BUT DE LA TECHNIQUE MICROSCOPIQUE
L'étude du microscope nous a montré que les objets, observés avec cet instrument, doivent être très minces et très transparents. Nous savons, en efîet. que. dans l'immense majorité des cas, ces objets sont examinés en lumière transmise. L'emploi de la lumière réfléchie est très rare; il ne s'applique guère qu'à Tétude des Arthropodes, pour laquelle on se sert de préférence de loupes ou de microscopes binoculaires.
On ne peut donc observer au microscope, en lumière transmise, que des préparations suffisamment minces pour permettre à la lumière de les traverser et aussi pour ne pas empêcher l'emploi d'objectifs puissants, à courte distance frontale.
La plupart des objets ne pourront donc être observés tels quels. Même si on les examine à l'état frais, il faudra qu'ils soient dissociés, ou réduits en tranches minces, pour permettre de les enfermer entre lame et lamelle. Nous devrons donc étudier tout d'abord les procédés cVexamen à Vétat frais^ soit des objets tels quels, soit après dissociation ou dilacération.
Mais cet examen ne saurait nous donner des prépai'ations défi-
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nilives, susce|»li!)les (r^lrc conservées on eoUeclion ; il esl lmi outre insuffisaiU pour nous montrer tous les détails de Forganisalion. Nous savons (juc la })lu|)arL des objets doivent être colorés, de façon à donner une image par absorption, beaucoup moins sujette aux illusions d'optique que les images par réfraction et diffraction (p. 157). Aussi, outre les colorations vitales, qui rentrent dans Texamen à l'étal frais, devrons-nous étudier les diverses méthodes de coloration qui constituent la base de la technique microscopique moderne.
Ces colorations ne peuvent être faites que sur du matériel convenablement tué, fixé, et éventuellement réduit en tranches ou coupes tî'ès minces. Nous devrons donc étudier successivement la maniire de tuer les animaux, les procédés de fixation, la méthode des coupes et les méthodes de coloration, auquelles se joignent les méthodes d'imprégnations métalliques. L'objet, une fois coloré, doit être plongé, pour l'observation, dans un milieu qui l'imprègne complètement et dont l'indice de réfraction soit tel qu'il permette, sans nuire à la transparence, de voirie plus possible de détails de structure. Nous devrons donc consacrer un chapitre particulier aux méthodes de montage et aux divers milieux ou médiums.
La technique microscopique est donc l'ensemble des procédés (jui permettent d'étudier un organisme vivant, d'examiner des tissus frais, puis de les fixer, de les réduire en tranches minces, de les colorer et de les monter en ])réparations détînitives. Chacune de ces opérations s'effectue grâce à des méthodes physiques ou chimiques, dont l'ensemble constitue la technique moderne. Ainsi que nous l'avons dit dans l'introduction, nous étudierons d'abord les méthodes générales, qui peuvent convenir à la grande majorité des cas et avec lesquelles l'élève devra d'abord se familiariser. Dans la troisième partie, nous décrirons les méthodes spéciales à chaque groupe d'êtres organisés. Dès maintenant, nous pouvons dire que les méthodes générales sont applicables à la fois aux végétaux et aux animaux. Il n'y a pas, en réalité, une technique botanique et une technique zoologique; les mêmes procédés généraux de technique microscopique peuvent être appliqués à ces deux groupes d'êtres. 11 n'y a de différences que pour les procédés spéciaux dont nous traiterons séparément.
Nous ne saurions trop répéter ici ce que nous avons dit dans notre introduction, à savoir que la technique est un moyen et non
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une lin. La lin, c'est avant tout la connaissance exacte de la structure intime de Fobjet étudié, en tant que cette structure nous permet de connaître et de comprendre les phénomènes biologiques. La préparation, si bien exécutée et si agréable à regarder qu'elle soit, n'est que le moyen de parvenir à cette lin. Voilà ce qu'il ne faut pas oublier, si on veut faire de bonne besogne scientifique.