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( Tableau de Oesterreicher, ci lé par Dejerine.)
PATHOLOGIE GÉNÉRALE DE L’ORGANISME
Ce tableau (page 524) démontre l’hérédité directe de l’épilepsie ; Gowers, dans une statistique portant sur 429 cas, trouve que l'épilepsie est hérétaire dans les trois quarts des cas environ.
De nombreux travaux anciens ( Boerhave, Hoffmann, etc.) et d’autres plus récents concluent également à l’hérédité de l’épilepsie.
D autre part, Maisonneuve n’a relevé que quatre fois l’hérédité directe chez 80 épileptiques, Leuret une fois seulement sur 67 cas.
Les recherches de M. Dejerine restreignent également la part de l’hérédité directe dans l’étiologie de l’épilepsie.
Sur 120 épileptiques observées à la Salpêtrière, H. Claude n’a trouvé que six fois l’hérédité directe.
L hérédité similaire de l’épilepsie paraît certainement moins importante qu’on ne l’avait cru tout d’abord, mais on relève souvent chez les parents des épileptiques des affections nerveuses diverses, des troubles de la nutrition, des infections lentes, des intoxications chroniques, en particulier l’intoxication alcoolique.
Suivant Morel et Lucas, l’ivresse des parents au moment de la conception serait une cause d’épilepsie.
Hystérie. — Depuis Willis, presque tous les auteurs qui se sont occupés de I hystérie ont reconnu l’influence de l’hérédité sur
cette névrose. Georgeten particulier abien montré ses rapports avec les autres maladies nerveuses et l’importance de la constatation de celles-ci chez les parents des hystériques.
Suivant Briquet, près de la moitié des mères hystériques donneraient naissance à des filles hystériques.
La statistique de Hammond est également très démonstrative.
Les recherches de Charcot et de ses élèves, celles de Dejerine conduisirent aux mêmes conclusions.
L’hystérie est la plus héréditaire des névroses, l'hérédité est directe ou indirecte ; l’hystérie peut être la conséquence d’autres manifestations nerveuses chez les parents, elle peut elle-même être l’origine chez les descendants de troubles nerveux qui n’appartiennent plus au tableau de l’hystérie. L’hystérie est un état constitutionnel du système nerveux; c’est plus une manière d’être qu’une maladie (H. Claude).
Les intoxications, le plomb en particulier, peuvent faire apparaître 1 hystérie, mais il est probable que l’hérédité prépare le terrain.
Neurasthénie. — La neurasthénie, avec sa symptomatologie variée, ses symptômes de dépression et d’excitation, rentre également dans la famille neuro-pathologique. Ce n’est pas une maladie, mais un syndrome (Raymond), expression d’une fatigue, d’un épuisement
HÉRÉDITÉ
du système nerveux. L'influence de l’hérédité neuro-arthritique sur son développement n’est niée par personne, mais ce qui la distingue de beaucoup d’autres maladies du même groupe, c’est qu’à côté de la forme constitutionnelle apparaissant dès le jeune âge, il existe une variété inlinie d’états neurasthéniques qui peuvent être créés de toutes pièces chez des individus normaux jusqu’à leur apparition.
Les causes qui provoquent cette neurasthénie symptomatique sont toutes celles qui épuisent le système nerveux : l’excès de travail physique et intellectuel, les excès sexuels, les mauvaises conditions hygiéniques, certaines infections, la grippe, la blennorragie, etc., quelques intoxications, l’abus désexcitants, les soucis, les préoccupations unies au surmenage, « le travail cérébral doublé d’inquiétude, » suivant l’expression de M. ûejerine, voilà les principales causes de la neurasthénie.
11 est très important de noter que la neurasthénie peut être créée accidentellement chez un individu exempt de tare, mais si elle est parfois indépendante à son origine de l’hérédité, elle a, une fois constituée, des conséquences héréditaires qui se traduisent par des symptômes nerveux et mentaux chez les enfants.
Legrand du Saulle la regarde comme le germe des maladies mentales graves, surtout quand, par suite de mariages, elle s’unit à d’autres troubles morbides.
Suivant Môbius, elle est capable de donner naissance à l’hystérie, la mélancolie, la manie, l'aliénation, etc.
Chorée. — La chorée de Sydenham, ou chorée nécrose des anciens auteurs, qui se montre habituellement pendant la seconde enfance et jusqu’à la puberté et qui est caractérisée par des mouvements involontaires, désordonnés, est rarement héréditaire d'une façon directe, mais est due presque toujours à une hérédité dissemblable et est surtout provoquée par l’infection.
La chorée de Huntington ou chorée héréditaire , affection de l’adulte caractérisée par des mouvements spasmodiques de la face et des membres, puis plus tard des muscles du tronc, du larynx, du pharynx, de la langue; de l’affaiblissement de l’intelligence, des troubles spéciaux de la marche, etc., est une maladie dans laquelle l’hérédité directe similaire est très nette.
Ce quia été dit de l’hérédité de l’hystérie s’applique naturellement à la chorée hystérique.
La .M i la die de Parkinson, ainsi d'ailleurs que le Trkmhi.ement sénile, ont des affinités certaines avec les maladies mentales et avec les névroses, mais on retrouve assez rarement dans ces affections l’hérédité similaire.
PATHOLOGIE GÉNÉRALE DE L’ORGANISME
Goitre exophtalmique. — Maladie de Basedow. — Le rôle de l’hérédité dans la maladie de Basedow est tout à l'ait démontré; il s’exerce soit d'une façon similaire, soit d’une façon dissemblable. Il existe des liens entre cette affection, l’hystérie et aussi l’aliénation mentale.
Le tableau ci-dessus, établi par < lesterreicher (cité par Dejerine), est un exemple remarquable d’hérédité similaire directe.
2U Hérédité dans les maladies du système nerveux avec
lésions anatomiques.
Maladies du cerveau. — Hémiplégie. — Cen’est pasun syndrome héréditaire, mais les conditions qui le produisent peuvent être influencées par l’hérédité; en effet, l’hémorragie cérébrale, le ramollissement cérébral qui le déterminent, sont causés par un mauvais état des artères et il existe des prédispositions héréditaires aux lésions artérielles.
L’influence de l’hérédité dans l’hémorragie cérébrale a été admise par Charcot, Guéneaude Mussv, Üieulafoy ; « il est des familles, dit cet auteur, dans lesquelles ont peut suivre l’hérédité de l’hémorragie cérébrale à travers plusieurs générations » et il cite des cas où l’hémorragie cérébrale a frappé quatre ou cinq membres d’une même lignée.
Paralysie générale. — L’influence de l’hérédité dans le développement de la paralysie générale, admise par beaucoup d’auteurs, n’est pas démontrée dans un grand nombre de cas.
Sison rôle ne semble pas niable d’après les statistiques de Kraepelin, de.loffroy, d’autres travaux ne conduisent pas aux mêmes conclusions. Magnan regarde la paralysie générale comme une maladie dépendant surtout des conditions de vie de l’individu; il ne nie pas que certains paralytiques généraux présentent des stigmates de dégénérescence, mais il pense que c’estàcause de leurs excès (syphilis, alcool...) qu’ils sont atteints de paralysie générale. lvacs n’a relevé des stigmates de dégénérescence que dans 2,17 p. 100 des cas.
Les religieux, les femmes d’un milieu social élevé, les Israélites, suivant Minor, sont assez peu atteints de paralysie générale, alors que les psychoses s’observent chez eux aussi fréquemment que chez les autres sujets. Les intoxications et par-dessus tout la syphilis ont un rôle beaucoup plus évident que l’hérédité; en effet, 80 p. 100 des paralytiques généraux présentent des antécédents syphilitiques (syphilis acquise pour l’adulte et hérédo-syphilis pour la paralysie générale précoce).
HÉRÉDITÉ
De plus, dans les cas où l’on ne trouve pas la trace des anlécédentssyphilitiques, l’existence de l'affection paraîtpouvoir être mise en évidence.
Krafft-Ebing publie à ce sujet des expériences faites par un anonyme de \ ienne qui, sur neuf paralytiques généraux n'ayant pas trace de syphilis et ignorant s’ils avaient été infectés autrefois, osa faire de nombreuses tentatives d'inoculation de produits syphilitiques, toutes sans aucun résultat. Ces malades avaient donc eu la syphilis.
Iabes. — Le tal>es, alors qu’on connaissait mal son étiologie, fut regardé comme lié par l’hérédité à plusieurs maladies nerveuses et des statistiques, des tableaux généalogiques sont en effet favorables a cette opinion. Charcot défendait le rôle de l’hérédité et n'attribuait à la syphilis qu’une action adjuvante.
Les recherches de Fournier montrant l’influence de la syphilis sont venues amoindrir considérablement le rôle attribué jusque-là à 1 hérédité ; sans permettre de nier l’existence de prédispositions héréditaires, le nombre de syphilitiques parmi les tabétiques est en effet imposant : 24 sur 30 et 93 p. 100 (Fournier) ; 89 p. 100 (Erb) ; 97 p. 100 (Dejerine); 90 p. 100 (Raymond), etc.
L évolution des idées sur l’hérédité a été la même en somme pour le tabes et pour la paralysie générale, dès lors rien d étonnant qu’une influence étiologique commune détermine de temps à autre chez un même individu l’évolution simultanée du tabes et de la paralysie generale; d autre part, l apparition de l’une des deux chez les enfants, alors que les parents étaient atteints de l’autre, s’expliquent par la transmission de l’infection syphilitique : Jean Camus et Chiray ont rapporté le cas d une jeune tille atteinte de tabes héréditaire et dont le père avait succombé à de la paralysie générale.
Maladie de F iuedheicii. — La maladiede Friedrcich estencore appelée Ataxie héréditaire, cequi indiqueassezl importancedel hérédilé dans son développement. C’est une maladie surtout familiale; les observations démontrent l’existence de l’hérédité similaire directe et de l'hérédité dissemblable.
Rérédo-ataxie-céréuei.i.euse. — Décrite par Pierre Marie, elle est un type de maladie familiale et Londe, reprenant cette étude, a démontré rigoureusement ses liens héréditaires et son caractère familial.
Nous avons déjà mentionné à propos des troubles des fonctions nerveuses, le caractère de la maladie de ïhomsen, des myopathies, de la névrite interstitielle hypertrophique-, dans ce groupe des maladies familiales ou héréditaires peuvent encore prendre place des cas de tabes dorsal spasmodique, de névrite optique, etc.
H. Claude et J. Camus. — Pathologie générale.
PATHOLOGIE GÉNÉRALE UE L'ORGANISME
3° Rapport au point de vue de l’hérédité entre les maladies nerveuses et les maladies de la nutrition.
L'hérédité pathologique, suivant M. Bouchard, est basée sur la transmission des troubles de la nutrition des parents aux enfants par l’intermédiaire des molécules qui forment l’ovule et le spermatozoïde.
L)e nombreuses observations et, en particulier, celles de M. Bouchard en font foi; si on rencontre dans une même famille des cas de goutte, d’obésité, de migraine, d’asthme, de névrose, ces maladies ont une origine commune. On peut les voir s’associer, se succéder, alterner les unes avec les autres ; l’hypocondrie, l’épilepsie, l’aliénation mentale ont aussi avec elle des liens de parenté.