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CLASSIFICATION DES TUMEURS

D’après 1rs considérations précédentes, la vieille classification en tumeurs malignes et tumeurs bénignes ne saurait subsister. On a pu démontrer en effet d’une façon précise qu’il n’y a pas de démarcation histologique entre ces deux variétés de tumeurs. Joutes les transitions, tous les stades intermédiaires ont été suivis depuis 1 adénome bénin jusqu’à l’épithéliome malin. On voit les mômes cellules qui composaient la tumeur bénigne se modifier, se transformer pour constituer une tumeur maligne et il est impossible de dire histologiquement à quel moment cesse la bénignité, à quel moment commence la malignité.

On sait que les tumeurs bénignes d’origine conjonctive, fibromes, lipomes, chondromes, ostéomes peuvent se transformer en sarcomes avecleurs différentes variétés, tandis que les adénomes, les papillomes, tumeurs bénignes de nature épithéliale, se transforment à 1 occasion en épithéliomes. On ne voit pas, par contre, des néoplasies malignes se transformer en néoplasies bénignes de môme origine.

Plusieurs anatomo-pathologistes s’appuyant sur les travaux de Itemak classèrent les tumeurs suivant la division des trois feuillets du blastoderme: ectoderme, mésoderme et endoderme et décrivirent (rois groupes de tumeurs : ectodermiques, mésodermiques et endodermiques.

Mais des recherches ultérieures montrèrent que celle division schématique n’avait pas de fondement nettement défini ; la séparation des trois feuillets n’étant pas aussi marquée qu’on l’avait cru tout d’abord. C’est ainsi que les trois feuillets forment chacun des épithéliums; l’ectoderme par exemple forme l’épithélium cilié des fosses nasales, alors que l’endoderme forme l’épithélium cilié de la trachée; le mésoderme lui-même forme les épithéliums du rein, du testicule, de l’ovaire; des feuillets différents forment donc des tissus semblables et le même feuillet donne naissance à des tissus très dissemblables. 11 faut alors admettre que la différenciation des tissus (qui engendreront les variétés de tumeurs) n’est pas contemporaine de la séparation des feuillets du blastoderme, mais se fait longtemps après. Ce ne sont donc pas les feuillets du blastoderme qui peuvent servir de division à une classification ni des tissus normaux ni des tumeurs.

La tendance générale dans les classifications des tumeurs consiste à retrouver dans leurs différentes variétés les types de tissus normaux, soit embryonnaires, soit adultes, suivant la conception de Millier.

LES TUMEURS

Kobin s était élevé contre ce terme de cellules embryonnaires si souvent employé dans l’étude des tumeurs et Menetrier partage pleinement cette manière de voir : « Si le mot embryonnaire, dit-il, doit marquer une analogie avec les étals cellulaires de la phase de développement, il ne nous paraît pas exact et s’il signifie simplement cellules jeunes, il n'est pas mieux approprié, car on ne peut appeler cellules jeunes des éléments, qui, dans tous le cours de leur évolution, ne dépasseront pas ce stade de jeunesse, dureront et se reproduiront sans arriver à l'état adulte.

En réalité, ces cellules des tumeurs sont des cellules malades, anormales, pathologiques et comme telles présentent une évolution qui n’est ni embryonnaire, ni adulte, mais peut être justement qualifiée des termes métatypique et atypique si justement employés par Malassez et ses élèves. »

Nous adopterons ici la classification de Menetrier en :

1° Tumeurs développées aux dépens des tissus épithéliaux (groupe contenant les tumeurs développées aux dépens des revêtements cutanés et muqueux et aux dépens des épithéliums glandulaires).

2U Tumeurs développées aux dépens des tissus conjonclivo-vasculaires (états hyperplasiques et néoplasies vraies).

3° tumeurs développées aux dépens des tissus musculaire strié et nerveux.

4° Tumeurs à tissu complexe.

Le tableau complet que donne cet auteur est le suivant :

Types anatomiques des tumeurs.

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