un petit tube bien sec et bouché avec un liège neuf.
Pour l'étude purement histologique de la peau, les fragments de choix sont ceux qui proviennent d'excisions opératoires de la lèvre. Il y a toujours sur les bords des parties saines, sur lesquelles on peut étudier à la fois, la muqueuse, la peau et les bulbes pileux.
L'inclusion de la peau ncprésente pas de difficultés spéciales : le seul écueil qu'on ait à redouter est le durcissement exagéré des pièces. On y obviera en se servant de toluène et non de xylol pour l'imprégnation. Il faudra aussi ne pas craindre de prolonger le bain de paraffine pendant dix à douze heures. En observant ces précautions, on aura rarement des insuccès.
Les méthodes de coloration sont très nombreuses : la méthode à l'hématéine-éosine est le procédé fondamental, mais on pourra employer toutes les autres, y compris celles qui sont spéciales au tissu conjonctif, suivant la nature de la lésion à étudier; je recommande surtout la méthode au safran (p. 423) ou le trichromique de Pierre Masson (p. 424) et la méthode au bleu polychrome de Unna (p. 427). On fera, s'il y a lieu, la recherche de la fibrine par une méthode appropriée (p. 674).
1. Rubens Duval, Cytologie des inflammations cutanées. Thèse do Paris (médecine), in-8" de ^IQ p., 3 pi., 1908.
TECHNIQUE HrSTOLOGIQUE ÉLÉMENTAIRE 663
Examen des squames. — L'examen des squames et des croûtes a une importance capitale pour le diagnostic de toutes les maladies cutanées.
Prélèvement : soit à la pince, de préférence la pince à épiler, soit par raclage avec une lame de verre qu'on tient inclinée à 45" et avec la(iuelle on racle de bas en haut. Le produit du raclage est recueilli sur une autre lame qu'on place perpendiculairement à la peau. L'aspect et l'étendue des lambeaux, l'abondance de la graisse donnent déjà de précieuses indications. Les squames normales sont formées de cellules cornées, non nucléées, peu adhérentes entre elles. Au contraire, les squames séborrhéiques sont très grasses et s'enlèvent en larges lambeaux ; les squames pityriasiques forment de petits lambeaux renfermant des cellules nucléées, etc.
Dissocier si les squam.es sont trop épaisses.
Dégraisser par le mélange alcool-éther à parties égales ou par le chloroforme. Cette opération est indispensable pour permettre la pénétration du colorant.
Fixation par l'acide acétique cristallisable à 50 p. 100 ou par l'acide formique, à l'ébullilion. On peut évaporer lentement à chaud ou mieux retirer les squames et les laver à l'eau distillée.
Coloration par un colorant basique, de préférence le bleu polychrome de Unna ip. 427), le bleu boracique de Sahli (p. 391) ou l'azur II alcanisé (p. .389). On peut alors diagnostiquer la nature pavimenteuse ou leucocytaire des squames. On devra aussi, dans certains cas, rechercher la fibrine (p. 674).
Laver à leau, passer par les alcools, le xylol et le baume.
La recherche des parasites (Acariens, Champignons) se fait surtout par l'examen extemporané dans la potasse à 40 p. 100 et mieux encore dans les liquides de Amann (p. 579 et 715).
Examen des exsudais cutanés. — Récolte par expression ou raclage avec la lame de verre. Étaler, sécher, fixer et colorer. La recherche des graisses est très importante. Voir p. 673 les procédés à employer pour les déceler et pour distinguer les oléines, les palmitines, les acides gras libres, les graisses neutres, les lécithines, etc.