Bidl'. Soc. bot. de France, XLVI, p
cellulose, la callose et la ciiline ne se colorent pas. Ce seul réactif permet donc, en s'aidant de ranalomie, de caractériser tous les éléments d'une coupe.
En résumé^ avec le rouge de ruthénium, le bleu de méthylène aluné et le Sudan III on peut mettre en évidence toutes les parties essentielles des tissus végétaux, dans les coupes traitées préalablement par riiypochlorite de sodium. A. la rigueur, le violet neutre peut suffire seul.
Montage d'objets non colorés. — Lorsqu'il s'agit simplement de recherches anatomiques, les colorations ne sont pas nécessaires. Une foule d'objets peuvent être examinés et montés ainsi sans coloration^ qu'il s'agisse de coupes ou de petits organes et végétaux entiers.
Pour ces opérations, je conseille vivement d'employer les méthodes de Amann (p. 575, note 2), qui donnent d'excellents résultats et épargnent beaucoup de temps.
Le ramollissement et le gonflement du matériel desséché se fait très bien dans le lactophénol (p. 444) pur ou étendu, de préférence à chaud. Le chlorallactophénol :
Hydrate de chloral crist 2 parties en poids.
Acide pliénique crist 1 —
Acide lactique pur ....... 1 —
donne encore de meilleurs résultats. Pour obtenir le gonflement maximum, employer le lactochloraJ ^ mélange à parties égales d'hydrate de chloral et d'acide lactique.
Le matériel frais peut être fixé et déshydraté très rapidement par le chloralphénol et le chloralchlorophénol (p. 575). Le noyau est mis admirablement en évidence et les tissus les plus aqueux sont déshydratés sans contraction. On opère sur lame et, pour les objets épais, lignifiés ou fortement colorés, on chauffe légèrement. On renouvelle une ou deux fois le liquide, en l'aspirant chaque fois avec des bandelettes de buvard. Finalement, on remplace peu à peu le chloralphénol par du baume au xylol. Le tout ne dure que quelques minutes.
Pour éclaircir des objets lignifiés et très fortement colorés, on ajoute au chlorallactophénol du salicylate de sodium K On obtient ainsi un des plus puissants éclaircissanls qui existent :
1. Le salicylate de sodium a été préconisé jiar l^cnz [Zi'itschr, f. iviss. Mih'r.. XI, p. 16-21, 1894). Dissous dans son poids d'eau, il donne un liquide neutre, non
Hydrate de chloral crisl 4
Acide i)liéni(}ue crist 4
Acide lacti(iue pur 2
Salicvlate de sodium 1
Milieux cupriques. — Pour conserver la couleur verte de la chlorophylle, il sullil d'ajouh;r aux milieux de Amauu 2 p. 1000 de chlorai-e de cuivre préalablement dissous dans un peu d'eau.
Microchimie végétale. — Je me bornerai à indiquer des réactions simples, permettant de reconnaître les principaux composés qu'on peut avoir à caractériser dans des végétaux. Je ne puis donner la bibliographie de toutes ces réactions, mais je dois dire qu'en ce qui concerne les mend)ranes, la majorité de nos connaissances est due aux belles recherches de Mangin. Pour les réactions générales, se reporter aux indications de la p. 668.
Aleurone. — Se colore : en jaune par l'iodure de potassium iodé (eau 100, iodure de potassium 0,5, iode 1), en rouge par le réactif de Millon. Donne les réactions des matières albuminoïdes.
Albuminoïdes. — Ces corps ne donnent pas de réactions absolument caractéristiques, aussi faut-il toujours essayer plusieurs réactifs pour les reconnaître sûrement. Il est bon de fixer d'abord l'objet par l'alcool absolu, qui durcit les tissus et dissout un certain nombre de substances (résines, graisses, chlorophylle, alcaloïdes, tannins) qui pourraient troubler les réactions. Il est bon (jnelquefois d'ajouter à l'alcool 5 p. 100 d'acide tartrique (Errera) pour coaguler les albuminoïdes.
Les principaux réactifs sont les suivants, par ordre de sensibilité décroissante :
iodure de potassliiin iodé, coloration jaune;
cosine en solution aqueuse très faible, coloration rouge;
réactif de Millon ', coloration rouge (qui se produit aussi avec certaines gommes et certains composés aromatiques);
réaction xanthoprotéïqiie, coloration jaune, obtenue par l'action de l'acide azotique concentré: celte coloration devient plus foncée par addition d'ammoniaque:
acide pliosphoniolybdiqiie-, coloration jaune, obtenue en une ou deux heures.
sulfate de nickel en solution concentrée dans l'ammoniaque, coloration jaune ou bleue, cette dernière passant à l'orangé par l'action de la potasse (réaction de Guezda); le tannin se colore à peu près de même; mais la couleur ne vire pas par la potasse;
avide d'eau, ni caustique, ni toxique, miscible à l'acide phénique et à l'essence de girofle. Il gonfle l'amidon et n'empêche pas la réaction de l'iode.
1. Ce réactif doit être préparé extemporanément : dissoudre du mercure dans son poids d'acide azotique, puis étendre d'un égal volume d'eau distillée.
2. On emploie cet acide sous forme de phosphomolybdate de sodium dissous dans l'acide azotique : dissoudre 1 gr. de phosphomolybdate de sodium dans un mélange de 90 gr. d'eau distillée et de 5 gr. d'acide azotique concentré. Filtrer après quelques jours de repos.
rcaclion du biurct : traiter les coupes par une solution assez concentrée de sulfate de cuivre, laver une heure à l'eau, puis traiter par la potasse concentrée. La coloration obtenue varie du rougeâtrc au violacé, suivant la nature des albuniinoïdes.
A part les colorations fournies par Tiodc, Téosine, et l'acide azotique, les autres réactions donnent des précipités colorés, opaques, assez longs à se produire. Comme pour toutes les opérations microchimiques, la réussite et Tapprécialion du résultat sont choses délicates, qui exigent une éducation préalable.
Amidon. — Se colore en bleu par l'iode qu'on emploie sous forme d'iodure de potassium iodé; croix noire en lumière polarisée (p. 206). Pour la recherche de l'amidon dans le matériel desséché, traiter par l'acide lactique aucjuel on ajoute un peu d'iode (Lagerheim). Les tissus reprennent leur volume primitif.
Gallose. — Insoluble dans l'oxyde de cuivre ammoniacal. Se colore par la coralline sodée (en solution dans le carbonate de sodium à 30 p. 100; au besoin différencier ensuite par le carbonate de sodium à 4 p. 100), les bleus d'aniline solubles à l'eau (particulièrement le bleu colon C 4 B de Poirricr, le bleu brillant, etc.). Les bleus doivent être employés en solution acidulée par 3 p. 100 d'acide acétique.
Garotine. — Se colore en bleu par les acides sulfuricjue et azotique concentrés et par le mélange d'acide chlorhydrique et de phénol. Soluble dans le sulfure de carbone avec une belle couleur rouge sang. Pour le pléochroisme, voir p. 207.
Cellulose. — Les réactions de la cellulose sont quelquefois assez difficiles à oblenir. En effet, elles ne se manifestent clairement qu'après transformation de cette substance en matière amyloïde. Cette transformation se produit sous l'influence des chlorures métalliques, des acides minéraux ^^acide phosphorique iodé de Mangin) et surtout des alcalis caustiques. L'iode, après action de l'acide sulfarique, donne une coloration bleue. Les chlorures de zinc, de calcium et d'aluminium (Mangin) iodés 1 donnent une coloration violette : cette réaction classique est quelquefois très difficile à obtenir, à cause de la lenteur avec laquelle agit le chlorure métallique. Le chlorure de zinc trop concentré ne donne rien. Vis-à-vis des colorants, la cellulose (transformée) est acidophile et prend de préférence des couleurs azoïques : rouge congo (en solution dans l'ammoniaque étendue à 2à5 p. 100) ; benzopurpurine, deltapurpurine, en bain alcalin; orseilline BB -, rouge d'orseille A, azorubine, en bain acide. Soluble dans l'oxyde de cuivre ammoniacal 3 (réactif de Schweitzer).
Le chlorure d'élain iodé (Mangin) donne une coloration bleue qui permet de distinguer la cellulose de l'amidon; ce dernier se colore en violet par le même réactif. On le prépare en décomposant par très peu d'eau le chlorure d'élain fumant; on ajoute un peu de solution aqueuse d'iode et de chlorure de |»otassium.
La cellulose des Champignons est bien différente parce qu'elle est géné-
1. A 10 cm' do soîutioa sirupeuse de ces chlorures, ajouter 5 décigr. d'iodure de potassium et 1 décigr. d'iode. Conserver en flacons jaunes.