CHAPITRE XIX
Je serai très bref au sujet de ces appareils, car je considère que la }»luparl d'entre eux sont superflus, surtout pour le travail courant.
Je signale, sans le décrire, V opak-illuminator . C'est un dispositif qui permet d'examiner des objets opaques en lumière rétléchie, même avec de puissants objectifs à court foyer; il consiste à éclairer l'objet au moyen d'un prisme à réflexion totale qui se trouve dans la monture de l'objectif au-dessus des lentilles. Ce prisme reçoit latéralement l'éclairage de la source lumineuse. Cet appareil est surtout employé dans la métallographie microscopique.
Un accessoire très important, pour les micrograplies qui sont obligés de se livrer à l'enseignement, est ïoculaire indicateur (fig. 131) Le principe en est très simple : c'est un oculaire ordinaire, dans lequel se trouve, dans le plan du diaphragme, une aiguille indicatrice. Avec cette aiguille, on peut montrer à l'élève un point précis d'une préparation. Grâce à cet accessoire, on peut épargner un temps considérable dans les démonstrations et on peut s'assurer si l'élève a compris, en lui faisant montrer avec l'aiguille le point sur lequel on l'interroge.
Le plus simple de ces oculaires est celui de van Walsem ^On le construit, au moyen d'un oculaire quelconque, en perçant un petit orifice dans le tube, juste au-dessus du diaphragme. Dans cetorihce on fait passer une épingle qu'on peut enfoncer plus ou
Fig. 131. — Oculaire indicateur.
1. Van Walsem, Uebcr eiu cint'aehstes fakultalives Demonstratiousokular. Zeitschr. ^ wiss. iMilcr.^XXl, p. 171, 1904.
moins. R. de Sinéty ' place au-dessus du diaphragme un mince anneau de liège, dans lequel il pique une très fine aiguille.
•Les conslrucleurs fabriquent presque tous des oculaires indicaleurs plus ou moins conqdiqiiés. Les meilleurs sont naturellement ceux dont Taiguille est mobile, ce qui pei'uiet d'atteindre tous les points du cbamp optique, en combinant la manœuvre de Taiguille avec un mouvement de rotation de l'oculaire. Nous figurons celui de Leitz (fig. 131), dont on man(puvre Taiguille au moyen d'un levier. Le marqueur est destiné à repérer exactement la position des
objets dans une préparation. Nous savons déjà effectuer ce repérage au moyen des verniers de la platine à chariot, mais nous avons fait remarquer (p. 16) que ce procédé n'était pas toujours fidèle et ne pouvait servir que pour un seul microscope. Le marqueur permet de tracer sur la préparation elle-même un petit cercle visible à l'œil nu. 11 y a beaucoup de ujoiJèles de marqueurs : un des meilleurs est celui qui possède une pointe de diamant (fig. 132). On le visse à la place de Tobjeclif, dont il a la forme, et, en faisant tourner la pointe, on trace un petit cercle sur la préparation. On a eu soin de mettre l'objet bien au centre du champ optique. A défaut de marqueur, ou aura recours, pour retrouver un point dans une préi)aration, aux petits moyens très simjdes que l'ingéniosité de chacun lui suggérera. En voici quelques-uns : on peut tracer un cercle sur la lamelle, avec une plume et de l'encre indélébile (p. 455), en se servant d'un ol)jectif faible. Pour les frottis, on peut tracer ce cercle sous la lame ou, plus sim[dement encore, dans le frottis lui-même, avec un crayon très dur ou une aiguille. On peut aussi faire une marque à l'encre, sur le bord de la lame, en face du point intéressant. Pour faciliter le tracé exact et l'utilisation consécutive de ces signes, on peut graver, avec une pointe d'acier, un ou plusieurs traits de repère sur la platine et faire coïncider avec ces traits les signes inscrits sur le bord de la lame. Avec la platine carrée et fixe dont je recommande l'emploi, on trace une ligne médiane, antéro-postérieure, ou deux
Fig. 1.3'2. — Marqueur à pointe de diamant.
1. Strasburger. Das botanische Practicum. .Tona. Fischer. 4'' cdit., 1902. cl'.
lignes eu croix oy mieux encore quatre lignes se coupant à 45°, suivant la méthode de Vesco\ i •. Pour tracer exactement ces lignes, Ciirreri- conseille de les dessiner d'abord sur un carré de papier de la dimension de la platine. Pour centrer le papier, on perce au milieu un trou avec une fine aiguille et on centre avec un objectif moyen. On marque alors, sur la platine, des points correspondant aux extrémités des lignes; il ne reste plus qu'à réunir ces points. Pour centrer la jdatine de nouveau, on emploie le même artifice.
Fig. 133. — Platins chauffante de Malassez.
On repère les préparations au moyen de trois points correspondant à trois lignes contiguës.
Enfin, rap}»areil dit chercheur Mallawod et les appareils similaires pourront rendre des services. Théoriquement les verniers des platines à chariot devraient suffire au repérage. Malheureusement, comme il a été dit (p. 16), leur emploi est peu pratique et les indications qu'elles donnent n'ont de valeur que pour un seul microscope. On })eut faire de même avec les platines tournantes, mais il faut les centrer soigneusement chaque fois, si on veut utiliser les repères. 11 est évident que, sans cette précaution, on n'arrivera pas à retrouver le point cherché.
Les platini's chauffantes peuvent rendre de réels services dans les examens à l'état frais, aussi je ne puis les [)asser sous silence.
1. De Vcsoovi, Un semplicissimo marcatoro goomctrico per micrografia. Zool. Anzeiyer, XV, p. 203, 180-2.
2. Curreri, Metodi vecchi e uuovi por dctcrniinare e ritrovare la posizione di uno o più piuiti iateressanti di jircparati microscopici. Richcrche lahor. anat. noi-m. Roma, XII, p. 53-85. pi. III, 1906. Très important mémoire où tous les appareils de l'epérage sont passes en revue. Bibliographie très complète.
La plus simple est celle de Malassez ' ((ig. 133). Elle se compose d'une plaque mélalliijue surmontée (Tune petite chambre, métallique aussi. On introduit la préparation latéralement et on la fixe au moyen de deux petites portes à coulisse. On peut aussi glisser un thermomètre dans !a chambre. Le chauffage se fait par conductibilité, au moyen d'une lamelle métallique articulée, qu'on chauffe directement et dont on peut modifier la longueur suivant la température désirée. La source de chaleur sera une lam[)e-à alcool ou un bec Bunsen à petite flamme.
La platine de Schullze est basée sur le même principe, mais elle est un peu moins pratique. La jjréparation n'est pas enfermée dans une cham])re, aussi le chauffage est-il moins régulier.
Parmi les platines à circulation d'eau, je me bornerai à citer celles de Pfeiffer, de Strickcr et de Ranvier.
1. C. n. Soc. biol, 7 juillet 1886; Arch. de physiol., p. 271-273, 1886.