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ANALYSE CHROMATIQUE ET MICROCIIIMIE

de la chimie (tournesol, rouge neutre, rouge congo, etc., p. 252).

Un réactif empirique et assez ennuyeux à préparer, mais qui donne de l)ons résultats est la teinture de Chou rouge (Brassica oleracea var. crispa). Ce liquide est violet avec les corps neutres, rouge violacé lorsque la réaction est faiblement acide, pourpre lorsqu'elle est acide, jaune rougeàtre lors(|u'elIe est fortement acide. Les substances alcalines le font virer au bleu pur ou verdàtre et les alcalis forts le décomposent, en lui donnant une couleur jaune orangée. Dans ce dernier cas seulement, la teinte n'est pas réversible par neutralisation.

Pour préparer cette teinture ^, on hache les feuilles et on les met dans de l'eau qu'on chauffe lentement à -|- 45-55''C. La matière colorante diffuse dans l'eau; lorsque la teinture parait assez foncée, on la décante et on la fait bouillir, pour la débarrasser des albuminoides. On ajoute une trace d'acide salicylique pour empêcher la putréfaction. On peut aussi faire simplement une macération alcoolique à poids égaux, comme le conseille Arnoldovs et, à défaut de Chou rouge, on peut employer le jus d'Orange sanguine, additionné de son volume d'alcool.

Ces réactifs doivent agir pendant quelque temps sur des coupes de tissus frais ou fixés par l'alcool. Ils conviennent aussi bien pour les cellules végétales que pour les cellules animales.

Pour les tissus fixés et pour les coupes après inclusion, on emploie des matières colorantes à fonction acide ou basique. Quelle que soit Texplication qu'on adopte pour expliquer le phénomène des teintures (p. 353), il y a des faits indiscutables, qui plaident en faveur de rinterprétation chimique et qui fournissent de sérieux éléments de diagnostic.

Vaicalinité peut être recherchée par la réaction de Mylius à riodéosine"; on dissout ce corps dans Téther ou le chloroforme et on le met en contact cinq minutes avec les coupes aussi privées d'eau que possible, dans des vases de verre parfaitement nettoyés \ Au contact des bases, il se forme un précipité rouge d'érythrosine. Pour conserver la préparation, on lave à Télher à plusieurs reprises et on monte au baume parfaitement neutre, car laction réductrice du baume ordinaire décolorerait rapidement les coupes.

1. Strasburger, Das botanische Practicum, 4" édit., léna, Fischer, 1907; cf. p. Ul.

•2. Arnoldov, Busski Vratch, p. 480, 1906.

3. L'iodéosine est la tétraiodo-fluorescéinc, radical acide, de couleur jaunâtre, dont le sel de sodium est rérythrosine (p. 399 .

4. Les silicates alcalins du verre s'isolent peu à peu, au point de former à la surface des lames une gaine alcaline qui donne la réaction de M^iius. Les lames qui servent pour ces expériences doivent donc être lavées avec un acide, par exemple le mélange de bichromate de potassium et d'acide sulfiiriquc (p. 231), suivi de lavages à l'eau distillée.

D'après Pappenheim, le bleu de Nil BB benzylé est encore plus sensible. On peut employer aussi les mélanges acides, tels que le bleu de mélhyle-éosine de Mann, qui se fixe sur les éléments basiques (acidophiles).

L'acidité est encore plus facile à démontrer, à cause de Tabondance et de la sensibilité des colorants basiques. Signalons, comme composés acides (basopliiles) : la chromatine nucléaire, les granulations de Nissl dans les cellules nerveuses, le mucus, etc. Tous les colorants vitaux, qui sont basiques, mettent en évidence des composés à fonction acide.

La yieutralité est décelée par les colorants neutres.

Pour que ces réactions réussissent, il faut opérer dans des conditions particulières, notamment en ce qui concerne les fixateurs, et ne pas oublier que certains d'entre eux, ainsi que certains mordants, peuvent produire l'inversion de la coloration. Il faut donc employer, pour ces recherches, des fixateurs dits indifférents (alcool, formol, acide picri(iue).

La métachromasie peut, dans certains cas, donner d'utiles indications. Nous avons vu que Hansen (p. 368) explique chimiquement ce phénomène et que, d'autre part, Pappenheim (p. 368 et 403) admet deux sortes de métachromasie l'une basophile, Tautre neutrophile.

2. Corps réducteurs et oxydants. — Le pouvoir réducteur du protoplasme peut être décelé par la formation de leuco-composés, aux dépens des colorants vitaux (rouge neutre, bleu de méthylène).

Les corps oxydants (oxydases) sont beaucoup plus faciles à démontrer.

Le principal réactif est la teinture alcoolique de gaïac* qui prend une coloration bleue en présence des oxydases. Il y a deux cas à distinguer : les oxydases vraies bleuissent directement la teinture etlesperoxydases seulement après addition d"eau oxygénée.

On peut employer aussi divers phénols qui virent : la pyrocatéchine et le gaïacol au rouge grenat, le thymol au rose, le pyrogallol au rouge orange, la phénolphtaléine au rouge, etc.

Le récent procédé de Schultze est très sensible mais ne donne qu'une coloration fugace : traiter pendant quinze minutes les frottis frais ou les coupes fixées au formol, par une solution à

*l. Cette teinture doit être fraîche, faite avec de l'alcool absolu parfaitement pur et avoir une couleur brun foncé.

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