I. — DÉTERMINATION DU GROSSISSEMENT
Le grossissement du microscope, pour un observateur donné, est exprimé par le rapport entre le diamètre de Tobjet et le diamètre de l'image microscopique à la distance minima de la vision distincte, c'est-à-dire à 250 mm. Il est nécessaire de préciser ces conditions car, de toute évidence, le grossissement dépend de la distance à laquelle est vue l'image virtuelle. Si cette image est recueillie sur l'oculaire même, elle est très petite; si elle est prise au niveau de la table, elle est beaucoup plus étendue. On s'accorde donc aujourd'hui pour a]>précier le grossissement à peu près au niveau de la platine du microscope, c'est à- dire à la distance de la vision distincte, soit 250 mm. Il faut bien savoir que c'est seule-
ment dans ces conditions que les grossissements sont comparables.
Ce qui nous intéresse, ce n'est pas le grossissement propre de Tobjeclif, mais le grossissement total de la combinaison objectifoculaire, afin de savoir dans quelles conditions nous travaillons. Ce grossissement est toujours donné par les constructeurs, dont les catalogues renferment une table indiquant, pour chaque objectif, le grossissement obtenu avec les divers oculaires. Mais ces chiffres sont forcément approximatifs, surtout en ce qui concerne les objectifs forts, car ces derniers ne sont jamais absolument identiques. Nous allons donc indiquer des procédés simples et rapides pour déterminer le grossissement total du microscope.
Auparavant, il est bien entendu que le grossissement doit toujours être calculé pour une même longueur de tube, 160 mm*, ou 170 mm. suivant les constructeurs. C'est une condition absolument indispensable pour que les résultats soient comparables.
Pour les objectifs apochromatiques, combinés avec les oculaires compensateurs, le grosisseraent est facile à calculer; en effet le foyer inférieur de ces derniers tombe toujours au même niveau, dans le tube du microscope. Il en résulte qu'avec les divers oculaires, l'image donnée par l'objectif a toujours les mêmes dimensions. Il suffit donc, pour connaître le grossissement total, de multiplier le chiffre indiquant le grossissement propre de l'objectif par le numéro de l'oculaire qui correspond toujours au grossissement propre de ce dernier. Or le grossissement propre d'un objectif est égal au quotient de la distance de la vision normale (250 mm) par la distance focale de cet objectif, calculée en millimèlres. Soit un apochromat de 4 mm.; son grossissement propre sera 250 : 4 == 62,5. Si on combine cet objectif avec un oculaire compensateur n° 6, c'est-à-dire grossissant 6 fois, le grossissement total de la combinaison sera de 62,5 X 6 = 375. Le même calcul peut être effectué avec les objectifs achromatiques et les nouveaux oculaires d'Huyghens, construits de manière à ce que les foyers inférieurs soient tous à la même hauteur.
Ce procédé très simple ne peut être employé pour les combinaisons d'objectifs achromatiques et des anciens oculaires d'Huyghens. En effet, le foyer inférieur de ces derniers ne tombe jamais au même point; aussi l'image réelle fournie par l'objectif varie de dimensions, suivant l'oculaire employé, ce qui rend le calcul beaucoup plus compliqué.
Nous allons indiquer maintenant les procédés empiriques qui permettent, dans tous les cas, de connaître rapidement le grossissement du microscope, pourvu qu'on opère toujours avec la même longueur de tube.
1" Procédé de la chambre claire. — On dessine à la chambre claire l'image d'un micromètre-objectif (p. 179), à la dis-
lance exacte de 250 mm. On a soin de tenir compte, dans Févatnalion de celte distance entre I d'il et la feuille de papier, du trajet elïectu;'' par les rayons lumineux entre les surfaces rétléchissantes de la chambre claire, comme il a été dit p. 129 (fig. 83). 11 va sans dire qu'on a eu soin de s'assurer, par une inclinaison convenable dn plan du dessin, que le tracé obtenu ne sera pas déformé. On dessine ainsi uncertain nombre de divisions du micromètre objectif, jiuis on mesure leur écartement sur le dessin avec une règle graduée en millimètres. Le rapport entre le chiffre ainsi obtenu et Técartement réel donne immédiatement le grossissement. Au cas où la longuenr occupée par une division du micromètre ne correspondrait pas à un nombre entier de millimètres, il faudrait mesurer un certain nombre de divisions, 2, 3, 4, jusqu'à ce qu'on trouve un nombre entier de millimètres. Alors, par une règle de trois, on connaîtra la longueur exacte d'une division. On déterminera le grossissement en mnllipliant par 100 le chiffre obtenu, puisque les divisions représentent des centièmes de millimètre. Su})posons, par exemple, que 5 divisions micrométriques dessinées correspondent exactement à 16 mm. ; une division mesurera 16 : 5 = 3 mm. 2 et le grossissement sera de 320. Si on trouve immédiatement un nombre entier de millimètres pour une division, il suffira de multiplier ce nombre par 100. Ainsi, lorsque, sur le dessin, une division vaut 6 mm. le grossissement est de 600.
Pour les grossissements très faibles, on peut se contenter de dessiner une échelle ordinaire divisée en millimètres ou en demimillimètres. Quelle que soit l'échelle employée, il faut avoir soin, lorsque les traits sont fortement grossis, de dessiner le milieu de ces traits ou un de leurs bords choisi toujours du même côté.
2° Procédé du micromètre oculaire. — Ce procédé, beaucoup moins précis, ne peut être employé qu'avec le micromètre oculaire nmbile, décrit p. 184 (lig-. 109). 11 faut, en elîet, que le grossissement puisse être apprécié avec tous les oculaires et non pas seulement avec l'oculaire micrométrique, du type représenté par la figure 108. On superpose les images des deux divisions et on cherche combien une division du micromètre objectif recouvre de divisions du micromètre oculaire. Supposons que réchelle de ce dernier représente des dixièmes de millimètre et soit grossie 10 fois, ce qui est le cas des oculaires micrométriques courants. Une division vue à travers cet oculaire vaudra 1 mm. Pour connaître le grossissement, il suffira donc, dans ce cas, de multiplier par 100 le nombre de divisions couvertes par une division du micromètre objectif. Je ne conseille pas cette méthode, car elle nécessite remploi de deux échelles et
Ja connaissance exacte du grossissement du micromètre. Or cette dernii^re ne peut (Hre déterminée commodément qu'à la chambre claire. Le résultat n'est ({u'approximatif et ne donne que des chiffres ronds, car il est difficile d'évaluer exactement une fraction de division du micromètre oculaire.