‹ Précis de pathologie généraleChapitre 7 sur 112 · II. Claude ut J. Camus. — Pathologie générale · texte numérisé non relu

II. Claude ut J. Camus. — Pathologie générale

O introduction.

Cet ouvrage s’adresse avant tout à des médecins, ou à «le future médecins' nous ne «..rions l'oublier; aussi, la pathologie huma, ne üent-elle de beaucoup la plus grande place dans le cache que nou nous sommes tracé, et, chaque fois que nous ferons des jncui s, dans la pathologie comparée, nous ne perdrons pas de vue

^'^ependanh'bién des notions tirées de la pathologie animale nous seront nécessaires, bien des lésions son plus faciles a étud,er a comprendre chez les êtres inférieurs, et nous ne devons pas les

Bans les conditions actuelles de la science, un homme qui n étudierait la pathologie que dans un laboratoire, s eleve.ait dilf.ci ment à des conceptions générales sur cette branche de la médecine , l’hOpital reste le grand champ d’observation des processus morbides.

11 n’en est pas moins vrai que les lésions observées au laboratoue, et celles que montre la clinique, ont des caractères communs ; le laboratoire permet même de les provoquer a notre heure, de. les suivre parfois plus facilement et de pouvoir toujours les saisir, les ïixer, au moment qui nous convient pour en mieux etudier la nature Les deux études, clinique et expérimentale, sont voisines elles s’éclairent mutuellement, elles se complètent. Celui qui peut mener de front les deux études, comparer les résultats de 1 expérimentation avec ceux de l’investigation clinique, celui-là est fatalement amené à faire de la pathologie générale.

Notre maître le professeur Bouchard a cherche à réaliser cette synthèse ■ il n’a jamais, pour ainsi dire, séparé dans sa vie scientifique la clinique du laboratoire, et l’on sait de combien de documents importants cette association fructueuse a enrichi la pathologie générale à notre époque. C’est de son enseignement que nous nous réclamons, on ne s’étonnera pas de retrouver souvent ici le reflet de

sa doctrine. „ . .

Du cadre de cet ouvrage sont écartées tout naturellement les

maladies des organes dont s’occupe la pathologie spéciale. Cette dernière a pour but l’étude de chaque organe pris isolément: elle examine, par exemple, successivement, toutes les lésions qui peuvent survenir dans l’estomac, avec leurs causes, leurs caractères, leur évolution, leurs conséquences, leur terminaison, puis elle passe à l’étude de l’intestin, dont elle étudie de même les affections segment par segment. La pathologie générale se sert également de tous ces éléments que lui fournit la pathologie spéciale, mais elle les groupe différemment; elle n’étudie pas particulièrement les maladies du pylore ou celles du duodénum, mais elle examine dans leur

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ensemble les modifications de la fonction digestive. Elle voit plus loin que la pathologie spéciale, elle nous apprend qu’un estomac peutêtre altéré profondément par une lésion étendue, que sa sécrétion peut être modifiée, disparue môme, sans que la fonction digestive soit abolie. Elle lient compte de ce fait que le suc pancréatique peut suppléer au suc gastrique, et rétablir ainsi, en partie, la fonction.

Ces phénomènes de suppléance, de retentissement des organes les uns sur les autres, sont du domaine de la pathologie générale. Le propre de cette branche de la médecine est précisément de ne pas séparer dans ses conceptions, la partie du tout, l’organe de l’organisme et de tendre surtout à considérer les synergies fonctionnelles. La connaissance de ces faits conduit le clinicien à regarder les manifestations pathologiques dans leur ensemble et à ne pas fixer son attention sur un seul phénomène morbide. Elle l’empêche, en face d’un seul symptôme, d’un cas d’albuminurie par exemple, d'instituer une série de médications plus ou moins inutiles ou néfastes, elle lui montre que la présence d’albumine dans l’urine ne représente qu’une anomalie de la sécrétion urinaire et que l'albuminurie n’a une valeur diagnostique et pronostique que par son association avec d'autres troubles des fonctions rénales ou de l’économie en général. Là est le point important ; ne pas se contenter d'une constatation banale, mais explorer la fonction, et cela, nous savons le faire pour le rein, par une série de méthodes récentes ([ue nous ont apprises, dans ces dernières années, des hommes qui sont à la fois des médecins et des expérimentateurs. Ces notions ne doivent être ignorées, à l'heure actuelle, d'aucun praticien; sans elles, la médecine devient néfaste. Pour beaucoup encore, albuminurie égale invariablement régime lacté; cette thérapeutique réflexe, comme l’appelle un de nos maîtres, est des plus dangereuses.

Si nous avons fait cette digression, c’est pour montrer que le but de la pathologie générale est éminemment pratique, car elle conduit à la thérapeutique générale, sans laquelle le médecin a tendance à se cantonner uniquement dans la thérapeutique souvent funeste du symptôme. L’étude de la pathologie générale ne doit pas faire négliger l’étude de la pathologie spéciale ; ce serait une erreur de croire que les notions générales suffisent à une carrière médicale. La pathologie générale prend sa source dans la pathologie spéciale, c’est avec les éléments fournis parla seconde, que la première établit les lois, les principes généraux (pii régissent les actions morbides, et, à leur tour, ces principes généraux servent de direction dans les recherches ultérieures, touchant la pathologie spéciale. Ainsi, la

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pathologie générale, dans la série des études médicales, se place a la fois au commencement et à la fin : au commencement pour servir de guide à l’étudiant et l’empêcher de se perdre dans les détails ; a la fin, pour permettre au médecin de grouper, de synthétiser ses connaissances. « La Pathologie générale, dit Roger, représente la synthèse, c’est-à-dire la partie la plus élevée des sciences medicales ; elle en est l’introduction, elle en est le couronnement. »

Le cadre que nous avons adopté dans cet ouvrage, est, ce nous semble, le plus simple qui se puisse concevoir.

La pathologie générale, suivant la conception que nous avons indiquée il y a un instant, ne peut être que l’étude des caractères communs des processus morbides dans la série des êtres. Les éléments qui constituent les organes varient peu, c’est leur agencement qui change surtout et qui établit les différences dans la série animale. Les cellules envisagées isolément sont souvent bien voisines dans leur structure chez des êtres très dissemblables, il en est de même des tissus fondamentaux.

Les réactions de ces cellules, de ces tissus, sous 1 influence des agents extérieurs se ressemblent également dans leurs formes simples, sinon dans leurs résultats éloignés. Tous les observateurs ont été frappés des analogies qui existent entre les modifications produites chez une amibe et celles d’un globule blanc de l'homme sous l’action des différents excitants.

U existe donc tout naturellement une pathologie générale cellulaire et une pathologie générale des tissus. 11 y a encore une partie de la pathologie qui est commune à la plupart des êtres, sinon à tous, c’est la pathologie des grands appareils et des fonctions fondamen-

tales.

Tous les êtres respirent, digèrent, ont une circulation plus ou moins rudimentaire, chacun accomplit ces fonctions à sa manière, mais elles existent chez tous; elles peuvent être troublées par la maladie, et les caractères communs de ces troubles constituent encore un chapitre de la pathologie générale.

Enfin, dans un dernier chapitre, nous étudierons les processus qui ne sont plus spéciaux à telle ou telle fonction, mais qui louchent un organisme dans son ensemble, et parmi eux, nous aurons à envisager des phénomènes d’une complexité extrême : la fièvre, les maladies de la nutrition, les maladies héréditaires.

Là, nous retrouverons forcément les notions générales de pathologie cellulaire, puisque les phénomènes dont nous parleronstouchent tout un organisme, et que certains organismes ne sont constitués que par une cellule.

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Notre plan sera donc le suivant :

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