ANALYSE CHROMATIQUE ET MICROGHIMIE
Chitine. — Existe chez beaucoup d'Invertébrés, chez certains Protozoaires et certains Champignons. Insoluble dans les acides minéraux dilués, les alcalis concentrés, l'oxyde de cuivre ammoniacal (réactif de Schweizer). Soluble dans les acides minéraux concentrés et les hypochlorites de potassium et de sodium en solutions concentrées. L'iode, en solution dans le chlorure de calcium (chlorure de calcium 16, eau 4, iodure de potassium 0,5, iode 0,05), la colore en rouge violacé. Les acides minéraux concentrés la transforment en glucosamine.
Éleidine. — Substance jaunâtre, semi-liquide, qui caractérise les cellules des couches superlicielles du corps muqueux. Se présente sous forme de granulations qui réduisent l'acide osmique. Se colore électivement en -rouge intense par le rouge congo en solution aqueuse à
I p. lUO : la couleur vire au bleu par les acides faibles. En colorant par le congo et l'hématoxyline, l'éleïdine est rouge, la kératohyaline bleue. L'éleïdine se colore aussi par la teinture d'alkanna (p. 72-3, noie 4).
Kératohyaline. — Forme la masse principale des ongles, cbeveux, poils, couche cornée, etc. Se distingue de l'éleïdine parce qu'elle ne se colore ni par le congo, ni par l'alkanna, mais par l'hématoxyline et le carmin. Elle est insoluble dans les acides dilués et les alcalis et résisté à la digestion artificielle.
Pigments. — Il s'agit souvent de distinguer le pigment paludéen (hémozoine) de la mélanine. Brovvn i a indiqué les réactions suivantes : les oxydants, tels que le permanganate de potassium et l'eau oxygénée, décolorent la mélanine, mais non le pigment paludéen. Ce dernier est soluble dans la potasse alcoolique tandis que la mélanine ne l'est pas.
II faut savoir en outre que le pigment paludéen est biréfringent (p. 521), qu'il est soluble dans le sulfhydrate d'ammoniaque et qu'il ne donne pas la réaction du fer.
Le pigment ocre, qu'on trouve dans les organes des paludéens, des malades atteints de cirrhose de Hanot, etc., n'est pas soluble dans la potasse et donne la réaction du fer (p. 671).
Bilirubine. — Dans les ancien foyers hémorragiques, on trouve des cristaux, en forme de rhomboèdres ou de fines aiguilles, qu'on désignait autrefois sous le nom dliématoïdine : il est démontré maintenant que ce corps est identique à la bilirubine. Ces cristaux sont insolubles dans l'eau, très peu solubles dans l'alcool, l'éther, l'acide acétique, très soluhles dans le chloroforme. Us sont solubles dans l'ammoniaque, la potasse et la soude. L'acide azotique agit comme oxydant : les cristaux s'entourent d'une zone verle, due à la transformation de la bilirubine en biliverdine. Ce corps ne donne pas la réaction du fer, mais on trouve aussi, dans les foyers hémorragiques, du pigment ferrugineux décelable par la réaction du bleu de Prusse (p. 671).
Hémine. — L'hémine, ou chlorhydrate d'hématine, a une grande importance pratique, car elle permet de déterminer la présence du sang, lorsque celui-ci n'est pas reconnaissable à l'examen microscopique direct. S'il s'agit, par exemple, de sang desséché, on l'humecte avec une solution concentrée de chlorure de sodium et on ajoute de l'acide acétique cristallisable. On chauffe légèrement, sans faire bouillir, et on laisse refroidir. 11 se produit une double décomposition, qui donne naissance à de l'acétate de sodium et à de l'acide chlorhydrique.