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TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ PROVOQUÉE

Alin de connaître l’état de la sensibilité, le médecin ne doit pas se contenter des renseignements fournis par l’interrogatoire du malade, touchant les sensations qu’il éprouve spontanément. Ces renseignements sont souvent entachés d’exagération, parfois trop abondants, parfois insuffisants et presque toujours faussés par des interprétations erronées. Il est indispensable d’examiner de quelle manière le malade éprouve les différentes sensations en les provoquant dans tous les territoires qui sont accessibles à l’exploration. C’est dire qu’il faut étudier les sensibilités superficielles, les sensibilités profondes, et même les sensibilités viscérales.

Sensibilités superficielles. — Pour l’examen des sensibilités superficielles, comme pour tout examen de sensibilité, le sujet doit avoir les yeux fermés, un aide par exemple lui pose la main sur les yeux, de cette manière son attention n’est pas distraite et il ne peut suppléer par la vue aux troubles de la sensibilité. Un examen de sensibilité 11e doit pas être prolongé longtemps car le sujet se fatigue et les résultats ne sont plus alors les mêmes pendant toute la durée de l’exploration.

Cercles de sensation, Cercles de Weber. — Sous le nom de cercles de sensation, Weber a décrit pour chaque territoire cutané la distance nécessaire entre deux pointes de compas pour qu'elles soient toutes deux perçues au moment où elles sont appliquées sur la peau. Cette distance minima, entre les deux pointes, nécessaire pour que les deux contacts soient distinctement perçues, varie suivant les régions; elle est par exemple de 2 millimètres à la pulpe des doigts et peut être d’une distance 30 fois supérieure à la région du dos.

Ces cercles de sensation ne sont pas les mêmes au cours des affections du système nerveux que dans l’état normal.

Sensibilité tactile. — Elle se recherche à l’aide d'un pinceau de blaireau avec lequel on fait de légers attouchements. Plusieurs esthésio mètres ont été imaginés, mais pratiquement, dans la plupart des cas, le pinceau suffit.

FONCTION NERVEUSE

La localisation «les attouchements est souvent erronée au cours des maladies du système nerveux; pour s’en rendre compte, on touche une région et l’on demande au sujet d’indiquer la région qui a été touchée. Il indiquera par exemple que son médius a subi le contact du pinceau, alors que c’est l’index que le médecin a effleuré.

Retard des sensations. — Normalement l’attouchement d’une région cutanée est immédiatement perçu par les centres nerveux. Le retard des sensations existe surtout dans les névrites périphériques et dans le tabes; ce retard est parfois considérable et plusieurs secondes peuvent s’écouler entre le contact et sa perception.

Sensibilité a la pression. — Elle est explorée à l’aide d’une série de poids que l’on pose sur la région à examiner; les renseignements fournis par l’étude de ce mode de sensibilité sont de même ordre et souvent parallèles à ceux qui sont donnés par l’examen de la sensibilité tactile.

Sensibilité thermique. — Elle doit être recherchée, pour le froid comme pour le chaud, à «les températures qui ne soient pas trop éloignées de la température «le la peau. Au delà de certaines limites dans les deux sens, les sensations de chaleur et de froid n’existent plus et sont remplacées par une impression douloureuse. On se sert couramment de deux tubes à essai contenant de l’eau chauffée, dans l’un à 4.4° environ, et laissée dans l’autre à la température «le la chambre. Les erreurs d’interprétation atteignent leur maximum dans la syringomyélie.

Examen de la sensibilité a l’aide de l’électricité. — Elle permet de rechercher, en graduant le courant, quel est le minimum d’intensité nécessaire pour produire une sensation.

Il est facile «le comparer les résultats obtenus chez les sujets normaux et ceux fournis par les malades. Les troubles signalés sont souvent parallèles à ceux «le la sensibilité tactile.

Sensibilité douloureuse. — La douleur est provoquée par les excitants mécanique, thermique, chimique, électrique: ce dernier se prête à des mesures précises. Le plus souvent on se contente d’explorer la sensibilité à l’aide d’une épingle avec laquelle on pique la peau ou les muqueuses; on peut arriver à graduer suffisamment bien les piqûres pour pouvoir comparer leur effet dans deux régions données ou symétriques.

Anesthésie. — L'anesthésie est la perte de la sensibilité. Elle est totale , c’est-à-dire consiste en la disparition de lous les modes de sensibilité (superficielle et profonde), ou dissociée, c’esl-à-dire

frappe une espèce de sensibilité et non pas toutes; par exemple la sensibilité à la douleur est disparue et la sensibilité au contact persiste; la pointe du thermocautère, en touchant la peau, ne détermine dans ce cas qu’une sensation tactile et non douloureuse. La perte de sensibilité à la douleur s’appelle analgésie.

L’anesthésie est générale, étendue à toute la surface cutanée (et même atteinl les sensibilités profondes), ou localisée à une région.

L anesthésie totale existe dans les né\ rites, dans les myélites transverses, quand la lésion est assez importante pour interrompre toute conduction dans la moelle.

Les lésions cérébrales ne donnent l’anesthésie totale que dans les loyers corticaux ou sous-corticaux très étendus de la zone rolandique, ou dans les foyers de la couche optique.

Le tabes, qui touche tous les modes de sensibilité, peut les atteindre tous à la fois cl déterminer l’anesthésie totale.

L’hystérie occasionne également ce symptôme et les malades supportent souvent sans douleur des piqûres très profondes.

L'anesthésie partielle (qui ne frappe pas à la fois tous les modes de sensibilité) existe surtout dans la syringomyélie, affection dans laquelle la sensibilité thermique et la sensibilité douloureuse font défaut, alors que la sensibilité au contact est conservée. Le même phénomène peut, se rencontrer dans l'hystérie.

Sensibilités profondes. — Sous ce nom sont compris : le sens des attitudes, la sensibilité musculaire, la sensibilité osseuse, le sens stéréognostique.

Le sens des attitudes est recherché en mobilisant un segment de membre dans plusieurs sens et en le mettant dans une position que le sujet doit déterminer les yeux étant fermés; celui-ci ne doit pas contracter ses muscles, ce qui pourrait lui faire deviner la position demandée.

Le sens des attitudes est souvent altéré dans le tabes et ses troubles causent l’incoordination motrice.

Les névrites périphériques, les myélites Iran s verses, la sclérose en plaques, s’accompagnent de troubles du sens des attitudes de même que l’hémiplégie cérébrale infantile, l’hémianesthésie organique.

Dans Ce dernier cas, si le membre atteint conserve quelques mouvements, il ne peut reproduire avec ce membre les attitudes du membre sain, alors qu’il est capable de reproduire avec le membre malade l’attitude du côté normal.

La sensibilité musculaire est étudiée à l’aide de courants faradiques ou galvaniques. La contraction musculaire obtenue provoque une sensation variable, suivant que l’état du sujet est normal, ou suivant

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que son système nerveux est lésé. On examine le sens de la tonicité musculaire en faisant évaluer des poids différents que l'on ordonne au sujet de soulever.

La sensibilité osseuse ou mieux la sensibilité du périoste est restée longtemps inexplorée; grâce à des vibrations provoquées par le diapason placé sur les os, on sait maintenant étudier ce mode de sensibilité.

La àaresthésie ou sensibilité locale à la pression est également intéressante à étudier.

Hyperesthésie. — L’hyperesthésie est l’exagération des sensations; la forme de beaucoup la plus habituelle est celle qui intéresse la sensibilité douloureuse ou hyperalgésie.

L'hyperesthésie cutanée peut exister dans les polynévrites, dans les méningites spinales, dans certaines myélites (sans méningite), dans le tabes où elles correspondent souvent à des zones radiculaires. Leyden a décrit une hyperesthésie relative chez les tabétiques, qui consiste en ce que les impressions douloureuses sont perçues mais avec une intensité qui n’est pas en rapport avec la force de l’excitant : une piqûre faible est à peine sentie et une piqûre un peu plus forte, mais cependant peu intense, provoque une violente douleur ; ou encore, phénomène plus curieux, une piqûre forte détermine une sensation plus faible qu’une piqûre légère.

L'hyperesthésie des hystériques, distribuée par plaques ou zones hystérogènes, est un des caractères attribués à cette névrose.

Elle peut se montrer sous forme d’une hyperesthésie généralisée.

Paresthésies. — Les auteurs allemands désignent sous le nom de paresthésies les sensations spontanées telles qu’engourdissements, fourmillements, picotements, qui ne sont pas différentes des sensations douloureuses.

En France, on réserve ce terme aux altérations de la sensibilité provoquée distinctes de l’anesthésie et de l’hyperesthésie.

Le retari» mes sensations, comme le nom l’indique, est caractérisé par l’allongement du temps perdu qui existe normalement entre une excitation et le moment où elle est perçue.

La polyestiiésie est un phénomène rare : une piqûre unique provoque la sensat ion de plusieurs piqûres.

La fusion des sensations est un phénomène inverse : le malade a la sensation d’une seule piqûre, alors que plusieurs ont été faites rapidement sur sa surface cutanée.

La sommation mes excitations est caractérisée parla nécessité d’une série d’excitations successives pour que le malade panienne à en sentir une seule. Ainsi les trois premières piqûres ne seront pas

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perçues; a la quatrième le sujet aura une sensation, à la cinquième, à la sixième et à la septième, il ne ressentira rien, mais à la huitième, il aura de nouveau une sensation de piqûre.

L’épuisement des sensations est un phénomène inverse : les premières piqûres sont parfaitement ressenties, mais les suivantes ne sont plus perçues. Cet épuisement apparaît parfois sous forme d’éclipses au cours d’une série de piqûres, quelques excitations restant de temps en temps inactives.

L’erreur de localisation consiste en ce que le malade localise en un point une sensation, alors que l’excitation qui l’a déterminée a été faite en un autre. L’erreur peut être plus ou moins grande, correspondre à quelques centimètres ou aune distance plus importante, une piqûre au pied est parfois ressentie au mollet, etc.

Dans la synalgie, la sensation est bien localisée au point excité, mais alors qu il n’y a eu qu’une excitation; une aulre sensation est perçue en même temps, loin du lieu excité.

Par rappel des sensations, on entend qu’une sensation légitimement provoquée par une excitation est suivie d’autres sensations semblables à la première, mais spontanées, non provoquées par d’autres excitations.

Dans la métamorphose des sensations, la sensation suit l’excitation, mais il y a erreur dans la perception : ainsi une piqûre est perçue comme un pincement et inversement, ou bien un pincement est perçu comme une brûlure.

Cette sensibilité est différente de la sensibilité cutanée; en effet, quand la peau est insensible, le périoste peut ressentir encore les vibrations et dans d autres cas, la sensibilité cutanée étant parfaite, il est possible que la trépidation du diapason ne soit pas perçue.

Les troubles de la sensibilié osseuse s’observent principalement dans le tabes, l’hémianesthésie organique, la syringomyélie, l’hématomyélie, l’hystérie, mais n’existent pas toujours dans tous les cas.

Sens stéréognostique. — C’est le pouvoir que nous avons de reconnaître par la palpation les trois dimensions des corps etde distinguer ainsi, sans le secours de la vue, les objets les uns des autres.

Dejerine insiste sur ce fait qu’il ne s’agit pas ici d’un sens distinct, mais d’une résultante de l’association des .sensibilités superficielles et profondes. C’est une faculté qui est acquise par l'éducation; elle n’existe pas chez les petits enfants et manque chez les adultes qui n’ont pas fait cette éducation, par exemple dans le cas d’hémiplégie cérébrale infantile. Dans ce cas, le sens stéréognostique peut faire défaut, même avec un état des sensibilités superficielles et profondes voisin de la normale,

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Lorsqu’il disparaît chez un adulte, il s’accompagne toujours, suivant Dejerine, de troubles soit de la sensibilité superficielle, soit de la sensibilité profonde, soit des deux à la fois.

Le sens stéréognostique est assez souvent perdu dans le tabes, dans l’hémiplégie cérébrale infantile, dans l’hémianesthésie organique, dans la névrite périphérique et les scléroses combinées.

Dans toutes les maladies organiques, sa disparition s’accompagne d’altérations des sensibilités superficielles et profondes; dans l’hystérie seulement, on l’a vu manquer isolément; ce qui, étant donnée la grande suggestibilité des hystériques, ne saurait prouver l'indépendance du sens stéréognostique des autres sensibilités.

Sensibilité viscérale. — Les troubles de la sensibilité des organes sont surtout indiqués par les sensations spontanées que décrit le malade; cependant dans une certaine mesure il est possible d’explorer cette sensibilité en provoquant par l’examen l'apparition de sensations.

Il est possible, par exemple, de reconnaître la sensibilité de l'estomac et de l'œsophage, par l’ingestion de liquides chauds ou froids. La sensibilité de l’estomac à la pression est facilement explorable.

La sensibilité vésicale est plus ou moins vive à la distension ; en injectant du liquide dans la vessie, il est facile de se rendre compte de l’état de cette sensibilité qui est parfois très obtuse.

La sensibilité testiculaire est parmi les sensibilités viscérales l’une des plus faciles à rechercher.

Sicard et André ont noté des résultats intéressants dans l’élude des sensations d’angoisse et leurs irradiations provoquées par la compression de la trachée au-dessous du cartilage cricoïde.

Toutes ces sensibilités d’organes sont, dans quelques cas, rares il estvrai,complètementaboliesdansl’hystérie ; les anesthésies partielles sont plus fréquentes, et plus communes encore sont les modifications des différentes sensations provoquées au niveau des viscères.

Le tabes est l’affection la plus riche en troubles de sensibilité des viscères et .l.-Ch. Roux a montré l’importance des lésions du grand sympathique dans la production de ces phénomènes.

Cénesthésie. — On appelle cénesthésie l’ensemble des sensations, normalement obscures et confuses, qui nous font connaître les élats de notre propre organisme. C’est la base de notre personnalité physique et l’origine de notre vie psychique.

Le rôle et l’importance des troubles de la cénesthésie dans les diverses affections mentales sont considérables. Leur description appartient à la psychiatrie. Il est des sujets chez qui ces troubles occupent toute la scène morbide, ou prennent une place tellement

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importante qu'ils suffisent à caractériser une véritable famille pathologique. Ces malades, vrais déséquilibrés sensitifs, qui ne sont ni des mélancoliques, ni des hypocondriaques, ni des délirants, ont été réunis et décrits par Dupré et Paul Camus sous le vocable de cênesthopatlies. Trop souvent confondus avec les neurasthéniques dans l’immense légion des névropsychopathes, ils doivent en être séparés, car, leur distinction, indépendamment du pronostic, présente un grand intérêt clinique et nosologique.

Topographie des troubles sensitifs.

Topographie nerveuse périphérique. — Les troubles de la sensibilité, consécutifs aux lésions des nerfs périphériques, siègent naturellement dans les territoires correspondant à ces nerfs, avec quelques modifications apportées par les anastomoses, les suppléances, les irradiations.

Ces troubles sont sous la dépen dance de tou tes les causes q ui altérai t les nerfs : traumatismes, névrites toxiques, infectieuses, etc.

Les modifications de la sensibilité profonde accompagnent en général les modifications de la sensibilité superficielle au cours des névrites.

Les troubles sensitifs dus aux lésions des nerfs décroissent progressivement du pied vers la cuisse, pour le membre inférieur, de la main vers le bras, pour le membre supérieur.

Topographie radiculaire. — Les troubles de sensibilité dus à des altérations des racines rachidiennes affectent des régions disposées au niveau des membres en bandes longitudinales et en bandes transversales au niveau du tronc. Mais ces bandes ne correspondent jamais au trajet d’un nerf. Les mêmes régions sont parfois le siège de douleurs, dans le cas de névralgies radiculaires.

Pour que l’anesthésie se produise après une lésion radiculaire, il faut que trois racines soient atteintes; expérimentalement la section d’une racine ne suffit pas à donner l’anesthésie à la région cutanée quelle innerve, il faut encore que la racine située au-dessus d’elle et celle qui est située au-dessous soient sectionnées. Chaque zone a donc une innervation multi radiculaire.

Un coup d’œil sur les figures lia et 116 rendra mieux compte de Redistribution radiculaire de la sensibilité, que toutes les descriptions.

Les troubles de la sensibilité affectent une topographie radiculaire toutes les fois que les racines postérieures sont touchées : ainsi, dans les traumatismes de la colonne vertébrale, les compressions intrarachidiennes, le mal de Pott, le cancer vertébral, le tabes.

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Différents types sont réalisés suivant Défendue et la nature des 1 ésions.

Au membre supérieur, dans les trois types de paralysie radiculaire : type supérieur ou type Duchenne-Erb, type inférieur ou typeKlumpke et type total, les troubles sensitifs existent d’une façon constante avec la disposition radiculaire propre à chaque variété.

Dans le tabes, très souvent, on note dans le début une bande d’anesthésie à disposition radiculaire siégeant à la face interne du bras et correspondant aux altérations de la 8I! cervicale et de la lrc dorsale; ces bandes d’anesthésie peuvent d’ailleurs siéger en d’autres territoires radiculaires et ont une grande importance pour un diagnostic précoce.

Los altérations de la sensibilité radiculaire doivent être recherchées au niveau des membres par une série de piqûres formant un cercle autour du membre; en pratiquant les piqûres longitudinalement, on risquerait de laisser passer une bande d’anesthésie radiculaire qui est elle-même longitudinale.

Radiculites. — Il existe tout un groupe d’affections des racines qui ne sont liées ni consécutives à aucun autre processus nerveux avéré, et qui paraissent dues à des lésions primitives de leurs libres ou de leurs enveloppes, réunies et décrites sous le nom de radiculites .

Ces lésions peuvent atteindre n’importe quel étage des racines des nerfs et présenter des types différents. Les radiculites peuvent être sensitives, motrices ou mixtes, suivant qu’elles atteignent l'une des racines postérieure et antérieure ou les deux à la fois. Fréquemment elles prennent les racines inférieures, lombaires et sacrées, et se traduisent sous la forme de sciatique radiculaire (Gauckler et Roussy, Lortat-Jacob, etc.). Mais toujours, quels que soient leur siège et leur type, elles se révèlent par des troubles à topographie radiculaire.

Topographie médullaire. — - La forme paraplégique se voit consécutivement à des lésions transverses delà moelle; la sensibilité est plus ou moins altérée, suivant l’étendue et suivant le siège des lésions.

En règle générale, sauf cependant pour lasyringomyélie et l’hémalomyélie,les troubles sensitifs sont moins accentués que les troubles moteurs.

Une compression intrarachidienne, si elle siège à la région lombosacrée, détermine des modifications qui ne correspondent pas seulement au segment de la moelle sous-jacente à la lésion, mais encore aux racines qui naissent au-dessus du lieu de la compression, car elles ont une direction obliquement descendante et sont englobées dans le processus.

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Fig. 115. — Innervation de la peau par les racines médullaires sensitives (schéma de la sensibilité spinale, face antérieure, d'après Seiflèr et Gasne).

Fig. 116. — Schéma de la sensibilité spinale (face dorsale, d’après Seilfer et Gasne). Dans les figures 115 et 116, les limites des territoires radiculaires sont marquées nettementen réalité elles chevauchent partout les unes sur les autres.

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Ce phénomène ne se produit pas à la région cervicale où les racines sont à peu près horizontales,

La forme hémianesthésique s’observe dans le syndrome de Brown- Séquard après lésion unilatérale de la moelle.

Il existe alors une paralysie motrice du côté de la lésion et de l’anesthésie du côté opposé. De plus, il y a hyperesthésie du côté de la lésion avec une bande transversale d’anesthésie au-dessus de la zone d’hyperesthésie et encore une mince bande d'anesthésie susjacente à cette dernière. Du côté de l'anesthésie (côté opposé à la lésion) on trouve une bande d’hyperesthésie superposée à l’anesthésie.

Topographie segmentaire. — Dans un certain nombre de cas, les troubles sensitifs ne sont plus disposés en bandes longitudinales mais par segment de membre : en chaussette, en gant, en manchette ; la ligne de séparation entre la zone normale et la zone d’anesthésie est horizontale et perpendiculaire à l’axe du membre.

U n’y a rien ici qui rappelle au premier abord une innervation connue par des racines ou par des nerfs périphériques.

Cette anesthésie dite segmentaire se rencontre dans la syringomyélie, dans la lèpre, dans la gangrène sénile, dans l’hystérie.

Or, dans la syringomyélie, l’examen pratiqué de bonne heure permet de reconnaître une disposition radiculaire typique des troubles de sensibilité, plus tard l’anesthésie segmentaire n’est qu'apparente et l’exploration attentive permet d’établir des différences à dispositions radiculaires (longitudinales) dans le segment touché.

Dans la lèpre, Dejerine explique la distribution segmentaire des altérations de la sensibilité par les lésions cutanées lépreuses, et dans la gangrène sénile le fait est évident par les lésions vasculaires.

L’anesthésie segmentaire de l’hystérie est bien connue, ellepeutparfois se surajouter à une maladie organique du système nerveux et faire croire à une anesthésie segmentaire de nature organique, alors qu’elle est en réalité purement fonctionnelle.

Topographie cérébrale. — Le type en est l'hémianesthésie. L’hémianesthésie par lésion cérébrale intéresse tous les modes de la sensibilité, superficielle et profonde, de la moitié du corps opposée à la lésion, mais souvent d’une façon très inégale; les muqueuses de cette moitié du corps sont fréquemment touchées également dans leur sensibilité.

L’hémianesthésie cérébrale ne s’arrête pas exactement sur la ligne médiane, mais empiète un peu sur le côté sain. Elle s’accompagne de paralysie motrice mais ne lui est pas forcément proportionnelle; peu de troubles sensitifs peuvent accompagner une perte presque complète de la motilité et inversement. Le plus souvent cependant,

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le membre le plus paralysé est en même temps le plus anesthésié.

Les troubles sensitifs sont ainsi plus marqués au membre supérieur qu’au membre inférieur; de plus, quel que soif le membre considéré, l'anesthésie est toujours plus marquée à la périphérie du membre, à la main et au pied qu'à Y épaule et à la cuisse (Dejerine), c'est également au pied et à la main que la sensibilité revient le plus tardivement dans le cas de guérison.

L’anesthésie d’origine cérébrale est, dansquelquescas exceptionnels, bilatérale, ce qui s’explique par une lésion des deux hémisphères.

Deux formes d'anesthésie cérébrale méritent une mention spéciale : l’hémianesthésie capsulaire et l’hémianesthésie corticale.

Hémianesthésie capsulaire. — Après les travaux de Türck et surtout ceux de Charcot, la lésion du segment postérieur de la capsule interne lut regardée comme déterminant une hémiplégie et une hémianesthésie sensitivo-sensorielle. Cette hémianesthésie, comme son nom l’indique, intéresse tous les modes de sensibilité, y compris la sensibilité spéciale des organes des sens. Cette zone fut désignée pur Charcot sous le nom de carrefour sensitif. Dejerine et Long oni fait remarquer que le faisceau externe du pied du pédoncule cérébral qui passe par la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne n’est pas une voie sensitive, contrairement à cequiétait admis et iis ont montré également qu'une lésion limitée de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne ne peut pas produire de troubles sensoriels.

Quant a 1 hémianesthésie de la sensibilité générale, elle existe bien dans les lésions capsulaires, mais Dejerine et Long en ont donné, grâce à la méthode des coupes en série avec examens histologiques, une interprétation différente de celle de Türck et Charcot. Ils ont vu que l’hémianesthésie capsulaire ne s'observe que dans le cas de lésion de la couche optique, avec ou sans participation à la lésion du segment postérieur de la capsule interne, ou bien, lorsque la couche optique étant intacte, elle est isolée par la lésion de ses connexions a\oc T écorce.

La lésion du thalamus, pour déterminer l’hémianesthésie, doit siéger en avant du pulvinar, dans la partie postérieure et inférieure du noyau externe du lhalamus, région du ruban de Ueil (Dejerine et Long). De plus, une lésion de la partie postérieure du segment postérieur de la capsule interne, avec intégrité du thalamus, peut occasionner une hémiplégie sans troubles sensitifs. La conception du carrefour sensitif est ainsi entièrement contredite par ces recherches de Dejerine et de Long.

Syndrome thularnique. — Les observations de Dejerine et Egger, de

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Thomas et Ch i ray, de Long, etc., la remarquable thèse de Roussy ont établi d’une façon définitive l’existence de ce syndrome qui est dû à une lésion assez limitée de la couche optique.

Il consiste en :

1° Une hémianesthésie persistante à caractère organique plus ou moins marquée pour les sensibilités superficielles (tact, douleur, température), mais toujours très prononcée pour les sensibilités profondes;

2° Une hémiplégie légère, habituellement sans contracture et rapidement régressive ;

3° De l’hémiataxie légère et de l’astéréognosie plus ou moins complète ;

4° Des douleurs vives du côté hémiplégié, persistantes, paroxystiques, souvent intolérables et ne cédant à aucun traitement analgésique ;

5° Des mouvements choréo-athétosiques dans les membres du côté paralysé (Roussy).

Les troubles sensitifs dépendent de la lésion principale thalamique ; les troubles moteurs relèvent d’une lésion accessoire de la capsule interne dont le segment postérieur se trouve très voisin et est intéressé.

Ajoutons à ces faits que plusieurs des observations publiées jadis à l’appui de la théorie du carrefour sensitif avaient trait à des cas d’hystérie.

Hémianesthésie corticale. — Tripier a établi que la zone motrice corticale est en même temps sensitive ; plusieurs auteurs, tout en acceptant cette notion capitale, admirent que la zone sensitive dépassait la zone motrice; cette question n’est pas encore complètement élucidée.

L’hémianesthésie corticale, de même que l’hémianesthésie capsulaire, est toujours accompagnée de troubles moteurs et ne présente pas dans sa symptomatologie de troubles sensoriels. En effetles zones corticales des organes des sens siègent trop loin de la zone rolandique pour être intéressées par une lésion de celle-ci.

De plus, exception faite pour la vision, une lésion unilatérale des centres sensoriels de l’écorce n’occasionne pas de troubles nettement constatables. L’hémianesthésie corticale s’accompagne parfois d’épilepsie partielle, ou se traduit par une hémiplégie dissociée, une monoplégie avec troubles sensitifs.

La motilité n’est jamais absolument intacte au milieu de ces troubles sensitifs par lésion corticale.

Hémianesthésie hystérique. — Dans l’hystérie, les troubles sensitifs peuvent exister avec une intégrité parfaite delà motilité. L’hémianesthésie hystérique est semblable à celle qui est due à une lésion

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cérébrale ; et les troubles de la sensibilité sont parfois beaucoup plus complets que dans l’anesthésie d’origine organique.

La décroissance de l’anesthésie allant progressivement des extrémités des membres à leur racine est spéciale à l’hémianesthésie organique.

L’anesthésie segmentaire est au contraire spéciale à l’hystérie.

Dans l’hystérie, il y a hémianesthésie sensitivo-sensorirlle, ce qui indique la participation des sensibilités spécialesdes organes des sens parmi les accidents, contrairement à ce qui se [tasse pour I hémianesthésie cérébrale.

11 faut ajouter que l’anesthésie hystérique a des caractères spéciaux. L’hystérique anesthésié ne se brûle pas, ne se blesse pas inconsciemment comme le font les malades atteints de lésions nerveuses; de plus il manifeste souvent de la sensibilité quand celle-ci est explorée, alors que l’attention de la malade est fixée fortement d’un autre côté. Elle peut disparaître et réapparaître ensuite avec la même rapidité, spontanément ou sous l’influence de la suggestion.

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