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CHAPITRE VI

TECHNIQUE CYTOLOGIQUE

Il n'y a pas à proprement parler de technique cytologique car, au fond, les cytologistes n'emploient pas, sauf pour certains cas spéciaux, de procédés particuliers. Le premier. point est d'obtenir des lixations aussi parfaites que possible, avec du matériel bien frais : ensuite, il faut pratiquer des colorations soignées avec des méthodes rationnelles.

Si on entend par cytologie Vanaiyse chromatique, toutes les méthodes indiquées dans cet ouvrage sont des méthodes cytologiques.

Cette analyse peut envisager la répartition des divers tissus dans les organes et la coloration élective de certains d'entre eux. Nous utiliserons alors les méthodes topographiques dont les principales sont riiémaléine-éosine, le trichromique et le safran de Pierre Masson, le van Gieson, les colorants du tissu élastique, etc.

Si cette analyse a pour but de rechercher la nature des éléments cellulaires qui composent les tissus, nous emploierons les méthodes cytologiques proprement dites, mais, ici encore, nous devons faire une distinction, suivant que nous étudierons de préférence les réactions chromatiques du noyau ou du cytoplasme et de ses enclaves, ou bien la structure fine de la cellule. Un bon exemple du premier cas nous est fourni par les immortels travaux d'Ehrlich sur les granulations leucocytaires, travaux qui ont été le fondement de l'analyse chromatique cytologique et non plus seulement topographique. Les divers perfectionnements de la méthode de Romanovsky, tels que nous les avons exposés dans les pages précédentes, représentent pour nous la plus haute différenciation actuelle de cette forme de l'analyse chromatique.

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Dans le second cas, il ne s'agit plus d'obtenir une différenciation poli/ch'ome, correspondant à des affinités chimiques probables, mais non encore définies. On s'efforce, au contraire, de mettre en évidence des détails de structure : peu importe que la coloration soit monochrome, pourvu f}ue la différenciation structurale soit obtenue. Je crois que l'ancienne distinction entre colorants nucléaires et colorants cytoplasmiques a fait son temps, au moins en ce qui concerne les études cytologiques proprement dites. Si les colorations, dites de fond, sont très utiles, ou même indispensables, pour les études topographiques, elles sont plutôt gênantes en cytologie. En outre, la distinction classique entre le domaine nucléaire et le domaine cvloplasmique tend de plus en plus à s'eiïacer. Non seulement le cytoplasme prend une part importante aux mouvements nucléaires, mais encore il est de plus en plus certain qu'il renferme des formations particulières, dont le rôle est à peine entrevu, mais se révèle déjà comme essentiel. Or ces formations, (ju'il s'agisse d'ergastoplasme, de mitochondries, d'appareil réticulaire, etc., ne sont pas colorables par les colorants dits cytoplasmiques

La technique cytologique proprement dite, au sens le plus étroit du mot, tend à se spécialiser dans ces méthodes monochromes qui colorent électivement les particularités structurales du corps cellulaire : elle comprend donc aussi bien des méthodes de coloration proprement dites que les imprégnations métalliques, types de la méthode monochrome.

Rappelons que la méthode cytologique fondamentale est la coloration à r/iémaloxi/line ferrique, avec ou sans coloration de fond. Mais cette méthode s'adresse surtout aux formations nucléaires, elle doit être complétée par des procédés permettant de colorer d'autres appareils que nous allons passer rapidement en revue.

Appareil réciculaire interne. — Imprégner par la méthode spéciale de Golg-i (p. 511). Cet appareil a été vu, non seulement dans les cellules nerveuses, mais encore dans une foule d'autres éléments normaux ou pathologiques, si bien qu'il parait devoir être considéré comme un organe essentiel de la cellule.

Un récent travail du D' Aldo Perroncito ' fait connaître les phénomènes très particuliers qui président à la division de cet appareil et nous apprend qu'un Mollusque, très commun dans les eaux douces, le

1. A. Perroncito. Mitochrondrcs, chroniidies et appareil réticulaire interne dans les cellules spcrmatiques. Le phénomène de la dictvokinèse. Arc/t. iial. de bioL, LIV, p. 307-345, 3 pi., 1911.

Vivipanis viviparus {Paludina vivipara), présente, dans son testicule, un matériel remarquable pour l'élude de ces formations. Ce Mollusque est un petit Gastéropode operculé, dioïquc, h coquille conique surbaissée, à sept tours de spire très saillants, et ornée de trois bandes spirales brun foncé. Il présente deux longs tentacules inégaux.

Ergastoplasme. — Pour mettre en évidence ce protoplasme supérieur, propre aux cellules sécrétrices i, on emploie les fixateurs ordinaires et, de préférence, des colorants basiques (bématoxyline, safranine, bleu de toluidine, bleu polychrome, etc.).

Mitochondries "-. — Le procédé le plus électif est celui de Benda. On fixe huit jours dans le Flemming- fort, en ayant soin d'employer de très petites pièces. On lave une heure à l'eau courante, puis on procède au mordançage ou chromisation secondaire.

Cette opération comprend deux temps : un bain de vingt-quatre heures, dans un mélange à parties égales d'acide pyroligneux pur et d'acide chromique à 1 p. 100, puis un autre bain de vingt-quatre heures dans le bichromate de potassium à 2 p. 100. On lave ensuite à l'eau pendant vingt-quatre heures, puis on inclut à la paraffine. Couper à 5 [;., coller à l'eau distillée et mordancer vingt-quatre heures dans l'alun de fer à 4 p. 100. Laver rapidement et colorer vingt-quatre heures dans le sulfalizarinate de sodium (eau distillée additionnée de sol. alcoolique de ce sel jusqu'à couleur ambrée). Égoutter et colorer au krystalviolet aniline :

Krystalviolet à saturation dans l'alcool à 70° . . 1 vol.

Alcool à 70", chlorhydrique à 1 p. 100 1 —

Eau d'aniline saturée 2 —

Étendre de son volume d'eau au moment de l'emploi. Colorer cinq minutes à chaud, différencier une minute dans l'acide acétique à 30 p. 100, puis à l'alcool absolu (moment délicat) et monter au baume. Les mitochondries sont violet intense, le reste brun rouge plus ou moins foncé.

Tout récemment, E, Laguesse a- proposé une méthode pour la coloration vitale des mitochondries (chondriosomes) par le vert janus 3. Cette coloration est élective, mais inconstante.

Karyokinèse. — Les meilleures méthodes, pour l'étude de la karyokinèse, sont l'hématoxyline ferrique de Heidenhain (p. 377), le trichromique de Cajal (p. 420) et en général les méthodes par les colorants basiques.

A titre d'exemple d'une méthode embryologique, je donnerai la méthode de Pierre Masson pour l'élude de l'évolution des œufs de VAscaris megaiocephala du Cheval. Ce matériel, très facile à trouver, est excellent pour démontrer tous les stades de la maturation, de la fécondation et de la segmentation.

1. Sectionner les oviductes et les plonger dans un tube d'alcool au

1. Prenant. Sur le protoplasme supérieur (archoplasme, kinoplasme, ergastoplasme). Étude critique. Journ. de l'Anat. et PhijsioL, XXXIV et XXXV, 1898-1899. — Les mitochondries et l'ergastoplasme, ibid., XLVI, p. 217-285, 1910.

2. Fauré-Fremiet. Études sur les mitochondries des Protozoaires et des cellules sexuelles. Arch. Anat. viicr., XI, p. 457-648, 4 pi., 1910.

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