ANALYSE CHROMATIQUE ET MICROCHIMIE
de cristal violet, et d'une partie d'une solution de carbonate d'ammonium à 1 p. 100. On lave et on passe deux minutes au Lugol, puis on diiïérencie par une solution saturée de fluorescéine dans l'alcool absolu. Xylol. Baume. Les parties dégénérées se colorent en rouge, le reste en violet pâle.
L'hématéine-éosine met très bien en évidence la structure vitreuse de ces parties dégénérées.
Dégénérescence colloïde. — Se gonfle dans l'acide acétique, se colore en brun (sans réduction) par l'acide osmique, en verdàtre par la thionine et le bleu de Unna. En somme, il n'y a pas de réaction caractéristique de cette dégénérescence.
La tuméfaction trouble est assez mal caractérisée par la présence de débris granuleux qui prennent tous les colorants. A l'état frais, les noyaux disparaissent par l'action de l'acide acétique; les colorants (Sudan III) et les dissolvants des graisses ne donnent aucun résultat.
La nécrose est surtout acidophile et se colore d'une façon diffuse.
Dégénérescence graisseuse. — Nous avons déjà décrit (p. 65.d) la manière de colorer les graisses dans les tissus. En ce qui concerne l'action de Vacide osmique, ajoutons que, d'après les rechercbes de Mulon (citées plus haut p. 6oG), ce corps permet de distinguer deux groupes parmi les graisses animales : les unes noircissent fortement et sont riches en trioléine, les autres (par exemple les lécithines) prennent seulement une teinte bistre, parce qu'elles sont pauvres en oléine et constituées surtout par la tripalmitine et la tristéarine. En outre, ces dernières noircissent au moment du passage à l'alcool (coloration secondaire) et demeurent pourtant très sensibles à l'action des dissolvants. Pour reconnaître la nature d'une graisse, Mulon conseille de fixer au Bouin, de couper par congélation, de colorer vingt-quatre heures par l'acide osmique, de laver six heures à l'eau distillée et de laisser vingt-quatre heures dans l'alcool. On examine dans la glycérine, on compare à d'autres coupes non passées par l'alcool et on juge de la richesse en oléine.
Acides gras libres. — Us forment avec l'acétate de cuivre un sel vert insoluble. On peut donc, d'après Benda, fixer dans du formol à 10 p. 100, additionné de 1 p. 100 d'acétate de cuivre, puis, après deux à quatre jours, couper par congélation, colorer la graisse au Sudan et les noyaux à l'hématéine. Les cristaux d'acides gras seront verts. En outre les acides gras prennent le Gram, ce qui les distingue encore des graisses neutres.
Cholestérine. — Verser sur les coupes de l'acide sulfurique à 30 p. 100 : la cholestérine se colore en rouge carmin. La couleur est bleue si on a traité d'abord par le Lugol.
Lécithine. — Se colore en bistre par l'acide osmique et présente la coloration secondaire après passage à l'alcool. Sur des coupes fraîches, en lumière polarisée, elle paraît biréfringente au bout de quelques instants.
Mucine. — Cette substance n'est pas gonflée par l'acide acétique, mais rétractée sous forme de traînées brillantes. Un autre caractère essentiel est sa métachromasie ; elle se colore en rouge avec le violet de méthyle, la thionine, le bleu de toluidine, le bleu polychrome de* Unna (p. 427).
Un des meilleurs réactifs du mucus dans les coupes est le muci-carmin
M. Langeron. — Précis de Microscopie. 43
de Mayer i. Voici coinnieiit P. Massoii - conseille de l'employer : fixer au Bouin, colorer par riiématoxyline ferri([ue de Weigert, différencier dans l'alcool chlorhydricjue, laver à l'eau, puis colorer deux heures à froid, dans une solution a([ueuse d'auranlia à 1 p. 100. Laver et colorer encore deux heures à froid dans le muci-carmin de Griibler à 1 p. 100. Rincer et colorer trente secondes dans le carmin d'indigu picrique (0,10 p. 100 de sol. aq. sat. d'acide picrique). Laver deux minutes dans l'eau acétiflée (2 gouttes p. 50). Alcool à 00'', alcool absolu, différencier douze à vingt-quatre heures dans le xylol. Le tissu conjonclif est bleu, le mucus rouge vif, les muscles sont jaunes et les noyaux noirs.
Un autre réactif du mucus est la inuchéinatéine de Mayer '^ ; on le prépare comme le glychémalun (p. 370), en employant les produits suivants :
Hématéine de Geigy 0 gr. 2.
Glycérine 40 —
Eau distillée 60 cm3.
Chlorure d'aluminium 0 gr. 2.
Ce liquide, employé pur, colore lentement le noyau et le cytoplasme, mais très rapidement et en bleu violacé intense le mucus et le contenu des cellules caliciformes.
Le trichromique de Prenant (p. 423) est excellent aussi. Fixer au Bouin. Colorer fortement par l'éosine, puis à l'hématoxyline ferrique. Colorer rapidement (deux à trois secondes) par le vert lumière en solution hydro-alcoolique concentrée. Différencier à l'alcool. Le mucus est coloré en vert.
Fibrine. — Gonflée par l'acide acétique qui la rend homogène; forme des réseaux par coagulation (p. 642). Se colore généralement par les couleurs acides. Pour la dilférencier dans les coupes, employer la méthode de Weigert : fixer à l'alcool, colorer dix minutes dans le violet de gentiane à saturation dans l'eau d'aniline, laver à l'eau, passer cinq minutes dans le Lugol, sécher au buvard et différencier dans l'huile d'aniline pure ou étendue de son volume de xylol. Laver au xylol et monter au baume. La fibrine est colorée en violet foncé.
Herxheimer* colore vingt secondes sur lame par une solution aqueuse d'alizarine à 2 p. lUO, puis traite une minute par l'acétate d'uranyle à 2 p. 100. Laver à l'eau, alcools, xylol, baume.
Élastine. — Voir p. 654, les réactions caractéristiques de l'orcéine et de la fuchséline. Insoluble dans les acides et les alcalis dilués. Soluble dans l'acide chlorhydri({ue concentré. Difficilement soluble par digestion artilicielle.
Collagène. — Élément essentiel des fibres conjonctives des Vertébrés. Insoluble dans les acides étendus et les alcalis concentrés. Se gonfle dans les acides et les alcalis dilués. Résiste à la digestion tryptique mais se dissout dans la pepsine chlorhydrique. Pour les réactions colorantes, voir p. 652.
1. 3IUth. zoul. Station Ncapel, XII, p. 3-20. 1896. ^2. Bull. Méin. Soc. anat., XH, p. 901-905, 1910.