EusÈBE, Hist. ecclês., vi, iT; S. Jérôme, Vir. ill
3. Texte dans Patrol. grecque, tom. 1 et II. Voir H. Waitz, Die Pseudckfementinen Homilien und Rekognitionen, Leipzig, 1904 (T. U.
Les Homélies, au nombre de vingt, sont précédées d'une lettre de Pierre à Jacques, d'une attestation (Stai7.apTup(a) de Jacques et de ses prêtres, enfin d'une lettre de Clément à Jacques, dans laquelle il lui annonce qu'il lui envoie le résumé des prédications de Pierre. Suivent les vingt homélies. Elles sont un mélange d'histoires plus ou moins fantaisistes et de controverses théologiques. Clément y raconte sa propre conversion et ses voyages en compagnie de saint Pierre, à la poursuite de Simonie magicien. Mais il y expose surtout la prétendue doctrine de Pierre, doctrine ébionite qui fait de la révélation chrétienne une simple restauration de la révélation mosaïque, et de celle-ci une restauration de la révélation primitive.
Les Récognitions, que nous n'avons plus que dans une traduction latine assez infidèle de Rufin, offrent un fond analogue à celui des Homélies. Le titre de Récognitions vient de ce que Clément, d'après les récits fictifs qui encadrent dans les deux ouvrages les discussions doctrinales, retrouve dans ses voyages son père, sa mère et ses deux frères qu'il avait perdus ^ .
D'après les travaux de Waitz et de Harnack, les Homélies et les Récognitions sont deux remaniements, indépendants l'un de l'autre, d'un écrit antérieur qui portait peut-être le titre de Résumé fait par Clément des discours locaux de Pierre (KXv^ixevToç twv Hsipou lTCiorj[xi'a)v xr,puY[ji.aTOJv iTriToaii) OU de Voyages de Pierre [racontés] par Clément (IlepîoSoi nérpou Sià KXti(xevxo;, v.
xw, 4); A. Harnack, Die Chronologie der altchr. Liter., ii, p. 518 et suiv.
i. Outre ces deux textes principaux, on a des romans clémentins • a) une compilation syriaque qui combine les deux textes; b) deux epilomes grecs qui résument les Homélies, et c) deux epitoities arabes qui résument les Homélies et les Récognitions.
supra). Cet écrit lui-même en aurait synthétisé deuxautres plus anciens, les Prédications de Pierre (KvjpuYt**''^* néxpou) nettement ébionites-gnostiques, et les Actes de Pierre (ITpa^eiç Iléxpou) antignostiques. Les Homélies et les Récognitions, et même l'écrit qu'elles ont directement remanié seraient l'œuvre d'auteurs ortliodoxes, qui ont voulu faire avant tout de l'apologie édifiante, mais qui n'ont pas suffisamment effacé, dans leur rédaction, les traits judéo-chrétiens contenus dans les Kr)puyfji.aTa, M. Harnack met la rédaction des Homélies et des Récognitions au rv^ siècle, à Rome ou en Syrie; celle de l'écrit qu'elles ont remanié entre 225-300, à Rome ; et enfin la composition des deux ouvrages primitifs vers l'an 200.
A Elkasaï, le fondateur (problématique) de la secte des elkasaïtes, on attribuait un Livre d' Elkasaï qu'un certain Alcibiade apporta à Rome vers 220-230 [Philo s opho urne na, IX, 13 et suiv.). Saint Épiphane mentionne encore un livre de Jexaï, frère d'Elkasaï, employé par la secte [Haer. xix, 1 ; lui, 1).
S 2. — La littérature gnostique •
On comprend, sous le nom général de gnostiques, tout un ensemble de sectes dont la doctrine et les tendances étaient parfois très différentes les unes des autres, mais dont la prétention commune était de posséder une science religieuse supérieure, et d'avoir de la révélation évangélique une intelligence plus profonde que celle des simples fidèles et de l'Église oiricielle. Deux questions surtout ont attiré l'attention
1. Voir 0. Bardenhewer, Gesch. der altkirchl. Lileratur, i, 2« édit., p. .iiS 376. A. Harnack, Gesch. der allchr. Liter., i, 143-205; Die Chronologie, I, 289-311; 533-541; il, 128-132. E. DE Fa\e, Gnostiques et gnostirisme, étude critique des documents du gnosticisme chrétien aux II" et III' siècles, Paris, 1913.
de ces sectes : l'origine du mal et la manière dont s'est accomplie la rédemption. Toutes ont agité ces problèmes et ont tâché d'y répondre.
La littérature gnostique fut énorme. Comme le salut, d'après le plus grand nombre des gnostiques, devait s'opérer par la science, par la gnose, ils furent naturellement amenés à écrire, pour leurs adeptes, une bonne partie de leurs enseignements et de leurs traditions secrètes. De cette littérature toutefois il n'est resté comparativement que fort peu de chose : cinq ou six pièces entières et des fragments assez nombreux cités par les héréséologues ^ L'aperçu suivant ne mentionnera que les ouvrages principaux.
Dans cet aperçu, on suivra l'ordre communément adopté pour parler des sectes gnostiques : gnose syrienne, gnose alexandrine, marcionisme, encratisme. Ce classement est provisoire et, dans certains détails, sujet à caution; mais il est commode et, à défaut d'autre, peut être accepté.
I. Gnose syrienne. — On sait que les anciens auteurs se sont accordés pour voir dans Simon le magicien le père du gnosticisme. Saint Hippolyte a signalé comme livre de la secte des simoniens une Réi^élation ('AiroipaaK;) dont il cite quelques extraits et analyse les idées [Philosoph., vi, 7-20). Nous ignorons si Cérinthe, Ménandre et Satornil avaient écrit quelque chose. Quant aux nicolaïtes, ils possédaient des Livres de laldabaoth, un livre appelé Noria, une Prophétie de Barkabbas, un Évangile de la perfection (ou de la consommation^ xeÀstwceco;) et un Evangile d'Eve qui paraît avoir été une apocalypse ^.