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E. SALLE

Fig. 86. — 1. Bulle d'air dans l'eau. Mise au point : A. sur la partie profonde; B, sur la partie moyenne; C, sur la partie supérieure. — -2. Bulle d'air dans le baume du Canada. Même signification pour les lettres. — 3. Globule-àe graisse dans l'eau. Même signification pour les lettres (d'après Ranvier).

limite. Supposons maintenant que nous mettions l'objectif au point sur le plan a?f/, passant par l'équateur de la bulle dair; le cercle clair central aura pour diamètre G a".,, puisque Toeil perçoit le rayon a" dans la direction suivant laquelle il est réfracté. Au contraire, si nous mettons au point sur la partie inférieure de la

bulle, nous ne percevons plus qu'un étroit cercle clair, ayant pour diamètre C, «",. Enfin, en mettant au point sur la partie supérieure de la bulle, le cercle clair sera beaucoup jdus large (G, a\). Pour cbacune de ces positions de Tobjectir, la zone obscure correspondra à la partie de la bulle située en dehors du rayon a". En un mot, la bulle d'air agit comme une lentille biconcave et transforme le faisceau parallèle en un faisceau divergent. En comparant les figures 86 et 87, on verra que ces données théoriques correspondent à peu près exactement aux résultats

Fig. 87.

Marche des ra3'ons lumineux dans une bulle d'air examinée dans l'eau. — OrirjinaL

fournis par l'expérience. En effet, en examinant la bulle d'air, nous voyons que le bord n'est pas absolument obscur; cela tient à ce que les rayons qui subissent une réfraction trop grande pour pénétrer dans l'objectif, sont en partie réfléchis vers l'intérieur de la bulle et sont ainsi en partie perçus par l'œil de l'observateur. C'est ce phénomène supplémentaire qui explique pourquoi la zone claire et la zone obscure ne sont pas toujours exactement limitées. Enfin, nous avons constaté la présence de nombreux anneaux de diffraction. Ceux-ci sont dus à ce que la zone obscure de la bulle agit sur le faisceau lumineux comme un diaphragme et produit ainsi des franges de diffraction. Ces anneaux seront d'autant plus nombreux que le diaphragme, c'est-à-dire le cercle clair, sera

l'observation microscopique 151

plus étroit : leur nombre augmente donc au fur et à mesure qu'on met au point sur une partie plus profonde de la bulle. Ils sont d'autant plus distincts que l'angle d'ouverture du faisceau éclairant est plus petit.

2° Bulle d'air dans le baume du Canada.

Il est très facile d'emprisonner des bulles d'air dans le baume : il suffit pour cela de l'agiter avec une petite baguette de verre. Nous savons que l'angle limite est d'autant plus petit que la différence entre l'indice de réfraction des deux milieux est plus grand. Par conséquent, dans le baume du Canada, qui est beaucoup plus réfringent que l'eau, il n'y aura que les rayons tombant très près du pôle de la bulle d'air qui pourront parvenir à l'œil de l'observateur.

La figure 86 montre en effet, en A', que le cercle clair, aperçu en mettant au point le fond de la bulle, est beaucoup plus petit qu'en A. Il en est de même pour les figures B' et G', l'une correspondant à la mise au point sur le plan médian et l'autre à la mise au point sur la partie supérieure de la bulle.

3° Globule de graisse dans l'eau.

On agite, daus un flacon, une goutte d'huile avec une dizaine de centimètres cubes d'eau. On prélève une goutte de cette émulsion et on l'examine entre lame et lamelle, en ayant soin de choisir un globule assez petit pour qu'il ne soit pas détormé par la pression.

En mettant au point sur la partie inférieure du globule, on aperçoit (fig. 86, A") une masse grisâtre très floue, présentant trois zones concentriques : une extérieure plus claire, une moyenne foncée et une centrale grise.

En mettant au point le centre du globule, on voit ce dernier limité par un étroit anneau noir très net, zébré de cercles de diffraction. Le reste du globule apparaît en gris clair.

Enfin, en mettant au point sur la partie supérieure, on voit l'anneau noir s'élargir et devenir flou et grisâtre à sa périphérie. Au centre, apparaît un cercle très brillant et nettement déUmité.

Ces apparences sont, on le voit, exactement opposées à celles

que donne une l)iille crair dans Teaii ou dans le baume : la zone

obscure diminue au lieu d'augmenter, lorsqu'on abaisse peu à peu robjectif.

La figure 88 montre que les

rayons a , a\ a sont déviés en sens inverse de la figure 87. Lœil de Tobservaleur les verra donc dans la direction a\, a'\, a"\. On comprend immédiatement pourquoi le cercle clair diminue lorsqu'on m et au point le pôle supérieur du glo- Celui-ci agit comme une lentille biconvexe et transforme le faisceau parallèle en un faisceau convergent.

Fig. 88. — Marche des rayons lumineux dans une gouttelette de graisse examinée dans l'eau. — Original.

bule de graisse

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