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LA SANTÉ ET LA MALADIE

Une définition de Y état pathologique, de la Maladie est difficile à donner d'une façon scientifique. Le mot Maladie est un terme des plus employés, l’idée qu’il exprime dans le langage courant est facile à saisir, mais l’embarras devient grand, quand il faut en préciser l’essence. La même difficulté se présente pour une foule de grands phénomènes que se sont efforcés de définir les philosophes et les savants de toutes les époques. C’est ainsi que l’un des plus illustres n’a trouvé d’autre définition de la Vie que celle-ci : « c’est l’ensemble des forces qui s’opposent à la Mort » (Bichat). En analysant les conceptions d’un grand nombre de pathologistes sur la Maladie, nous ne pouvons, pour la plupart, que les ramener à cette idée : « la Maladie est l’ensemble des forces qui s’opposent à l’état normal des fonctions». Mais alors, qu’est-ce que la Mort et qu’est-ce que l’état normal des fonctions? 11 n’est pas possible de définir une idée en s’appuyant sur l'idée contraire, si celle-ci n’a pas été elle-même définie.

L’essence même des phénomènes nous échappe et les meilleures définitions qui s'en puissent donner sont presque toujours celles qui précisent les grandes lignes de leur mécanisme dans leurs principales actions. C’est ainsi que dans la maladie, Hippocrate et, plus près de nous, Sydenham, ont vu l'idée de lutte, l'idée de défense de l’organisme ; il y a là un caractère capital qui est déjà un élément de définition. Et cette idée de lutte, nous la retrouvons dans la définition plus complète que donne M. Bouchard : « La Maladie est l’ensemble des actes fonctionnels et secondairement des lésions anatomiques qui se produisent dans l’économie, subissant à la fois les causes morbifiques et réagissant contre elles ».

MM. Chantemesse et Podwyssotsky donnent la définition suivante qui s’appuie sur l’idée de II. Spencer, que la vie est l’accommoda-

pathologie cellulaire.

tio'n continue des relations internes et des relations externes : « La santé est l’accommodation presque parfaite, tandis que Je trouble de celte accommodation et les réactions fonctionnelles et anatomiques qui en sont la conséquence, constituent la maladie ».

Certains auteurs ont tendance à voir dans la santé l’idée d'équilibre et dans la maladie la rupture de l’équilibre. Le mot accommodation adopté par MM. Chantemesse et Podwyssotsky nous semble bien préférable au mot équilibre car, de l’avis de tous les biologistes, le propre de la matière vivante ce n’est pas l’équilibre, c’est l’instabilité ; à vrai dire, dans un organisme vivant il y a tendance vers un équilibre, mais il n’est jamais atteint complètement. Qu'il soit sain ou malade, un organisme est vivant, par conséquent toujours en état d’instabilité, caria nutrition qui se fait bien ou mal dans les deux cas entraîne toujours une transformation de la matière.

Nous sommes amenés ainsi à ne plus voir entre la santé et la maladie un antagonisme, une différence de nature, mais seulement, ce qui est tout autre, une ditférence de degré. Nous sommes portés à ne plus considérer entre la santé et la maladie qu’un peu moins ou un peu plus d’instabilité. 11 s’agit alors de déterminer les limites de l'instabilité normale, pour connaître ce qu’est la santé, et ce qu’est la maladie. Mais cette détermination, simple pour les cas extrêmes, l’est moins pour les cas intermédiaires; il n’y a pas en biologie de mesure rigoureuse, et il est souvent difficile de dire où finit l'état, normal, où commence 1 état morbide. Bien plus, tel phénomène (pii est normal chez un individu, peut être considéré comme pathologique chez un autre individu de la même espèce; et tel symptôme chez un même individu peut être regardé comme normal à une époque de son évolution et comme pathologique à une autre période.

L idée qui nous paraît essentielle dans une définition de la maladie c est celle de la lutte , de la réaction de l'organisme ; c’est celte réaction que M. Bouchard a bien mise en évidence et dont il a montré la

réalité aussi bien dans les maladies chroniques que dans les maladies aiguës, aussi bien dans celles qui se terminent par la mort que dans celles qui guérissent. La réaction, enefTel, n’est pas nécessairement sullisante, elle n’est même pas nécessairement bonne; elle peut dans quelques cas être nuisible, mais elle existe dans tous les cas.

Les quelques données nous font déjà entrevoir la complexité extrême des problèmes de pathologie.

Poui essayer de les élucider, il nous paraît nécessaire de les considérer dans les organismes les plus simples, les êtres unicellulaires ; c’est pourquoi nous analyserons tout d’abord les fonctions des cellules vivantes.

GÉNÉRALITÉS SUR LES CELLULES VIVANTES

GÉNÉRALITÉS SUR LES CELLULES VIVANTES

Wenvorn termine ainsi son remarquable ouvrage de Physiologie générale : « Il n’y a aucune substance vivante qui ne soit composée

Eig. 1. — Les coiicej>Lions sur la structure de la cellule (Branca).

1, membrane cellulaire; 2, suc cellulaire; 3, protoplasma; 4, noyau; 3, centrosomes; 6. aster.

i. La cellule de Malpighi (cellule de la moelle de sureau) ; 2, la cellule de Schwann (cellule axiale des tentacules de Cor lylophora Lacustris (d'après F. E. de Schultse) ; 3, La cellule de Max Schultze (myélocyte); 4, la cellule d'après les notions contemporaines (leucocvte de Salamandre) (d’après Heidenhain).

de cellules, et il n’y a aucune fonction de la matière vivante qui n’ait son origine dans ce phénomène vital élémentaire de la cellule. Si donc on considère que la tâche de la physiologie consiste dans l’explication des phénomènes vitaux, la physiologie générale ne

jo pathologie cellulaire.

saurait être qu’une physiologie cellulaire. » Cette phrase, il est permis de la transcrire au début d’un travail de pathologie generale, car si elle est vraie pour la physiologie, elle l’est également pour la

pathologie. .

Cellules mononucléées. — La cellule (fig. 1) a été definie une masse de protoplasma contenant dans son intérieur un noyau distinct. Protoplasma et noyau, tels sont les deux éléments nécessaires et suffisants pour constituer une cellule animale ou végétale. A c oté de ces deux éléments primordiaux, on en a décrit un troisième, le centrosome, appelé encore corpuscule polaire ou corpuscule central. Ce dernier a été considéré par Van Beneden et plusieurs autres auteurs comme une troisième partie essentielle de la cellule. Le centrosome est-il un élément différencié du protoplasma ou du noyau? a-t-il une existence autonome? Voilà autant de problèmes qui ont donné lieu aux discussions les plus vives entre les histologistes. Un seul point paraît bien mis en lumière, c’est son rôle dans la fécondation et dans la reproduction. Le noyau et le protoplasma constituent malgré tout, les deuxparties fondamentales de la cellule. À ces parties se surajoutent, suivant les cas, une membrane d'enveloppe, des amas de matières nutritives, des gouttelettes de graisse, des pigments, etc. Mais ces dernières substances ne sont pas les éléments indispensables de la cellule.

Cellules polynueléées. — La cellule la plus simple est constituée par du protoplasma et un seul noyau, mais à côté de celle-ci, il en existe d’autres, ayant une structure plus complexe, ce sont les cellules à plusieurs noyaux. Là encore, il n’existe qu’une masse de protoplasma, mais cette masse renferme deux, trois, cinq, et un beaucoup plus grand nombre de noyaux. Ces variétés de cellules polynucléaires existent à l’état isolé, constituant des êtres unicellulaires ; on les trouve également chez les êtres les plus élevés dans la série animale, chez l’homme par exemple. Elles établissent en quelque sorte la transition entre la cellule simple et le tissu le plus élémentaire qui n’est qu’une agglomération de quelques cellules, fout en bas de l’échelle des êtres, on trouve des organismes rudimentaires sur la structure desquels on peut discuter, hésitant à les

Fig. 2. — Infusoire (Paramccium Aurélia).

n, noyau; p, péristome ou Fouché; v, vésicule contractile (R. Blanchard).

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ranger parmi les êtres unicellulaires à plusieurs noyaux ou parmi les êtres multicellulaires.

Morphologie. Dimensions des cellules. — La forme la plus simple, la plus élémentaire sous laquelle peuvent se présenter les cellules, est la forme sphérique; c’est celle qu’affectent pour la plupart les cellules-œufs des animaux. Partant de cette forme que l’on peut prendre comme type, on trouve toutes les variétés morphologiques. De plus, si certaines cellules ont un aspect invariable ou se modifient peu, il en existe d’autres qui sont continuellement en mouvement, dont la configuration varie à chaque instant et dont les modifications peuvent être suivies sur la platine môme du microscope.

Parmi ces dernières, certaines changent de forme dans toutes leurs parties, telles sont les amibes, d'autres n’offrent guère de variation que dans une certaine zone, telles sont les cellules à cils vibratiles. Après ce que nous venons de dire des variétés morphologiques innombrables des cellules, on pourrait s’attendre aux mêmes différences pour.ee qui concerne leurs dimensions. A la vérité, il existe des écarts très importants entre les diamètres des éléments cellulaires, mais peut-être sont-ils moindres qu’on ne pourrait le croire, car ils ne dépassent pas des limites assez restreintes; en tout cas, c’est presque toujours d’éléments microscopiques qu’il s'agit.

Composition des cellules. — L’analyse chimique montre que parmi les nombreux corps simples qui sont répandus dans la nature, un petit nombre seulement se retrouve d’une façon constante dans la constitution des cellules.

Ces corps simples sont :

Le carbone.

L’azote.

L’hydrogène.

L’oxygène.

Le soufre.

Le phosphore.

Le chlore.

Le potassium.

Le sodium.

Le magnésium.

Le calcium.

Le fer.

Leur nombre est exactement de douze ; il est important d’ajouter qu’à côté de ces substances fondamentales, on peut en trouver d’autres, mais d’une façon inconstante dans certaines cellules déterminées :

L’iode.

L’aluminium.

Le silicium.

Le lluor.

Le brome.

.e manganèse.

iâ Htiiologie CELLULAIRE.

A cos derniers, nous pouvons ajouter le cuivre, l’arsenic, dont oii a décelé des traces.

Ces différents éléments se trouvent combinés dans les cellules de telle sorte qu’ils réalisent deux groupes de substances :

1° Des substances spéciales, appartenant en propre à la cellule.

2° Des substances indifférentes si l’on peut dire, inorganiques plus exactement, et qui se retrouvent dans les cellules comme elles existent ailleurs dans la nature.

Les premières sont au nombre de trois, ce sont les matières albuminoïdes, qui jouent le rôle capital, et à côté d'elles les hydrates de carbone et les graisses.

Les secondes sont représentées par de l’eau, des sels, en particulier des chlorures, enfin des gaz.

Fonctions principales des cellules et des êtres unicellulaires.

La cellule possède les principales fonctions qui se retrouvent à un état plus parfait chez les êtres les mieux organisés.

Préhension des aliments. Digestion. Assimilation. Excrétion. — Les êtres unicellulaires sont capablesde saisir les substances nutritives qui se trouvent à leur portée, ils les prennent en les entourant de leurs pseudopodes, puis en rétractant ces derniers, le corps étranger se trouve finalement englobé danslc protoplasma de la cellule. Cette préhension des aliments peut être suivie pour les amibes pas à pas au microscope, et nous verrons que la phagocytose si bien connue chez les globules blancs est un phénomène semblable.

Bien (pie ces cellules ne possèdent aucun rudiment de tube digestif, elles exercent cependant une action digestive complète sur les aliments qu’elles ont englobés; elles sécrètent des sucs digestifs, des ferments qui transforment la matière nutritive et la rendent assimilable.

L’étude de la digestion intracellulaire a ôté faite par plusieurs auteurs, entre autres par Le Danlec qui a démontré d’une façon élégante 1 apparition d acide chez les amibes pendant la digestion des substances alimentaires. L’alizarine est un réactif très sensible qui possède une teinte violette dans un milieu légèrement alcalin, et rose dansun milieu légèrement acide. Si l'on place des amibes dans une solution laiblement alcaline d alizarine, par conséquent de teinte \ iolette, on voit les amibes englober des grumeaux d’alizarine, former des vacuoles autour de cette substance étrangère et, lentement, le liquide de la vacuole vire au rose, indice de la réaction acide.

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Il est curieux de Constater chez des êtres unicellulaires la formation de sucs digestifs, et de rapprocher ce phénomène de la sécrétion gastrique acide des animaux supérieurs.

Le résultat utile de la digestion intracellulaire des amibes n’est d’ailleurs pas douteux; en effet, les diatomées qui sont englobées dans le protoplasma de l’amibe ne sont rejetées que quand leurs parties propres à la nutrition ont été retenues par l’amibe.

L’assimilation après la digestion devient le dernier stade de cette série d’actes qui suit la préhension des aliments ; la substance étrangère assimilée devient matière vivante, fait partie peu à peu de la cellule elle-même.

Parallèlement à l’assimilation, s’accomplissent des phénomènes de désassimilation et nous en retrouvons la preuve dans les excrétions composées de substances inutiles, nuisibles même à l’organisme et qui sont des dérivés des produits nutritifs. Ces substances sont rejetées de l’organisme et chez des êtres unicellulaires on peut voir une vacuole contractile se remplir de liquide et se contracter alternativement en expulsant l'eau qu’elle contient. Il est probable que les produits de désassimilation sont dissous dans le liquide et s’en vont avec lui.

Respiration. — Tout organisme qui vit, a besoin d’oxygène, toute •cellule respire. Les cellules prennent l’oxygène qui leur est nécessaire dans des conditions variables, les unes dans l’air atmosphérique, les autres à letat de dissolution dans l’eau, mais aucune ne peut s'en passer complètement. Les actions d’oxydation sont capitales dans la vie cellulaire, et l’on a pu comparer la respiration à une combustion : la cellule absorbant de l’oxygène et exhalant de l’acide carbonique. Il n’est pas indispensable que l’oxygène se présente à la cellule dans des proportions constantes et rigoureuses, et les belles expériences de W. .Millier et Paul Bert ont montré de quelle merveilleuse adaptation sont capables les cellules pour vivre dans des conditions d’oxygénation très différentes.

I n des problèmes les plus intéressants qui se pose k propos de la respiration des cellules, est celui des conditions d’existence des êtres anaérobies. Pasteur et bien d’autres bactériologistes après lui ont montré, en ell’et, que certains microbes vivent et se développent dans des milieux complètement privés d’air, quelques-uns même meurent ou s’arrêtent dans leur développement au contact de l’oxygène. Ces microbes sonl particulièrement intéressants pour le médecin, puisque parmi eux nous trouvons le microbe du tétanos ceux de la gangrène qui ont un rôle fort important en pathologie humaine. L’exception à la loi que nous venons d’indiquer est-elle,

PATHOLOGIE CELLULAIRE

pour ces êtres, réelle ou apparente? Il est probable, mais non démontré, que ces germes sont capables de déplacer des combinaisons chimiques qui les entourent, la petite quantité d’oxygène réclamée sans doute par leurs actions nutritives.

Circulation. — Le protoplasma de lacellule qui, au premier abord, pourrait sembler constitué par une masse uniforme, homogène, apparaît au contraire', grâce à des techniques histologiques spéciales, et à l’aide de forts grossissements, comme une substance possédant une structure compliquée. On a décrit dans sa constitution des granulations et de plus un fin réticule extrêmement riche entourant les granulations et circonscrivant des vacuoles. Et si nous ne trouvons pas chez les êtres unicellulaires un système circulatoire constitué par des vaisseaux bien limités, du moins nous avons la certitude que le liquide propre de la cellule subit des mouvements de va-et-vient qui sont déjà les rudiments d’une circulation. Dans certaines cellules même, comme celles des Orbitolithes, l’observateur peut suivre dans les longs pseudopodes deux courants protoplasmiques nettement distincts : l’un centrifuge, l’autre centripète.

Fonction nerveuse. — Il paraît étrange de parler de fonction nerveuse, alors qu’il est question de cellules isolées et d’êtres unicellulaires chez lesquels les méthodes les plus délicates de coloration n’ont pu révéler aucun élément rappelant même de loin la substance nerveuse. Et cependant quand on étudie les fonctions nerveuses des êtres supérieurs, on est obligé de les ramener toutes à un acte élémentaire, le réflexe, et les opérations les plus complexes de l’intelligence n’apparaissent aux yeux des psycho-physiologistes que comme une série, une association de réflexes successifs. Or cet acte nerveux fondamental, le réflexe, nous le retrouvons schématiquement exprimé tout au bas de l’échelle des organismes. En voici des exemples empruntés à Hertvvig et à Werworn. La cellule de Potériodendron se compose d’un corps cellulaire contenu dans une enveloppe caliciforme et fixé au fond de celle-ci par un filament myoïdal. De la partie du corps cellulaire opposée au filament myoïdal s’échappe un flagellum doué d’une sensibilité exquise. Nous avons ainsi les trois parties essentielles de l’arc réflexe : l’élément sensible, le corps cellulaire, le filament myoïdal ou élément moteur. Toute excitation portée sur le flagellum est immédiatement transmise au corps cellulaire et suivie d’un mouvement dans le filament myoïdal. Des phénomènes semblables s’observent chez la Vorticelle et dans les cellules neuro-musculaires des Cœlentérés qui sont pourvues d’une part, d’un élément sensible, d’autre part, d’une fibre contractile.

GÉNÉRALITÉS SUR LES CELLULES VIVANTES

Reproduction. — Les cellules se reproduisent de deux manières, ou par division directe ou par division indirecte.

Le premier mode est connu sous le nom de division directe (fig. 3) ou amitosique, il a été décrit par Remak en 1858. Il commence par une constriction médiane du nucléole et

du noyau, puis se poursuit par une division du corps cellulaire tout entier. Cette division directe est la plus rare, elle se rencontre chez certains leucocytes, chez les amibes. Ces dernières possèdent un noyau arrondi qui s'allonge, présente d’abord un t

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léger rétrécissement en son milieu, puis s’étrangle jusqu’à division complète en deux fragments qui prennent la configuration du premier noyau.

La division du protoplasme suit celle du noyau, et après un travail total qui demande plusieurs heures, deux amibes filles sont constituées.

Singulièrement plus complexe est le deuxième mode de reproduction appelé indirect ou mitosique , et dont nous devons la connaissance aux travaux de Schneider, Flemming, Van Reneden, O. Iierlwig, etc. Ces auteurs, à partir de 1873, montrèrent ([ue contrairement à l’opinion de Remak, admise jusque-là, la division directe n’était qu’une forme rare de reproduction. Comme pour la division amitosique, les premiers phénomènes de division mitosique s'observent dans le noyau. La substance chromatique du noyau se dispose en filament pelotonné qui se segmente en nombreuses parties appelées chromosomes. La membrane du noyau disparait et 1 on aperçoit distinctement aux extrémités opposées de la zone nucléaire, deux centrosomes provenant de la division du centrosome que nous avons signalé dans la cellule au repos. Des filaments relient chaque centrosome et l’ensemble a la forme d’un fuseau appelé amphiaster, qui

Fig. 3. — La division directe dans les leucocytes de l’Axolott (d'après Ranvier).

PATHOLOGIE CELLULAIRE

comprend deux asters, un à chaque extrémité, chacun d’eux étant entoure de filaments disposés en rayons. La figure ainsi obtenue es appelée karyokinèse («g. 4) ou mitose. Elle est composée de deux substances mises facilement en évidence par les colorants : l'une chromatique représentée par les chromosomes, l’autre achromatique qui comprend le fuseau et les asters.

A Un Stade plus avancé> les chromosomes dédoublés et pliés en anses se groupent à chaque pôle du fuseau et constituent un nouveau

O- *• AaryuKinese.

I, noyau au repos; 2, réseau chromatim.e • i > fragmente en chromosomes: 5, les chmmnll™, ,'J,’ COrdo" chromatique; 4, le cordon s 6, les chromosomes qui ont subi la division Ion "T h & frouPent “ l’équateur de la cellule

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ACTION DES AGENTS PHYSIQUES. 17

de rappeler, on voit que le premier décrit par Remak ne consiste guère qu’en un étranglement. Le second est infiniment plus parfait et comprend une division et une répartition complète des éléments fragmentés de la cellule mère.

Nous avons tenu à rappeler rapidement ces généralités sur la structure et la vie des cellules et des êtres unicellulaires, car ces notions sont indispensables à l’étude de la pathologie cellulaire.

Dans un coup d’œil d’ensemble nous pouvons voir que la cellule la plus élémentaire vivant à letat isolé possède les mêmes fonctions que l’organisme le plus perfectionné. Nous remarquons que l’essence même des phénomènes vitaux, que les propriétés de la matière vivante diffèrent peu à l’état physiologique, en quelque endroit qu’on l'observe.

Si d autre part nous rappelons qu entre les actions physiologiques et les phénomènes pathologiques il n’existe guère qu’une diflérence de degré, nous admettrons facilement que la pathologie cellulaire est la véritable pathologie générale.

ACTION DES AGENTS PHYSIQUES

1° Action mécanique. Section.

Les cellules, les organismes unicellulaires subissent l'action des différents traumatismes de même que les êtres supérieurs. Nous envisagerons d’abord le traumatisme le plus élémentaire, le pins simple, celui qui ne s’accompagne d’aucune infection, d’aucun apport de substance irritante dans la cellule, réservant ces derniers cas pour l'étude de l’inflammation.

Quand on sectionne une amibe en deux parties, dont l’une confient le noyau et du protoplasma, et l’autre uniquement du protoplasma, voici les phénomènes qu’on observe : aussitôt après le passage de l'instrument tranchant, il existe deux petites masses analogues chacune à une nouvelle amibe et il est impossible de retrouver la surface de section, il n’existe pour ainsi dire pas de plaie. La masse qui contient le noyau reproduit une amibe typique jouissant de ses propriétés de motilité, de sécrétion, de digestion, etc. Celle qui est privée de noyau conserve ses mouvements pendant quelque temps encore, puis après un quart d’heure environ les mouvements se ralentissent, et la petite masse ne tarde pas à prendre la forme sphérique.

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