‹ Précis de patrologieChapitre 121 sur 174 · Voir J. p. Jonglas, Leontius von Byzanz, p · texte numérisé non relu

Voir J. p. Jonglas, Leontius von Byzanz, p

2. P. G., Lxxxvi, 2, 2103 et suiv. Voir Jlnglas, Op. cit., p. 49 etsuiv.

3. Nova Patrum bibliolheca, Romae, 1844, 11, 295-662. Voir Jlnglas, Op. cit., p. 37 et suiv.

4. œuvres dans P. G., lxxxvi, 1 et 2. Voir les deux Leontius von Bij. zanz de F. Loofs (Leipzig, 1887) et de J. P. Ju.nglas (Paderborn, 1908). V- Eiguo.M, De Leontio byzantino, Paris, 1895.

moment, il traversa ou côtoya du moins le nestorianisme : de nouveaux maîtres qu'il rencontra dans ses voyages le ramenèrent à des idées plus saines. On croit qu'il fut un des quatre moines scythes qui, en 519, plaidèrent, auprès des délégués d'Hormisdas, en faveur de la formule Un de la Trinité a souffert dans la chair, et allèrent à Rome trouver le pape. Revenu en Orient, il se retira près de Jérusalem dans la Nouvelle Laure, prit part, en 533, au colloque de Constantinople entre sévériens et orthodoxes et, après un nouveau séjour dans sa laure en 538, revint dans la capitale où il mourut vers 543.

Le cardinal Mai à qui l'on doit, pour une grande partie, la plus ancienne édition des ouvrages de Léonce, le regarde comme le premier de beaucoup des théologiens de son temps : in theologica scientia aevo suo facile princeps. Cet éloge est peut-être exagéré, car il semble bien qu'Éphrem d'Antioche ne lui ait pas été bien inférieur, et qu'il ait même joui, de son vivant, d'une plus grande autorité que la sienne. Le jugement de Mai suppose d'ailleurs authentiques certains écrits que la critique a reconnus depuis n'être pas de Léonce. Mais, ces réserves faites, on doit bien reconnaître dans le moine byzantin un esprit pénétrant, précis et vigoureux, habile à éclaircir les notions et à trouver des formules heureuses, qui profite admirablement des recherches de ses devanciers et les met définitivement au point. Le but de tous ses travaux a été surtout de montrer comment les définitions d'Éphèse et de Chalcédoine s'harmonisaient ensemble, comment on pouvait admettre en Jésus-Christ à la fois deux natures et une seule personne, être chalcédonien sans être nestorien, se rattacher à saint Cyrille sans être monophysite. Ces explications très opportunes allaient à dissiper le malentendu persistant qui existait entre

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catholiques, nestoriens et sévériens. Elles n'ont pas sans doute réussi complètement à le faire cesser ; mais elles ont du moins apporté à la théologie de l'incarnation des aperçus nouveaux et les éléments d'un réel progrès.

On possède de Léonce de Byzance trois ouvrages certainement authentiques : 1° Trois livres contre les nestoriens et les eutychiens [P. G., lxxxvi, 1, 1267- 1396), le premier livre attaquant les deux hérésies à la fois ; le second s'en prenant aux monophysites et surtout aux aphthartodocètes ; le troisième, plus historique, visant les nestoriens et en particulier Théodore de Mopsueste ; 2° une Réfutation des arguments de Sévère (2, 1915-1946) ; 3° Trente thèses contre Sévère (2, 1901-1916) : ces écrits se placent entre 536 et 543. Trois autres écrits, De sectis (1, 1193-1268^, Adversus nestorianos (1, 1399-1768 j) ; Contra monophysitas (2, 1769-1902), seraient, d'après Loofs, des fragments remaniés d'un autre grand ouvrage de Léonce, intitulé Scolies, qui serait en partie perdu. D'autres critiques (Junglas) pensent que ces prétendues Scolies n'ont jamais existé^.

Tout près de Léonce et ayant très probablement subi son influence théologique, il faut nommer ici l'empereur Justinien-. Justinien (527-565) a été un grand législateur : il a voulu être aussi un théologien ; mais il n'a guère fait, naturellement, que reproduire les doctrines et les formules courantes autour de lui. Entre les ouvra-

1. Quant au remarquable traité Adversus fraudes apollinaristarum (2, iy47-1976), le premier écrit où soient dénoncées les manœuvres des apollinaristes pour faire passer les œuvres de leur secte sous le nom de maîtres vénérés (Grégoire le Thaumaturge, Athanase, Jules, etc.). il n'es pas non plus l'œuvre de Léonce, mais d'un auteur anonyme un peu plus ancien que lui.

2. OEuvres théologiques dans P. G., lxxxvi, 1, 945-11o2. Voir A. Knf.cht, Die Religions potiiik Kaiser Justinians I, Wurzbourg, isaii. <;. Olaizolle, Justinien, son rôle thùologique dans les controverses, Lyon, 1905.

ges de théologie qui portent son nom, les principaux sont : en 536, une lettre -à Menas de Constantinople ou Constitutum contre Anthime, Sévère, Pierreet'Zoaras; en 542 ou 543, un traité Contre les monophy sites ; en 543, un mémoire (Xo'yo;) Contre Origène, suivi, en 553, d'un écrit au sixième concile général sur le même objet ^ ; en 543 ou 544, un long édit (perdu, sauf quelques phrases) contre les Trois chapitres, sujet repris dans la Confession de foi ( 'OfjioXoYi'a TrisTEO);) de 551, dans une ordonnance au concile, du 5 mai 553 (Tuiro; irpoç t?iv àytav cuvoSov) et dans une réponse aux partisans des Trois chapitres (Ilpoç Tivaç Ypa'j'oc^'caç xtX.) peut être antérieure au concile. — Evagrius [H. E,, iv, 39-41) rapporte que, sur la fin de sa vie, Justinien tomba dans l'erreur des aphthartodocètes et promulgua un édit pour en prescrire l'acceptation. Cette pièce a péri.

L'empereur rencontra, à cette occasion, une vive opposition dans le patriarche d'Antioche, Anastase P (559-599), qui dut passer une bonne partie de son épiscopat (570-593) dans l'exil auquel l'avait condamné Justin II. On sait qu'il avait écrit, pendant cet exil surtout, des lettres, des discours et un traité contre le trithéiste Jean Philopon, qui sont, en grande partie, perdus. Il reste néanmoins de lui cinq discours dogmatiques sur la Trinité et l'incarnation [De nostris rectis dogmatibus... orationes quingue, en latin seulement), quatre sermons d'une authenticité douteuse, une Brève explication de la foi orthodoxe et quelques fragments.

C'est principalement à l'intervention de saint Grégoire le Grand auprès de l'empereur Maurice qu'Anas-

t. A CCS inêrae> débats antiorigénistes du vi» siècle se rapportent un mémoire de lévéque Théodore de Scythopolis et un écrit attribué à saint Barsancphios, tous deux du milieu du vi* siècle (P. G., lxxxvi, 1, 231-236 et 891-902).

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