‹ Précis de patrologieChapitre 38 sur 174 · IV. Poésie · texte numérisé non relu

IV. Poésie

Socrate a rapporté (//. £"., m, 16) que, lorsque Julien l'Apostat interdit aux chrétiens l'étude des classiques païens, les deux Apollinaire, père et fils, composèrent sur des thèmes chrétiens, et notamment sur la Bible, des ouvrages dans lesquels ils s'efforçaient de reproduire les modèles anciens. C'est ainsi que, d'après Sozomène, Apollinaire le jeune aurait écrit une épopée en vingt-quatre livres sur les origines Juives, des tragédies, des comédies, des chants lyriques imités d'Euripide, de Ménandre, de Pindare; et de plus des chants liturgiques et des cantiques pieux à l'usage privé des chrétiens. Tout cela a péri. La paraphrase en vers des psaumes qu'on lui attribue [P. G., xxxiii, 1313-1538) a peu de chance d'être sou œuvre.

Plusieurs des disciples d'Apollinaire ont laissé, comme lui, des écrits que l'on a retrouvés sous do faux noms. Peu de ces pièces toutefois nous sont parvenues entières. Parmi ces dernières il faut mentionner une profession de foi de Vitalis adressée au pape Damase et mise sous le nom du pape Jules; une

lettre de Timothée à Prosdocius, mise encore sous le nom du pape Jules; une profession de foi de l'évêque JoBius ; un écrit de Valentin contre Timothée et Polémon; une Encyclique d'un auteur inconnu, attribuée au pape Jules; un Exposé de foi anonyme, qui est censé l'œuvre d'un des conciles d'Antioche réunis contre Paul de Samosate ; un traité Que le Christ est un, prétendu de saint Athanase ; un autre Sur l'incarnation du Dieu Verbe, mis encore sous le nom ^.'Athanase; une troisième lettre censée du pape Jules et un traité De la foi, tous deux conservés en syriaque. Des écrits des autres disciples connus d'Apollinaire, Polémon, EuNOMius, Julien, Homonius, il ne subsiste que des fragments ou des citations.

S 3. — Nestorius et les nestoriens^.

Nestorius, né à Germanicie vers l'an 380, étudia d'abord à Antioche et se consacra à la vie religieuse dans le monastère d'Euprepios, situé près de la ville ; puis, ordonné prêtre, se livra avec succès à la prédication. Cette circonstance attira sans doute sur lui l'attention de l'empereur Théodose II, qui, à la mort du patriarche Sisinnius de Constantinople, le choisit pour lui succéder (428). Le nouvel élu ne tarda pas à tromper les espérances qu'il avait fait naître. Condamné dès 430 pour ses erreurs christologiques par le pape Célestin, de nouveau condamné et déposé par le concile d'Éphèse en 431, il rentra dans son couvent d'Euprepios et y séjourna jusqu'en 435. Il fut alors exilé à Petra, en Arabie, puis à Oasis en Egypte. Sa mort doit se mettre vers l'an 450-451, avant le concile de Chalcédoine.

4. Je renvoie à la période suivante de parier des eutychiens et mono physitesi

Les premiers écrits de Nestorius * ont été des ho" mèlies, dont on possède quatre entières et des fragments d'une trentaine environ ; ensuite des lettres dont il reste dix entières et des fragments : le tout de 429- 43;. En 430 ou 431, il répond aux anathématismes de saint Cyrille par douze contre-anathémalismes que Marius Mercator a conservés dans une traduction latine; et, après sa condamnation, il s'efforce de se justifier dans trois apologies : le Théopaschite (quelques fragments), qui est de 431-435; la Tragédie om VHistoJre (un fragment) écrite un peu plus tard, et le Lwre d'Uéraclide (traduction syriaque), postérieur à 4492. *

Nestorius eut pour ami et pour protecteur à Éphèse et auprès de Théodose II le comte Irénée qui, d'abord exilé à Pétra, devint, vers 445, évêque de Tyr et mourut en 448-451. Il avait raconté, vers 437-438, dans un ouvrage en trois livres intitulé Tragédie, les événements auxquels il s'était trouvé mêlé. Cet ouvrage est perdu, mais on le trouve cité dans une compilation latine anonyme du vi® siècle, le Synodicon adversus tragoediam Irenaei^.

Les autres amis de la première heure de Nestorius, ceux qu'on appelle les Orientaux, Jean d'Antioche, Théodoret, etc. furent plutôt des amis de sa personne que des partisans de ses erreurs, et finirent par se réconcilier avec Cyrille d'Alexandrie. Entre les irré-

\. Ce que l'on connaissait de Nestorius jusqu'en 1903 a été réuni et édité par F. Loofs, Nestoriana, Halle, 1903. Pour le Livre d'Héraclide, édile par P. Brdjan, Paris, 1910, se servir de F. Nau, Nestorius, Le Livre d'Héraclide de Damas, traduit en français, Paris, 1910. Voir M. JuGiE, Nestorius et la controverse nestorienne, Pajis, 1912. F. Nau, Nestorius d'après les sources orientales, Paris, 1911.

2. Des doutes ont été élevés sur l'authenticité ou du moins l'intégrité de ce dernier écrit.

li. Pair, grecque, lxsxiv, 349 864, et Bibl. Cassinensis, 1. 11, 49 et suiv. ; Ftorit., p, 3-47.

ductibles cependant il faut nommer l'évêque de Tyane, EuTHEP.ius, qui fut plus tard déposé et mourut en exil à Tyr vers 435. Outre quelques lettres, on possède de lui des fragments importants d'un grand ouvrage contre les Scholia de saint Cyrille sur l'incarnation. Photius [cod. 46), qui attribuait cet ouvrage à Théodoret, dit qu'il comprenait vingt-sept articles. Les éditions n'en comprenaient jusqu'ici que dix-sept, intitulés Confutationes quarumdam propositionum ; quelques autres parties ont été récemment retrouvées ^ .

\..Patr. grecque, xxviii, 1337 (parmi les spwria de saint Atlianase) et G. F^|KER, Eutherius von Tyana, Leipzig, 1908.

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