Œuvres dans P. G., txxxix
tase avait dû d'être rétabli sur son siège en 593. Ce pape fut aussi le correspondant et l'ami du patriarche catholique d'Alexandrie Eulogius (580-607) ^ Nous ne possédons plus aujourd'hui d' Eulogius qu'un discours pour le jour des Rameaux et des fragments, dont un fort important, d'un ouvrage Sur la sainte Trinité et l'incarnation divine. Mais on sait par ailleurs qu'il fut, surtout contre les diverses factions de monophysites qui s'agitaient à Alexandrie, un adversaire redoutable. Photius a connu et analysé de lui : 1° six livres Contre les novatiens et sur l'administration [ecclésiastique] {cod. 182, 208, 280) ; 2° un ouvrage en deux livres contre Timothée et Sévère, qui comprenait une justification de la lettre de saint Léon à Flavien [cod. 225) ; 3° un livre ayant le môme objet contre Théodose (d'Alexandrie) et Sévère [cod. 226) ; 4° une invective contre les théodosiens et les gaïanites à propos de leurs dissensions [cod. 227), et enfin 5° onze mémoires (Xôyoi), la plupart dogmatiques ou polémiques, sur la Trinité ou l'incarnation [cod. 230). Photius n'apprécie pas beaucoup le style d'Eulogius : il le trouve peu correct; mais il avoue que, dans l'ensemble, c'est un auteur qui instruit et qui plaît.
L'épiscopat d'Eulogius nous conduit au commencement du VII® siècle. C'est à ce moment qu'ont écrit : d'abord le moine Théodore de Raithd^, auteur d'un traité De l'incarnation, dirigé contre les diverses hérésies qui attaquent ce mystère, d'une dissertation [De terminis philosophicis) sur le sens des mots qu'on emploie pour le définir, et aussi, pense Junglas, du traité De sectis dont il a été question ci-dessus; puis
4. P.G., Lxxxvi, 2, 2913-2964, et 0. Bardenhewer, Theolog. Quartalschrift, LXXVllI (1896), 353-401.
2. P. G., xci, 1419 et suiv. Voir Junglas. Leonlius v. Byz., p. 15 et suiv.
l'évêque de Thessalonique, Eusèbe, dont Photius a lu deux réfutations, la seconde en dix livres, d'un certain incorrupticole nommé André [cod. 162); puis le prêtre TiMOTHKB de Constantinople, à qui l'on doit un petit traité jOe la réconciliation des hérétiques, très riche en renseignements sur les erreurs de cette époque'.
Nous fermerons cette liste des adversaires grecs du monophysisme par le nom d'ANASTASE le Sinaïte (630-700)^. Anastase, le nouveau Moyse, comme on l'appela plus tard, était abbé d'un couvent sur le mont Sinaï. C'est une des grandes figures de cette période de décadence. Malheureusement, sa vie esî peu connue et son héritage littéraire n'est pas encoie nettement et complètement délimité. On possède sons son nom : 1° un grand ouvrage intitulé Le Guidf ('OStjyoç), qui date de 683-688, et qui est dirigé contre les diverses sectes monophysites sévériennes et gaïanites; 2° un livre de Questions et réponses, au nombre de cent cinquante-quatre (en partie inauthentiques), sur divers sujets doctrinaux; 3° des Considérations anagogiques (ou spirituelles) sur rœuç>re des six Jours, en douze livres. A ces trois grands ouvrages il en faut joindre quelques autres de moindre étendue : un écrit sur la sainte communion ; trois dissertations sur la création de l'homme à l'image de Dieu; un bref exposé de la foi chrétienne, etc. On est disposé aussi à lui attribuer l'important florilège Doctrina Patrum de incarnatione Verbi^, qui est une de nos sources les plus précieuses pour l'histoire de la théologie à cette époque.